Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:40

Artiste électro au sommet de sa gloire, Malko Swann possède pourtant une part d'ombre qui le conduit à trop souvent à se mettre en danger. A l'issue de sa dernière prestation scénique, concert accompagné d'un feu d'artifice et d'une fête démentielle dans Carcassonne, Swann, complètement ivre, a lancé son bolide avec inconscience sur les routes locales... jusqu'à se projeter son véhicule dans le vide, et lui avec.

Malko réchappe de ce terrible accident avec pour seule séquelle physique une côte cassée. Le plus grave est ailleurs : victime d'amusie, Malko ne peut plus entendre une seule note de musique. Pour un musicien de renom comme lui, c'est le pire des châtiments.

Alors qu'il pense pouvoir prendre un peu de vacances et se consoler dans les bras de ses multiples maîtresses jusqu'à ce que les médecins trouvent le moyen de le soigner, Malko se retrouve pris au piège d'un mystérieux correspondant qui lui envoie des SMS menaçants, qui disparaissent étrangement de son portable après que Malko les a lus. Bientôt, les morts s'accumulent autour de Malko, qui essaie de trouver de l'aide auprès de son ami le plus proche, Jack.

 

Le_jeu_de_l_ombre.jpg

 

Rappelez-vous : ma précédente lecture d'un ouvrage de Sire Cédric, L'Enfant des cimetières, avait été un cuisant échec il y a un an. Partant du principe d'offrir une seconde chance à cet auteur pour lequel j'avais un gros a priori, j'ai apprécié le sujet de ce nouvel opus et décidé de le lire à son tour.

 

La première déconvenue à laquelle j'ai du faire face, c'est le goût un peu étrange de l'auteur pour les noms de ses personnages. Malko Swann, franchement... Dans mon esprit, j'imaginais un mix entre le héros des S.A.S de Gérard de Villiers, Malko Linge (ne me demandez pas comment je connais son nom...) et Charles Swann chez Proust...

 

XY240.jpg

 

+

 

9782070724901.jpg


Avouez que le cocktail est un peu rude... N'oublions pas Jack Chevalier, le meilleur ami, visiblement mi-américain, mi-français.

 

Je dois en revanche avouer que j'ai été agréablement surprise par le caractère avoué de thriller, nettement plus prégnant que dans L'Enfant des Cimetières. Ici, l'enquête policière prend une vraie place, et on assiste véritablement à un double jeu du chat et de la souris, opposant d'un côté Malko et son maître chanteur, de l'autre les forces de l'ordre et le responsable des cadavres retrouvés en nombre. Par ailleurs, le talent de Sire Cédric à dépeindre des scènes de crime n'est plus à prouver : il ne fait pas dans la dentelle, mais dans l'efficace, et ça marche.

 

Pourtant, je n'accroche décidément pas à l'orientation fantastique de ses livres, même si le fin mot de l'histoire de Malko et Jack est bien trouvé. Par ailleurs, la dernière page ne m'a pas semblé d'une utilité flagrante.

 

Le Jeu de l'ombre m'aura donc davantage convaincue... Qui sait, peut-être qu'un troisième livre transformera définitivement l'essai !

Merci aux éditions Le Pré aux clercs !

Et qu'en pensent Pimprenelle, Stephie, Mango, Miss Spooky Muffin, Phooka ?


Partager cet article
Repost0
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 11:22

Pas d'article lecture en ces lieux depuis trois semaines... Argh, quelle mauvaise façon de commencer l'année. Me revoilà, dear lecteur en détresse !

 

Henry Wilt, bientôt trente-cinq ans et marié depuis douze ans à la tempêtueuse Eva, exerce le si beau métier de professeur. Oui, mais en lycée technique, pour des élèves qui se sentent peu concernés par la découverte de la littérature en une heure par semaine. En outre, Wilt se voit chaque année privé de toute promotion de carrière pour des raisons budgétaires : Eva lui fait le reproche constant de son manque d'ambition, tandis qu'elle a des rêves de grandeur... Wilt lâche prise : alors qu'Eva se lie d'amitié avec un couple d'intellectuels très libérés sexuellement, Wilt peaufine le projet de tuer son épouse... Quand Eva disparaît avec les Pringsheim après une soirée arrosée et mouvementée, Wilt est arrêté par la police et subit un interrogatoire sans fin destiné à le faire avouer ce qu'il n'a pas commis...


