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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 12:49

Colombe Schnek a donné en 2003 le beau prénom de Salomé à sa fille, en se souvenant ensuite qu'un jour sa mère lui avait demandé de le faire. Décédée depuis deux ans au moment de la naissance de Salomé, la mère de Colombe Schneck avait évoqué quelques années auparavant et très brièvement le souvenir de Salomé Bernstein, fille de l'une de ses tantes, gazée à Auschwitz alors qu'elle n'était qu'une toute petite fille.

C'est en regardant sa fille grandir que Colombe Schneck décide de s'intéresser à la courte vie de Salomé Bernstein, pour essayer de comprendre comment la mère de celle-ci a pu survivre après la mort de son enfant et revenir à la vie une fois revenue de déportation.

 

la réparation

 

Le livre permet à l'auteur de retracer son histoire familiale. Augmenté de rares photos qui donnent un vrai poids aux mots de Colombe Schneck, le souvenir de Salomé, de sa mère, de ses tantes revit grâce aux témoignages collectés au fil de ce qui s'apparente à une véritable enquête.

 

La réflexion qu'enclenche Colombe Schneck est troublante : devant les soldats nazis, Salomé a été prise dans les bras de sa mère par sa grand-mère Ginda, qui s'est portée volontaire en sachant pertinement qu'elle serait menée à la mort avec elle. Comment la mère de Salomé, Raya, a-t-elle pu laisser partir sa mère et sa fille et oser choisir le chemin de la (sur)vie ?

 

Toutefois, ce livre ne m'a pas aussi émue que ce à quoi j'aurais pu m'attendre a priori. Je crois que cela tient à la place occupée par l'auteur elle-même dans son livre. Ainsi, je me suis étouffée à la lecture de "Je veux tout savoir mais j'ai préféré passer l'après-midi au bord de la piscine du Hilton de Tel-Aviv que de faire les deux heures de route pour aller le voir", lorsqu'elle évoque sa rencontre avec son cousin Yoav. L'indécence d'une telle remarque m'a choquée, car elle ne s'accompagne d'aucune remise en question : c'est un simple constat de sa part. Privilégier son petit confort pendant un voyage entamé pour découvrir le sort de ses courageuses aïeules est un détail mais je n'ai pu passer outre.

 

Je regrette donc les réflexions de ce genre qui signalent parfois le manque d'empathie de l'auteur, que l'on sent concernée... mais de loin. Dommage pour un sujet aussi sensible que celui-là.

 

Je remercie toutefois l'équipe J'ai Lu pour leur confiance une nouvelle fois renouvelée !

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 11:05

Après le repas en famille, lorsque les hommes se sont retirés et laissent champ libre aux femmes (pour faire la vaisselle, certes, dans un premier temps), celles-ci se réunissent autour d'une tasse de thé et leurs langues, de vipère souvent, se délient...

 

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Marjane Satrapi, l'auteur de l'inoubliable Persépolis, revient dans ce petit album sur ses souvenirs de jeune fille : elle raconte la figure mémorable de sa grand-mère chérie, qui n'avait pas sa langue dans sa poche !

 

Cette grand-mère opiomane réunit autour d'elles les femmes de sa famille pour leur sujet de conversation favori : les hommes et leurs défauts. Le thé, qui a cuit une bonne heure (Marjane Satrapi souligne la préparation longue que cela nécessite), est l'élément nécessaire à la discussion des femmes. Il faut dire que, sans son thé tout au long de la journée, la grand-mère serait trop revêche...

 

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Souvent mariées très jeunes, ces femmes iraniennes se sont construites dans leurs rapports confliuctuels avec des hommes qu'elles n'avaient pas choisis et qu'elles ont aimés quand même, auxquels elles se sont habituées, ou qu'elles ont quittés. Le choc d'un mariage non désiré est expliqué plusieurs fois.

 

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Parfois, les femmes sont si honteuses de leurs choix ou de leur naïveté qu'elles n'osent pas prendre la parole, mais la force du groupe vient à bout de leur résistance !

