Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 11:44

Cathy Bailey est une jeune femme névrosée. Atteinte de TOC irrépressibles, elle ne peut s'empêcher de compter ses pas, de vérifier entre six et douze fois les portes et fenêtres de son appartement, d'obéir à des rituels de vie qui la rassurent. Pourquoi ce tel besoin de se sentir en sécurité, à l'abri de toute intrusion ? On comprendra au fil du roman que Cathy a survécu à un amant violent, qui a tenté de l'assassiner... Alors que Cathy, aidé par son voisin Stuart, semble être sur la bonne voie pour atténuer ses manies, elle apprend que son ancien bourreau va être libéré de prison...

 

commetonombre.jpg

 

Le livre s'ouvre sur la retranscription d'un procès, en 2005 : un certain M. Brightman est interrogé sur sa relation avec Mlle Bailey. Puis on passe en 2001, avec l'agonie et le massacre post-mortem de la jeune Naomi Bennett. On arrive en 2007, où l'on rencontre Cathy, dont la première image nous la montre comme timide face à des collègues de travail délurées. Puis on revient en 2003 pour suivre une jeune femme extravertie dans ses sorties entre copines, toutes plus alcoolisées les unes que les autres, à la rencontre d'hommes d'un soir.

 

On comprend dans les premières séquences que les deux dernières jeunes femmes sont une seule et même personne : le roman se construit en alternance entre la vie de Cathy avant et après. Le contraste est flagrant : en 2007, Cathy n'a plus rien à voir avec celle qu'elle a été. Méfiante, timide à l'extrême, elle peut passer des heures à vérifier la fermeture des issues de son appartement, ayant même prévu comment échapper à une éventuelle agression chez elle. Basculant dans l'irrationnel, elle pense voir partout l'homme qui l'a agressée, Lee, alors qu'elle sait fort bien qu'il est emprisonné. Ces scènes, douloureuses, nous plongent en pleine empathie avec la pauvre Cathy, dont on craint qu'elle soit victime de sa propre folie. Paranoïa infondée ou méfiance nécessaire, on oscille souvent entre deux feux.

 

Il faut dire que le ton est donné dès les premières pages : "Les yeux ouverts, Naomi Bennett gisait au fond d'un fossé, et le sang qui l'avait maintenue vingt-quatre en vie giclait dans les gravats". Voilà bien longtemps que je n'avais lu de thriller aussi efficace dans la montée de l'angoisse. Comme Cathy, on tente de relever ce qui n'est pas normal autour d'elle ; on l'accompagne dans ses peurs les plus intimes. Stuart, qui se montre attentionné, éveille notre crainte, exacerbée lorsque l'on comprend que Cathy n'a pas été agressée au hasard, mais épiée et traquée par un amant passionné et jaloux à l'extrême. 

 

Le premier roman d'Elizabeth Haynes, analyste criminelle, se révèle être une vraie réussite, angoissante comme je les aime, et qui ne laisse de répit qu'une fois le livre terminé... et encore !

 

Merci à l'équipe de Blog-O-Book et aux éditions Presses de la cité pour ce thriller à paraître le 07 avril !


Par Neph - Publié dans : H
Donnez votre avis, votre impression... - Voir les 13 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés