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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 15:35

Après la mort du psychopathe Sqweegel à l'issue de Level 26, on aurait pu croire que Steve Dark se retirerait des Affaires Spéciales pour se consacrer à l'éducation de sa fille, désormais orpheline de mère. Mais si Dark s'est en effet écarté de la scène pendant près de cinq ans, il renoue avec ses démons pour affronter un tueur qui allie cette fois mystère et mysticisme : Dark ne tarde pas à se rendre compte que l'assassin calque ses meurtres sur des cartes de tarot divinatoire. Mais il a démissionné des Affaires Spéciales et doit rester discret pour éviter Riggins, son ancien chef.

 

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Dans un premier temps, il faut saluer l'extrême similitude entre les deux tomes de Level 26 : la couverture, la forme et le fond surfent sur tous les élèments qui ont fait le succès du premier.

Après un volume à la couverture rouge, voici un volume... bleu. Gageons que le troisième arborera une couverture verte ou jaune !

Mais là où le premier tome se distinguait par des illustrations originales et marquantes entre les chapitres, The Dark Prophecy se contente de reprendre les cartes de tarot utilisées par le tueur : c'est un bon point dans le sens où leur visualisation aide le lecteur à s'imaginer les scènes de crime, mais on perd en originalité et en richesse.

 

On retrouve encore une fois le concept de digi-novel, qui avait tant fait parler de lui sur la blogosphère lors de la sortie du premier opus. Moi qui n'ai pas pour habitude de lire en surfant sur mon ordinateur, je n'avais pas regardé les vidéos accompagnant le tome 1... et pas plus celles accompagnant le tome 2. N'étant pas persuadée qu'elles apportent un avantage à la simple lecture, mais plutôt qu'elles handicapent la représentation intime de l'atmosphère du livre par chacun de nous, je m'en suis passée allègrement et n'en parlerait pas ici.

 

Si j'avais dans le tome 1 apprécié l'efficacité de l'action en déplorant quelques maladresses, le constat s'alourdit pour le deuxième tome. La fin du premier tome n'est qu'à demi exploitée et sert tout juste à annoncer le retour de Dark puisque l'intrigue de celui-là n'a rien à voir. A quoi sert donc le costume noir, ressemblant à celui de Sqweegel, retrouvé au début du livre ? A annoncer le troisième tome ? C'est un peu tiré par les cheveux...

L'intrigue ici ne m'a pas autant séduite que la première : le fil directeur entre les meurtres est trop léger à mon goût, comme la justification du choix des victimes. Trop de répétitions concernant l'état d'esprit de Dark alourdissent le début du thriller ; Dark n'est d'ailleurs plus que la caricature de lui-même : trop seul, trop accablé de remords et de regrets en tous genres, il n'est pas passionnant à suivre. Seul le personnage de Lisa Graysmith apporte une touche de nouveauté, mais sans grand succès.

Trop, c'est le mot : on a envie de demander à Dark de rentrer chez lui pour s'occuper de sa fille, puisque c'est visiblement ce qui lui tient le plus à coeur. D'ailleurs, le(s) tueur(s) n'arrive(nt) pas à la cheville de Sqweegel... La fin ne trompera personne : le troisième tome ne saurait se faire attendre. Est-ce vraiment bien raisonnable ?

 


Merci aux éditions Michel Lafon


 

 


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 11:35
Je ne suis pas du tout fan de la série US des Experts, quelle que soit leur ville d'exercice. Mais quand l'équipe de Blog-O-Book nous a proposé la lecture d'un thriller horrifique conçu par l'auteur de cette série à succès, qui met souvent l'accent sur des crimes retors, je me suis dit que je devais tenter le coup, d'autant que le concept de digi-novel associé au livre m'était totalement inconnu.

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"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Steve Dark est un ancien flic, qui a arrêté de combattre le mal après une chasse à l'homme musclée avec le pire psychopathe ayant jamais croisé la route de la D.A.S, la Division des Affaires Spéciales. Celui-ci, surnommé Sqweegel, appartient au niveau 26, c'est-à-dire un cran plus haut que les tueurs les plus cinglés, classés suivant des niveaux de dangerosité et de perversité sur une échelle allant de 1 à 25. Sqweegel a massacré la famille de Dark avant de disparaître.
Quelques années plus tard, Dark s'est reconstruit. Il a abandonné son métier et se consacre à son épouse, Sibby, et à leur enfant à naître. Mais Sqweegel réapparaît dans des crimes toujours plus atroces, et menace de s'en prendre à Sibby. Dark n'a plus qu'une solution, affronter le pire de ses cauchemars...

Commençons par signaler que l'ouvrage est déjà un bel objet : la couverture est épaisse et d'une texture qui n'est pas sans évoquer la peau que doit enfiler le tueur... A l'intérieur, de nombreuses illustrations splendides émaillent les chapitres.

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En revanche, on commence déjà mal quand le tueur que l'on va rechercher et traquer s'appelle Sqweegel, parce que c'est le son qu'a reproduit un enfant qui avait assisté au meurtre de sa mère par ce malade... C'est comme si, en français, on se mettait aux trousses d'un tueur appelé "Aaaaarghcrkquaaahahahrrrrgh" ou autre cri d'agonie du même genre. Imaginez un peu les discussions tout au long du livre, ou surtout du film.

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L'intrigue est on ne peut plus classique pour un policier ou un thriller : un ancien flic reprend du service pour arrêter un cinglé qui menace la sécurité publique et sa propre famille. Ce qui m'a particulièrement plu, c'est tout l'univers construit autour de ce fou : il a passé des années à construire et à perfectionner son personnage, il obéit à des règles strictes et il est surtout complètement inatteignable de par un degré de perversité qui touche au sublime selon lui. J'aime ces intrigues, qui révèlent chez l'homme les pires cruautés et mettent à jour leur folie. J'y ai retrouvé l'ambiance si particulière du Chattam dans lequel le personnage se plonge dans le milieu des snuff movies (La Promesse des ténèbres, lu l'été dernier).

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Alors, bien sûr, il y a des passages incongrus parfois, maladroits souvent, ou trop détaillés, ce qui les rend ridicules. On se serait passé de certaines descriptions... Mais dans l'ensemble, ça se tient ! De la part de Zuiker, je ne dois pas dire que j'attendais un chef-d'oeuvre, mais il a selon moi tenu ses promesses : attendons-nous d'ailleurs à une adaptation télévisuelle ! En revanche, le livre aurait gagné à s'arrêter avant les derniers chapitres, c'est-à-dire avant d'embrayer sur une nouvelle intrigue : au lieu de me donner envie de lire la suite, j'ai plutôt été refroidie, d'autant que la nouvelle histoire n'a apparemment aucun caractère commun avec Sqweegel. On sent la volonté de fonctionner comme une série, dans laquelle on trouve à chaque fin d'épisode un rebondissement qui nous fait attendre avec impatience la suite. A l'écrit, ici, ça ne passe pas.

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J'en viens d'ailleurs à la particularité annoncée du livre, qui se présente comme un mixte entre roman et feuilleton : à chaque fin de chapitre, on peut aller sur le site Internet voir la vidéo associée, qui reprend une scène ou assure la transition avec la suite. J'ai vu la première vidéo, qui m'a paru tenir la route. Pourtant, je n'ai pas visionné les autres : je n'avais d'une part pas envie d'être influencée dans ma représentation des personnages, et d'autre part pas les moyens immédiats de visionner les vidéos, ayant lu ce livre lors d'une pause au travail, en surveillance d'examen ou tout simplement confortablement installée dans mon lit.
Je crois d'ailleurs que j'ai bien fait de ne pas les regarder, car les dessins sont de bonne qualité dans le livre, et que, pour avoir vu les vidéos après coup, je ne les trouve pas convaincantes. C'est un concept qui séduira peut-être des gens qui lisent occasionnellement, mais je ne crois pas que des lecteurs assidus apprécient de poser leur livre pour aller voir des vidéos qui ne sont pas à la hauteur et qui influencent leur imaginaire...