 

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Quelles que soient leurs histoires, ces femmes sont de fortes têtes, et les hommes n'ont qu'à bien se tenir ! Elles n'ont pas leur langue dans leur poche, loin de là... Et les hommes sont loin de se douter de ce qu'elles peuvent raconter !

 

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Broderies est un album délicieux qu'on lit le sourire aux lèvres, qui nous fait même éclater de rire parfois, et qui nous rappelle combien on aime les femmes de nos vies !

 

Merci à Khadie qui a parlé de cet album récemment et me l'a fait découvrir !

Et pour le rendez-vous de Mango, c'est une... BD du mercredi noir

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 17:47

Alors qu'elle marche seule au bord du lac, Allison Spooner, étudiante, est assassinée. L'inspecteur Lena Adams conclut en hâte à la culpabilité de Tommy Braham, un jeune homme qu'elle qualifie de simplet et dont elle obtient rapidement des aveux, peut-être en lui forçant un peu la main... Mais Tommy est retrouvé, quelques heures plus tard, mort dans sa cellule : il a mis fin à ses jours en laissant sur le mur l'inscription "Pas moi".

Sara Linton, de passage chez ses parents pour Thanksgiving, est mise au courant de l'affaire et va chercher à prouver à tout prix la faute professionnelle de Lena, qu'elle tient pour responsable de la mort de son époux trois ans auparavant. Aidée de Will Trent, qu'elle fait venir de Chicago, Sara doit bientôt ajouter à sa tâche l'enquête sur la mort d'un autre étudiant, petit ami de la première victime.


 

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Ca ne pouvait pas fonctionner à tous les coups ! Il y a une semaine, je m'ébahissais de l'efficacité du très bon  Genesis, de Karin Slaughter... Je ne peux que regretter le rendez-vous manqué avec Broken.

 

L'enquête est étirée en longueur tout au long du livre et se retrouve noyée dans les sentiments à cause de l'intrigue parallèle qui fait s'opposer Sara Linton et Lena Adams. La résolution de l'enquête est peu satisfaisante puisqu'elle repose à mon goût trop sur un heureux hasard de circonstances et que l'un des responsables indirects des meurtres, proche de Sara, reste absent après que preuve est faite de sa culpabilité. J'aurais aimé en savoir un peu plus sur lui !

De la même façon, les interminables cas de conscience de Sara et surtout de Lena m'ont fait perdre patience. Même Will Trent finit par être moins sympathique... C'est dire !

 

Heureusement, il me reste encore les premières enquêtes de Karin Slaughter pour me consoler de cette déception ! Une lecture réussie, une deuxième non : je laisse encore à l'auteur le bénéfice du doute !

 

Merci à Clément, du Livre de Poche, pour ce deuxième titre, même s'il m'a bien moins convaincue !


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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 18:00

Ce qui aurait pu n'être qu'un accident de la route somme toute banal révèle bien vite son horreur aux policiers : la jeune femme heurtée par la voiture d'un paisible couple de retraités ne souffre pas que de blessures conséquentes à la collision, mais son corps meurtri dévoile des signes de torture. Une fouille approfondie des alentours permet à l'enquêteur Will Trent de mettre la main sur une cachette remplie d'objets destinés à faire souffir, et de découvrir le cadavre d'une deuxième femme, elle aussi torturée.

Avec l'aide de Sara Linton, médecin légiste, et de sa coéquipière Faith Mitchell, Will va s'attacher à découvrir l'identité du bourreau de ces deux femmes. Mais bientôt, deux autres femmes disparaissent...

 

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Il y a peu d'auteurs de thrillers dont j'affectionne particulièrement le style et dont je sais qu'ils ne risquent guère de me décevoir : Karine Giebel côté français, et Tess Gerritsen outre-Atlantique. Une troisième femme (est-ce un hasard ?) serait-elle en passe de s'ajouter à cette courte liste ? A peine Genesis terminé, me voilà déjà plongée dans un deuxième titre ! Mais chaque chose en son temps...

 

Les héros de ce roman sont semble-t-il des familiers pour les lecteurs fidèles de l'auteur : d'autres romans les dépeignent, mais c'est la première fois que la légistes et les deux policiers travaillent ensemble, à la manière d'un cross-over entre deux séries télévisées.

Ces trois héros ne se disputent pas la première place et c'est, je pense, l'une des raisons pour lesquelles j'ai tant apprécié ces personnages : l'auteur ne se centre pas sur l'un d'eux mais s'intéresse à égale mesure aux trois. Chacun d'eux vit avec une douleur ou un défaut qui aura un poids dans la résolution de l'enquête : Sara se bat pour surmonter la perte de son époux Jeffrey trois ans auparavant ; Will dissimule tant bien que mal son quasi illétrisme et Faith apprend qu'elle est atteinte de diabète. Mais contrairement à d'autres romans policiers où les héros traumatisés, usés, marqués, ne vivent qu'à travers leurs soufrrances, nos trois personnages luttent pour passer outre, ce qui les rend humains et attachants. Leur relation, leur façon de se découvrir pour travailler efficacement ensemble, est un point fort du roman.

 

L'enquête qui les occupe s'avère difficile. Moi qui suis une grande adepte de thrillers glauques, je crois avoir trouvé là le summum de ce qu'il m'a été donné de lire en la matière, et ce dans le bon sens du terme !

Je ne peux pas ne pas avouer que j'ai été complètement baladée par l'intrigue : persuadée d'avoir trouvé le coupable une première fois, puis un autre, puis un troisième, je me suis aperçue dans les dernières pages que j'avais eu tout faux... et tant mieux ! Genesis est un roman imprévisible, à confier aux amateurs de serial killers qui n'ont pas froid aux yeux !

 

Merci à Clément du Livre de Poche pour cette lecture riche à tous points de vue... et pour le deuxième titre, qui arrive bien vite !

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 11:11

Les finances de Porterhouse College sont au plus mal. Cet établissement centenaire de Cambridge est croulant, et ce n'est pas le Maître qui pourrait arranger quoi que ce soit : ancien portier nommé par l'ancien Maître dans son dernier souffle, cloué dans un fauteuil roulant à cause d'une attaque après un repas trop riche, ses collègues le considèrent comme un vieux toqué bon à rien et particulièrement désagréable par-dessus le marché. Heureusement, l'Econome a décidé de prendre les choses en main : il a été approché par Transworld Televisions, dont le grand patron a décidé de devenir mécène en fin de carrière et est prêt à investir des millions à Porterhouse... pourvu qu'il en devienne le manitou. Alors que l'Econome est prêt à lui ouvrir grand les portes de Porterhouse, voilà que les équipes de Transworld venues filmer les lieux font s'écrouler la très vieille Chapelle. C'est en décidant de poursuivre Transworld pour dommages et intérêts que les professeurs de Porterhouse découvrent que l'entreprise sert de couverture pour un trafic international de drogue et blanchiment d'argent !

 

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De Tom Sharpe, j'avais déjà lu toutes la série des Wilt (en bonne flemmasse que je suis, je ne vous avais parlé que des tomes 1 et 2...) : rappelez-vous, ce pauvre professeur de littérature en lycée technique, qui devait faire face à des élèves rétifs à toute idée de culture, mais surtout à une femme folle à lier !

Nous retrouvons ici l'univers des professeurs d'université dont David Lodge s'est lui aussi fait une spécialité. Mais là où David Lodge confronte ses personnages aux difficultés de la vie quotidienne, des relations homme-femme et du vieillissement, Tom Sharpe n'hésite pas à les plonger dans les pires tourments inimaginables, notamment les plus loufoques.

 

Deux intrigues parallèles s'entremêlent ici, autour de deux nouvelles arrivées à Porterhouse.

D'un côté, M. Hartang, patron de Transworld Televisions, décide de se ranger des voitures, comme diraient les truands : après des années de trafic de drogue à travers le monde, sous prétexte d'aller filmer des pingouins par-ci, des pieuvres par-là, après aussi des années de tourisme sexuel en Asie, il décide de se mettre au vert à Porterhouse, pensant à tort que les murs vieillissants du College lui offriraient une douce retraite. Bien mal lui en prend...

De l'autre côté, le professeur Purefoy Osbert, fou amoureux de Mme N'Dlovo, conférencière spécialiste des questions de sexualité, décide de prouver sa virilité à cette dernière en acceptant une chaire à Porterhouse, sous le prétexte d'enquêter sur la mort du précédent maître. Sa veuve soupçonne en effet qu'il ait été assassiné, et elle ne croit pas si bien dire.

 

J'ai nettement préféré l'intrigue concernant Hartang à celle d'Osbert, qui partait pourtant si bien. Son rôle reste finalement très secondaire, et les épisodes avec Mme N'Dlovo frôlent le ridicule.

En revanche, les chapitres se déroulant à Porterhouse sont un vrai régal : les professeurs et responsables du College m'ont fait penser aux mages de l'Université de l'Invisible chez Pratchett, avec autant de dinguerie ! L'Econome, par exemple, plane autant chez Tom Sharpe que chez Pratchett, produits hallucinogènes en moins. C'est un délice de suivre les aventures de ces Dons, comme on les appelle, vieux monsieurs en total décalage avec leur temps et qui, entre eux, multiplient les quiproquos.

 

A vous de vous régaler (mais oubliez le menu à base de "canards pressés", spécialité de Porterhouse, ça n'apporte rien de bon!) !

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 16:02

C'est à l'occasion de la mort de son compagnon de route, amant et ami Robert Mapplethorpe, que Patti Smith décide de raconter les années qu'ils ont traversées ensemble, dans le Brooklyn des années 1960-1970.

 

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Patti Smith, pour moi, n'était avant cette lecture que le nom lointain d'une chanteuse culte, certes, mais qui n'avait jamais été l'objet d'une attention particulière de ma part, contrairement à d'autres artistes de cette période. Pourtant, dès la sortie de cette autobiographie partielle, j'avais eu envie de la lire, plutôt pour l'aspect témoignage sur une période culturellement foisonnante que pour Patti Smith elle-même. C'est grâce à Emilie, du blog Douce Paresse, que j'ai pu moi aussi embarquer pour un retour dans le New York d'il y a cinquante ans déjà.

A cette époque, Patti n'est encore qu'une toute jeune femme, qui quitte ses parents pour gagner New York où elle espère vivre sa vie en étant artiste. C'est là qu'elle rencontre Robert Mapplethorpe, jeune éphèbe avec qui elle entame une vie de bohème, à deux. Si leur instinct créatif est d'ores et déjà présent, ils doivent pourtant multiplier les petits boulots alimentaires. Robert développe un goût pour le collage et la photographie, tandis que Patti ne se tournera que tardivement vers la chanson, après avoir écrit et lu des poèmes.

Les rencontres avec les grands de ce temps sont nombreuses et surprenantes, tant ces noms évoquent pour moi ceux de dieux vivants ; à l'époque pourtant, tous formaient à Brooklyn un microcosme accessible à ceux qui, comme Patti et Robert, se démenaient pour créer coûte que coûte. Ainsi, Patti Smith évoque la mémoire de Janis Joplin, Allen Ginsberg, Loulou de la Falaise...

Mais l'aspect de cette oeuvre qui m'a le plus touchée reste les liens très forts qui unissent jusqu'au bout Patti et Robert. Le livre s'ouvre et se clôt sur la mort de Robert, annoncée à Patti au téléphone. Lorsqu'elle finit d'évoquer leurs souvenirs communs, avant que leurs routes ne se séparent, on comprend toutefois que, sans être plus amants, ils n'en sont pas moins restés des amis très proches, de ceux que l'on n'a pas besoin d'appeler pour savoir qu'ils sont là pour nous.

Robert meurt du SIDA en 1989, et ses derniers jours sont racontés par Patti Smith avec pudeur mais tant d'amour que j'en ai versé une larme.

 

Just Kids se révèle être une belle preuve d'amour et d'amitié, émaillée d'excès mais toujours profonde, vraie et touchante.

 

patti-smith-robert-mapplethorpe-01-1.jpg

 

Merci Emilie !

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 17:52

La vie familiale et professionnelle d'Henry Wilt ne s'est toujours pas assagie : désormais père d'une flopée de fillettes depuis que son épouse a donné naissance à des quadruplées qui tiennent davantage de furies que de petites filles modèles, voilà qu'il doit accueillir en plus une étudiante à qui sa femme loue une chambre au dernier étage. Comme s'il n'avait pas déjà assez de femmes autour de lui ! Mais lorsqu'il s'aperçoit que cette Irmgard est une beauté, Wilt change d'avis et envisage de faire sienne la jeune et jolie étudiante. Wilt court au devant des ennuis... surtout que cette étudiante n'en est pas une et qu'elle cache en réalité des activités bien plus dangereuses !


 

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Pauvre, pauuuuuuvre Wilt ! Rappelez-vous de l'intrigue du premier tome, qui fut l'un des coups de coeur de mon année 2011 : alors qu'Eva a disparu dans la nature, Wilt est accusé de l'avoir assassinée alors qu'il ne s'est débarrassé que d'une poupée gonflable !

Ici, le sous-titre de l'oeuvre annonce la couleur : Wilt 2 ou Comment se débarrasser d'un crocodile, de terroristes et d'une jeune fille au pair !

 

Cette fois encore, le danger vient pour Wilt de la cellule familiale, qui évoque bien davantage pour lui une cellule de prison... Entouré de cinq femmes qui lui mènent la vie dure, il se console au travail. Et ce n'est pas peu dire : les étudiants de lycée pro sont hermétiques à tout savoir d'ordre culturel, et il doit envisager une sanction contre un professeur ayant filmé avec une classe un épisode de... sodomie de crocodile. Rien que ça !

On comprendra alors que notre gentil Wilt, désabusé et découragé, se tourne vers la jeune et fraîche Irmgard pour trouver un peu d'affection : il va être servi ! Eva, en comparaison, est d'une douceur incomparable... C'est dire ! 

 

Dans ce deuxième tome, si j'ai regretté que Wilt se montre plus grossier que dans mon souvenir du premier tome (ce que la situation ne justifie pas toujours malgré le ras-le-bol général de Wilt), j'ai encore plus adoré les situations loufoques auxquelles seul Wilt, accompagné de sa guigne légendaire, peut se retrouver conforonté. Les plus marquantes, entre autres scènes croustillantes, resteront pour moi l'état de siège de la maison familiale, Wilt coincé contre son gré avec Irmgard et l'assaut lancé contre la maison par Eva, qui croit que son mari la trompe ! Mais le personnage le plus drôle, à son insu, reste le desespéré inspecteur Flint, à qui Wilt reste coincé au travers de la gorge depuis le tome précédent !

 

Inutile de préciser que j'ai hâte de savoir ce que l'auteur a reservé à Wilt dans les deux tomes restants !


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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 13:52

Rater son avion, c'est une grande première pour Hadley. Elle qui souffre de crises de claustrophobie se voit obligée de patienter à l'aéroport jusqu'au prochain avion pour Londres, trois heures plus tard... Et tout ça pour aller assister, en tant que demoiselle d'honneur, au mariage de son père avec une certaine Charlotte, qu'Hadley ne connnaît pas mais qu'elle déteste déjà. Bref, Hadley a connu des jours meilleurs... Mais un jeune garçon, prénommé Oliver, lui donne un coup de main pour sa valise et se trouve être son voisin dans l'avion : pendant sept heures, de jolis liens se tissent entre eux. A l'arrivée à Londres, il leur faut pourtant se quitter...

 

Amouraupremierragard.jpg

Je ne suis simplement pas d'accord sur le choix de ce petit couple pourtant bien mignon en couverture :

si Oliver pourrait encore convenir, Hadley ne ressemble pas à cette petite brunette !