Wilt-1.jpg

 

Le titre complet de l'oeuvre est le suivant : Wilt 1, ou Comment Se Sortir D'Une Poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore : riche programme qui nous est annoncé dès le titre, donc !

Pauvre, pauvre Wilt, avons-nous envie de dire lorsque nous comprenons le calvaire qu'il vit au quotidien : harcelé par une épouse terrifiante d'énergie et d'enthousiasme qui voudrait absolument le voir exercer une activité plus glorieuse que celle de simple prof, miné par l'éternelle non-promotion à chanque fin d'année scolaire, harassé par les élèves de Viande 1, Plâtre 2 et autres réjouissances manuelles qui ne voient aucun intérêt dans l'apprentissage de la culture, Wilt est à plaindre. Et plutôt deux fois qu'une.

 

Ainsi, lorsque sa femme le ridiculise une fois de trop quant à sa virilité décroissante, le placide Wilt fait le projet de se débarrasser d'elle : s'entraînant à jeter dans une fosse le corps pneumatique d'une poupée gonflable, il est arrêté et convaincu de meurtre sur son épouse : victime d'abord, Wilt se révèlera un adversaire coriace des policiers chevronnés qu'il ne tarde pas à faire tourner en bourrique : j'adore !

 

Tom Sharpe se montre délicieusement caustique envers les enseignants, les policiers, les femmes, l'église... Tout y passe, et l'on en redemande, d'autant que Wilt se révèle vraiment à la fin de l'ouvrage : voilà qui donne envie de lire la suite !

 

D'autres avis que le mien chez Heclea, Emily, Soundandfury, Bambi Slaughter, Petite Fleur...

Partager cet article
Repost0
20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 21:43

les-nuls-jpg_235355.jpg

 

- Les Nuls, comme les Nuls ?

- Nan, aucun lien, fils unique.

 

"Avec les Nuls, tout devient facile !", promet la couverture. Dans cette collection que l'on ne présente plus, reconnaissable grâce à son fond jaune, des experts se proposent de nous aider et de nous guider jusqu'à la maîtrise ou du moins jusqu'à une découverte poussée du sujet en question.

Moi-même, il y a quelque temps, j'ai offert ça :


http://www.decitre.fr/gi/43/9782754001243FS.gif

 

Afin d'éviter tout incident diplomatique, je n'en dirai pas plus. Mais à l'occasion de l'opération Masse Critique, organisée par  Babelio, j'ai moi-même fait le pari de ne plus être une nulle du Louvre.

 

http://musee.louvre.fr/bases/editions/uploads/tx_cemlbooks/Nouvelle_image_01.JPG

 

Pour remplir cette mission, ma lecture est guidée par Daniel Soulié, archéologue et historien d'art : les Nuls sont bien entourés ! Alors que les dix-sept pages de sommaire auraient pu m'effrayer, je découvre que chaque département du musée fait l'objet d'une partie bien spécifique : voilà qui s'annonce pratique pour aller directement à l'objet de ses lacunes ou profiter d'une petite piqûre de rappel à la veille d'une visite au musée.

 

Moi qui ai bien besoin d'un tour d'horizon plus large, je vais plutôt prendre le mal à la racine. Dans la première partie, l'auteur revient sur l'histoire du lieu, avant de détailler la façon dont le palais a traversé les âges. La majeure partie du livre consiste ensuite en une présentation de chacun des départements, pavillons : les collections sont présentées et illustrées ! Quarante reproductions des oeuvres à ne pas manquer parmi les chefs-d'oeuvre abrités au musée figurent dans ce guide.

 

Cet ouvrage fait donc office de guide, de manuel, d'encyclopédie parfois, mais des détails non négligeables le rendent à mon sens inégalable en terme d'efficacité : le livre s'achève sur trois chapitres essentiels, qui sont "dix oeuvres à ne pas manquer", "dix lieux importants et activités insolites" et une chronologie bien utile pour se remettre rapidement en tête quelques repères historiques importants.

Question efficacité, la collection joue également sur des "outils" qui permettent au lecteur de s'y retrouver plus vite ou de savoir que retenir.

 

2010-07-01-19.13.04.jpg

 


2010-07-01-19.15.19.jpg

 

Ainsi, que ce soit pour une visite rapide, la découverte du musée ou l'envie d'approfondir ses connaissances sur un lieu historique, l'ouvrage pourra trouver son public. Parce qu'il ne faut pas rater la Joconde, la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace, mais que le Louvre ne se résume pas à ces trois oeuvres ! Outre mon instruction personnelle, voilà un livre qui m'aidera sûrement à organiser des sorties scolaires à l'avenir !

 

Et vous, quelle est votre oeuvre favorite exposée au Louvre ?

En ce qui me concerne, j'hésite encore...

 

Merci encore à Babélio et aux éditions First pour leur envoi !

 

Partager cet article
Repost0
10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:40

J'ai comme qui dirait l'impression que j'enchaîne les lectures peu réjouissantes pour l'instant. Par "peu réjouissantes", entendez qu'elles ont toutes pour thème la mort et/ou un tueur en série et/ou des zinzins légèrement possédés par des démons dont on a du mal à comprendre comment ils sont arrivés là.

Et vous y aurez encore droit mercredi.

Pour l'heure, voici venir L'Enfant des cimetières, dont vous allez comprendre qu'entre enfant et cimetière, il y a un pas qu'on ne devrait jamais franchir. L'auteur, comme vous pouvez le constater, s'appelle Sire Cédric, un pseudonyme qui me pose bien des problèmes pour savoir où le classer dans la bibliothèque. Pour la peine, il ira dans les S.

 

Enfant_des_cimetieres.jpg 

Aux éditions du Pré aux Clercs, on a le sens du détail : la couverture cumule rouge + noir + taches de sang + forme de stèle funéraire + photo de l'auteur (sur la quatrième) maquillé version smoky eyes avec un trait d'eye-liner pour faire peur. Avec ça, on sait à quoi s'en tenir.

Quant à ranger ce roman dans le thriller gothique, ça reste à discuter.

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

David, malgré un talent pour la photographie d'art qu'il ne demande qu'à développer, est obligé de travailler en tant que photographe de presse pour gagner sa vie. Mais la dérive racoleuse de son journal lui déplaît fortement et, lorsqu'on l'appelle pour couvrir le massacre d'une famille entière par le père qui a perdu la raison, il est on ne peut plus dégoûté. Le lendemain, le neveu de la famille pénètre dans l'hôpital où travaille la compagne de David, la troublante Kristel : ouvrant le feu, il abat Kristel. David, abattu, doit affronter la mort de celle qu'il considérait comme la femme de sa vie. Mais très vite, Kristel lui apparaît dans des rêves qui ont une forte apparence de réalité et le met sur la trace de son meurtrier : les deux meurtriers de la famille auraient succombé à la folie à la suite de visions inspirées par un être démoniaque...

Il faut avoir l'estomac bien accroché pour commencer sa lecture : le roman s'ouvre sur une scène onirique mettant en lumière un démon nommé Naemah, qui vient sur terre pour forniquer dans un cimetière avec une armée de défunts et met au monde un enfant monstrueusement conçu. En six pages de prologue, on assiste à des scènes d'une crudité rebutante, et vous savez à quel point j'aime pourtant ce qui peut être glauque en matière de thriller.

Mais voilà, dès que des créatures mystiques entrent en jeu, je bloque un chouïa. Dans les thrillers, je trouve le mal bien plus fascinant lorsqu'il est commis par des humains que par des êtres imaginaires. Le personnage du démon ici est pourtant bien défini, et il ne tombe jamais dans le ridicule ; simplement, l'alchimie n'a pas pris parce que je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire.

C'est pourquoi les passages dans lesquels le démon intervient m'ont moins plu que les autres, et que la fin ne m'a pas particulièrement convaincue.

Pourtant, je relève dans ce livre un soin impeccable apporté aux personnages : celui de Kristel est intéressant, entre ésotérisme et érotisme. De plus, l'auteur a réussi à ne jamais céder à la facilité, et j'ai pris plaisir à constater que les éléments que je pensais avoir repérés depuis le début n'ont jamais eu lieu : ouf ! L'intrigue, lorsqu'on met de côté les démons et le fantastique, tient tout à fait la route.

Voilà un livre qui satisfera probablement plus les amateurs du genre, mais qui ne restera pas un (si) mauvais souvenir !

Merci au site Livraddict et aux éditions du Pré aux Clercs pour ce partenariat !


Partager cet article
Repost0
30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 19:33

En ce vendredi, je vous parle aujourd'hui d'un livre qui a déjà fait beaucoup parler de lui à sa sortie et qui passionne encore les foules à l'occasion d'une lecture commune sur Livraddict, que j'ai rejointe avec plaisir.

 

le-cercle-litteraire-des-amateurs-depluchures-de-patates1.jpg

 

La couverture, extrêmement soignée, évoque un recueil de lettres liées d'un joli ruban rose : de nombreuses maisons seraient bien inspirées de prendre modèle sur NiL !

 

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

 

Juliet, un peu sur le modèle de Paul Sheldon avec son héroïne Misery, s'est empêtrée dans l'écriture de romans badins au sujet de la Seconde Guerre mondiale, qui vient de s'achever. Pressée de trouver une nouvelle idée pour son prochain livre, elle écrit quotidiennement à son éditeur et avant tout ami cher à son coeur, Sidney, ainsi qu'à la soeur de celui-ci, qui se trouve être par la même occasion une amie d'enfance. Parmi toutes ces lettres échangées, Juliet reçoit un jour la lettre d'un inconnu habitant l'île de Guernesey : Dawsey est devenu propriétaire d'un livre vendu par Juliet et lui demande si elle peut lui procurer un autre livre. De fil en aiguille, Juliet développe sa correspondance avec les insulaires : Dawsey lui a en effet appris l'existence d'un Cercle littéraire, créé pendant la guerre, et Juliet se prend d'amitié avec les différents membres, au point d'aller les rencontrer sur leur île.

 

Si la couverture de l'ouvrage est joli, je craignais, avant ma lecture, de me retrouver plongée dans une bluette de plus : j'ai peur de devoir avouer que mes craintes étaient fondées.

 

Après moult lectures passionnées des Liaisons dangereuses lorsque j'étais lycéenne, mon intérêt pour les romans épistolaires s'est plus qu'émoussé. Pourtant, le rythme des lettres qui nous sont données ici se révèle si effréné que le genre m'a semblé reprendre une certaine vigueur : la multiplicité des personnages (parfois excessive) réveille les échanges dont Juliet est l'épicentre.

Par ailleurs, les personnages sont tous bien définis, dotés chacun d'une personnalité propre : je regrette justement que cet avantage se soit parfois transformé en caricature. Juliet est trop fofolle, Kit trop sauvage, Dawsey trop secret... Une fois que l'on a compris le caractère de chacun d'eux, pas la peine d'en rajouter !

 

Juliet m'a justement un peu fatiguée : à vrai dire, je l'ai souvent trouvé niaise. Ce qui a sauvé la mise, c'est la beauté très travaillée de l'île de Guernesey telle qu'elle apparaît dans les descriptions de ses habitants à l'année et des nouveaux venus.

 

Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette histoire charmante, mais elle souffre selon moi d'une surabondance de mièvrerie : les ficelles sont un peu trop grosses, et l'histoire d'amour prévisible...

Voilà qui ferait en revanche une bonne comédie romantique à la sauce Bridget Jones !

 

 

Je vous invite à aller lire les avis de mes camarades de lecture : Djak, Cécile, Heclea, Belledenuit, Linou, Evy et Setsuka.



Partager cet article
Repost0
17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 13:50
C'est grâce à l'équipe de BOB que j'ai reçu ce recueil de poèmes publié aux éditions de la Table Ronde. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu de poésie, et ce court recueil a été une vraie bouffée d'air frais !

fort.jpg
Et pourtant... Je ne savais pas que j'allais recevoir de la poésie ! En nous indiquant le contenu de la quatrième de couverture, BOB donnait les premiers vers du poème liminaire du recueil, que j'avais pris pour un extrait du roman, car la mise en page n'était pas la même...

"Si vous me demandiez : y a-t-il en Europe une rue,
et où, et laquelle, est cette rue ultime ?
je répondrais : l'antique voie romaine
à Paris, sur la rive gauche du fleuve,
la longue, longue rue du cherche-Midi,
rue de mes pensées et de mes réflexions,
de ma curiosité jamais tout à fait comblée,
de prémonitions bizarrement biseautées, de souvenirs.
"

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Ca parle de choses diverses... Vingt-six poèmes constituent ce recueil, traduits par Dominique Dussidour qui les a sélectionnés parce qu'ils racontent tous une histoire. En effet, un mot de la traductrice ouvre le recueil et éclaire la perspective qu'elle a voulu donner au recueil : voilà une idée précieuse, qui m'a aidée à pénétrer les mots de Muriel Spark alors que je ne connaissais pas du tout son oeuvre.
En effet, l'autre belle surprise de ce recueil réside dans le fait que le poème original, en langue anglaise, est mis en regard avec la traduction française : j'ai adoré pouvoir lire une version, puis l'autre, parfois les deux vers à vers... Les lectures possibles sont multiples !

N'ayant pas du tout été influencée par un quelconque a priori vis-à-vis de l'auteur, je vous livre pour finir quelques jolis passages, en anglais comme en français : la traductrice a fait un très beau travail de traduction, en essayant de rendre des effets de langue et la poésie chantante de Muriel Spark. Je pense que le deuxième, entre autres, vous plaira ! Quant à moi, je pense le relire de temps à autre, et aller voir à quoi ressemblent les nouvelles de Muriel Spark, Portobello Road !

Extrait du poème "Created and abandoned"
"Where have you gone, how was it ended with you,
people of my dreams, cut off in mid-life, gone to what
         grave ?
It's all right for me. I'm fine. I always woke up when we
         parted
and saw it was only a dream.
"

Poème en traduction française "Les écrivains et leurs fantômes"
"Les fantômes des écrivains reviennent, je crois, à pas furtifs
hanter la nuit les étagères endormies
à la recherche des livres qu'ils ont écrits.
Ces écrivains mettent la dernière touche, ou l'avant-dernière,
parfois à des paragraphes entiers.

De pleines pages sont ajoutées, récrites, révisées
de fond en comble pendant la nuit que ces écrivains
         occupent
avec leurs livres d'autrefois.

sinon comment
expliquer que peut-être des années
plus tard, le lecteur
prend un livre - Etait-ce ainsi ?
Je ne me souviens pas de... D'où
viendrait ce dénouement ?
Je me rappelle un tout autre.

Oh oui, il a été bricolé
aucun doute -
La patte de l'auteur est ici, là et là, où elle n'était pas auparavant, et
vilà encore, quelque chose manque -
J'aurais juré..."

Extrait du poème "The three Kings"
"Where do we go from here ?
We left our country,
Bore gifts,
Followed a star.
We were questioned.
We answered.
We reached our objective.
We enjoyed the trip.
Then we came back by a different way.
And now the people are demonstrating in the streets.
They say they don't need the Kings any more"

Merci à BOB et aux éditions de la Table Ronde !
Partager cet article
Repost0
9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 19:38
Lorsque Salinger est décédé, il y a maintenant un peu plus d'un mois, j'ai réalisé que je n'avais toujours pas lu L'Attrape-coeurs, son ouvrage devenu culte. Il était grand temps de remédier à cette lacune, et **Fleur**, Bettina et Cryssilda m'ont accompagnée dans cette lecture.

http://www.decitre.fr/gi/60/9782266149860FS.gif

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Holden Caulfield est pensionnaire à l'école de Pencey, mais il en est renvoyé à cause de ses résultats désastreux. Ses parents n'étant pas encore au courant, il décide de rentrer tranquilement chez lui et nous conte rétrospectivement son trajet de retour entre Pencey et New York. On assiste aux retrouvailles avec sa soeur Phoebe, à un rendez-vous galant avec son amie Sally Hayes et à quelques entretiens avec ses anciens professeurs.

Voilà un roman qui pourrait passer tout à fait inaperçu s'il ne contenait que les éléments du résumé que je vous ai donné ci-dessus. Pourtant, L'Attrape-coeurs ne raconte pas qu'un voyage et quelques entrevues. C'est le livre d'une errance, jumelée aux errances intérieures d'Holden, jeune homme désabusé et cynique.
Holden n'a rien de sympathique. Il n'aime rien, ni personne. Le sport, les films, sa bonne amie Sally, ses camarades de chambrée à Pencey, ses parents, tout l'ennuie, voire le dégoûte. Pourtant, désoeuvré, il ne peut qu'adopter ces activités pour passer le temps en attendant d'oser affronter la colère paternelle que causera forcément ce retour prématuré à la maison.
Son comportement finit d'ailleurs par lui faire horreur, au point que l'on se demande si les haut-le coeur qu'il ressent à la fin du livre ne sont justement pas causés par ce trop-plein du dégoût qu'il s'inspire.

Trop-plein me semble bien convenir : Holden est toujours dans l'excès. Grande gueule, prodigue, cynique à l'excès lorsqu'il raconte ce qu'il a vécu, au moment des faits il est couard, fainéant et timide...La fin en est une illustration parfaite. Personnage miné par la contradiction, Holden me semble osciller entre un idéal rêvé qu'il ne sera jamais et un état d'esprit instable qui ne peut le laisser s'épanouir. Dans son article, **Fleur** évoque l'idée que le personnage bascule dans une certaine forme de dépression : je trouve cette analyse judicieuse, et la rejoint sur ce point.

Si le fond m'a plu, j'ai pourtant du mal à considérer ce livre comme un chef-d'oeuvre : je crois que cela vient de la traduction avec laquelle je n'ai pas du tout accroché. Expressions datées, répétitions peu encourageantes, vocabulaire trop familier parfois : tous ces défauts, à mes yeux bien sûr, m'ont empêchée d'être à l'aise avec le texte et de me sentir proche d'Holden. Est-ce un problème inhérent à la traduction française, comme me l'a suggeré Dreamfromnowhere ? Je me le demande.

Voilà une lecture qui appartient d'abord au challenge 100 Ans de littérature américaine, mais pas que...

challenge-100-ans-article-300x225.png
defi_classique-copie-1.jpg


coeur-vs3.jpg
Partager cet article
Repost0
5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 10:12

C'est grâce à Nuxka que j'ai lu ce livre... Impressionnant, d'ouvrir une lettre et de tomber sur un pavé comme celui-là : je me suis dit que ce n'était pas un cadeau

De plus, j'étais complètement à l'ouest : en regardant la couverture et en lisant le titre, je pensais que j'allais lire une sombre histoire d'enlèvement d'enfant et/ou de pédophilie...
Hum, du tout ! Heureusement, la 4ème de couverture m'a détrompée !

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Le livre commence par le suicide du personnage principal, Archibald Jones, communément appelé Archie. Mais pas évident de faire 730 pages avec un héros mort... Il réchappe donc de sa tentative manquée, sauvé au dernier moment par un garçon boucher.