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Pour une fois, je m'abstiendrai de tout jugement du style "courez-y" ou "surtout pas" : à chacun de faire selon sa sensibilité ou ses a priori à propos du genre.

Mais, ayant lancé cette lecture en commun avec d'autres bloggeuses, je vous invite à lire les avis de Leiloona, Melmélie, Géraldine, Stephie, Celsmoon, Cynthia et Karine :) : leurs opinions vont d'un grand oui à un non franc !

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Merci aux éditions Michel Lafon et à l'équipe de Blog-O-Book !

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 15:52
En ce dernier dimanche de janvier, voici venir un classique lu dans le cadre du travail... J'ai connu lecture plus désagréable ! Marie L. ayant aussi ce livre dans sa PAL, c'était l'occasion parfaite pour en faire une lecture commune...

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"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Confiée à sa tante par un père qui n'était pas en mesure de s'occuper d'elle, Thérèse est élevée par sa tante, Mme Raquin. Celle-ci, qui tient une mercerie, n'a d'yeux que pour son fils Camille, un garçon maladif et malingre. Pendant toute leur jeunesse, Thérèse doit réprimer ses instincts de jeune fille fougueuse et terriblement vivante pour s'occuper de Camille. Par la force des choses, elle l'épouse une fois adulte.
Thérèse vit une existence peu épanouissante, coincée entre Camille qui ne la regarde pas comme sa femme et Mme Raquin qui l'emploie dans sa boutique et lui offre aussi peu de considération que son fils. Mais l'arrivée de Laurent, un ami d'enfance, bouleverse tout : Thérèse et lui entament une lia
ison... Camille est gênant, mais Laurent et Thérèse imaginent un stratagème pour se débarrasser de lui ; leur vie bascule...

Quelle claque ! Ce livre sans fard nous livre l'âme humaine dans toute sa noirceur...
Zola, qui dit vouloir étudier l'homme comme un chirurgien, fait un portrait terrible de l'univers dans lequel vivent ces personnages : la boutique et l'appartement de la famille Raquin sont glauques à souhait, et l'on comprend vite que ce milieu finit tôt ou tard par influencer de façon sous-jacente les personnages qui y habitent.
Ainsi, on comprend fort bien la longue agonie de Thérèse, qui rêve d'espace et de passions mais qui est engoncée dans un milieu médiocre et routinier. Le surgissement de Laurent, sa force, son tempérament radicalement différent de celui de Camille, la font sortir de sa léthargie : Thérèse revit !

Le meurtre de Camille, seul échappatoire possible pour le couple adultère, n'est pourtant pas libérateur : alors que les deux amants pensaient pouvoir bientôt vivre leur amour tranquilles, ils sont hantés par leur acte qui leur revient sans cesse en tête. Laurent est persécuté par l'image du cadavre de Camille.
Les meurtriers en viennent à ne plus pouvoir se supporter, devant chacun porter le poids de leur acte : le drame côtoie le roman policier, mais le bain de sang final, amené par la fatalité du destin, me fait penser à la tragédie antique. En effet, les personnages ne peuvent échapper à leur milieu, à leur destin...

Cette lecture, qui m'a replongée dans l'univers de Zola, me donne envie de me replonger dans ses livres. Je n'avais jamais lu celui-là, mais plutôt ceux du cycle des Rougon-Macquart, cette famille marquée par le poids de l'hérédité elle aussi. En attendant cette possible relecture, je vous parlerai bientôt du film de Marcel Carné, dans lequel Thérèse est incarnée par Simone Signoret, absolument superbe dans ce rôle. Voilà donc un autre pas dans l'avancée du challenge Lunettes noires sur pages blanches !

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Par ailleurs, Thérèse Raquin m'a permis d'ajouter un Classique à ma liste du challenge organisé, justement, par Marie L. ! Pour aller faire un tour chez elle et lire son avis, c'est par ici...

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