Il va se consoler auprès de son ami de longue date, Samad Iqbal, qui a combattu avec lui lors de la Seconde Guerre mondiale. Samad, fraîchement remarié à une jeune Indienne qui a la moitié de son âge, lui conseille de prendre lui aussi une jeune épouse. Archie rencontre, au matin du nouvel an, une jeune femme noire appelée Clara, qui est à ses yeux d'une beauté époustouflante. Seul petit défaut : il lui manque les quatre dents du haut...

Quelques semaines plus tard, Clara et Archie sont mariés. Et très vite aussi, elle se retrouve enceinte, en même temps que la femme de Samad. Les deux femmes deviennent inséparables et les enfants grandissent ensemble.
Clara donne naissance à une petite Irie, et Alsana Iqbal accouche de deux garçons, Millat et Magid.

Mais à l'école, les garçons sont influencés par leurs camarades et se mettent à faire des bêtises : Samad décide alors de renvoyer ses fils dans son pays d'origine pour leur apprendre les bonnes manières et le respect. Mais, puisqu'ils n'ont pas assez d'argent, il va choisir l'un des deux et l'envoyer, contre l'avis de sa femme, dans sa famille. Il sera élevé loin de ses parents, de son jumeau, de ses amis, et prendra un tout autre chemin que son frère. A la fin du livre, on assiste au retour du fils prodigue, qui ne se déroule pas tout à fait comme prévu...


J'ai trouvé du bon comme du moins bon dans ce livre. La longueur ne m'a pas rebutée, mais les digressions et les flash-back sont nombreux et nuisent au rythme de la narration, selon moi. En revanche, tous les personnages sont attachants (ma préférée étant Hortense, la mère de Clara), et Zadie Smith transpose à l'écrit  leurs tics de langage, leurs accents... Certains passages sont amusants, et ce syle quasi-oral y contribue beaucoup. Ce sont vraiment les allers et retours dans la chronologie qui m'ont gênée, d'autant qu'on passe d'un personnage à l'autre très facilement et que c'est parfois un peu ardu à suivre... Mais une jolie découverte quand même, merci Nux !

Partager cet article
Repost0
22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 14:59

C'est grâce à un swap de livres que ma chère Pimprenelle (dont le blog est en lien dans la rubrique "Liens in-dis-pen-sa-bles") m'a fait découvrir ce livre.
Commencé hier, il a été lu d'une traite jusqu'à ce matin...

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

La jeune Susie Salmon vit dans un quartier pavillonnaire, entourée de ses parents, de sa soeur Lindsey et de son frère Buckley. Elle a 14 ans et vit ses premiers émois d'ado en se laissant embrasser par un voisin de son âge, Ray.
En coupant un soir par un champ de maïs pour rentrer chez elle après les cours, elle est abordée par un homme du voisinage, qui la conduit chez lui, la viole et l'assassine...

On assiste ensuite à tous les tourments endurés par une famille privée de leur grande fille, mais sans indices, sans dépouille, il leur est particulièrement difficile de faire leur deuil. Aucun membre de l'entourage de Susie ne réagit de la même façon : le père se noie dans le chagrin et s'accroche à des soupçons pour faire arrêter coûte que coûte le meurtrier, la mère devient distante et abandonne peu à peu son rôle de mère et d'épouse, la soeur se construit une carapace...

Ce qui est très étrange, c'est que le livre est écrit à la 1ère personne... Susie, arrivée dans son paradis à elle, observe tout ce petit monde qui apprend à vivre sans elle. J'ai été très émue par certains passages de l'histoire, jusqu'à pleurer au moment où le père s'abandonne à son chagrin dans la chambre déserte de la petite fille.
Je me suis bien plus attachée au personnage du petit frère et au père qu'à la mère, qui délaisse de plus en plus le reste de sa famille, mais c'est l'impression voulue par l'auteur qui nous fait ici bien comprendre que personne ne fait son deuil de la même manière : le père se recentre sur la maison alors que la mère essaie de s'en détacher pour que le chagrin ne la ronge pas...

C'est un livre très émouvant, qui n'est pas épargné par quelques longueurs mais qui se lit avec plaisir.

Partager cet article
Repost0