 

Voilà, vacances + coeur de midinette = livre dévoré en une soirée en solo !

Il faut dire que, chez Hachette jeunesse, les romans destinés aux jeunes filles (et n'allez pas me dire que je n'en fais plus partie, hein !) sont de qualité : déjà,  Mon Bel Amour, de Jacqueline Woodson, m'avait traumatisée en me faisant pleurer comme une fontaine...

 

Heureusement, ici, pas de quoi pleurer, mais plutôt s'attendrir. Hadley a tout d'une jeune fille sympa, de la bonne copine aux malheurs de laquelle on compatirait sans problème. Il faut dire que le mariage de son père avec une marâtre inconnue n'est pas un événement réjouissant... Pour autant, je ne cautionne pas les paroles blessantes d'Hadley à sa mère, tout aussi perdue qu'elle. Toutefois, la réconciliation est de mise dans ce roman qui, sans être à tout prix sentimentaliste, condense quand même des relations familiales plutôt politiquement correctes. Ainsi, tout finit par rentrer dans l'ordre, et ce pour tout le monde !

 

Mais c'est bien la relation naissante entre Hadley et Oliver qui nous intéresse : l'aéroport, lieu propice aux rencontres, est l'occasion pour Oliver d'agir en gentleman en aidant Hadley. D'ailleurs, Oliver n'a aucun défaut (et ce n'est pas faute d'avoir cherché, croyez-moi) : si c'est assez peu crédible, mon éternel côté jeune donzelle au coeur tendre a pourtant flanché et je me suis aussi laissée séduire par ce petit copain idéal et bien sous tous rapports ! D'ailleurs, Hadley semble parfois gentiment nunuchette à ses côtés...

 

Pour résumer, si adolescente vous avez toujours rêvé que ce genre d'aventure amoureuse vous arrive (sans que ça n'arrive jamais dans la vraie vie, soyons réaliste), ce livre est fait pour vous et vous ravira autant que moi ! Une jolie romance, guimauvesque comme on les aime... Ca fait du bien de temps en temps !

 

Merci aux éditions Hachette Jeunesse ! La fiche de ce livre est disponible sur le site Lecture-Academy !

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 13:45

Jeune cadre dynamique à l'époque où cette expression n'existait même pas, Harry White symbolise le gendre idéal dans toute sa splendeur : il est jeune, beau mec, travailleur, ambitieux, aimable avec ses parents et sait se faire aimer de tous, collègues compris. Seule ombre au tableau : Harry ne souhaite pas fonder de famille, et surtout pas s'embêter avec une jeune femme qui voudrait l'emprisonner dans une relation étouffante et problématique. Du coup, Harry White ne sort qu'avec des femmes mariées. Il cumule les aventures d'une nuit, d'un après-midi, d'une heure, jusqu'à l'overdose, et le malaise qui le consume va le mener vers une auto-destruction qui semble inévitable et qu'il ne s'explique pas.

 

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Je crois pouvoir affirmer que Le Démon est sans conteste l'un des plus grands romans que j'ai pu lire ces dernières années, si ce n'est au moins depuis l'ouverture de ce blog. Rien que ça. Je m'explique.

 

L'incipit donne le ton de l'ouvrage et de ce à quoi se résume la vie "sentimentale" (et c'est un bien grand mot, peut-être un gros mot) de Harry : "Ses amis l'appelaient Harry. Mais Harry n'enculait pas n'importe qui. Uniquement des femmes... des femmes mariées." Et vlan. Premier coup de poing d'un livre qui vous en assène des quantités, l'entrée dans le roman est aussi violente que la sexualité de son héros, quoique le terme d'anti-héros n'a peut-être jamais si bien porté son nom. Pourtant, Harry n'a rien d'un homme méchant, mauvais ou méprisable : il séduit les femmes en douceur, en sachant leur plaire, en sachant les écouter et les faire se sentir femmes en une entreprise de séduction charmante que leurs époux ont oublié depuis belle lurette. D'ailleurs, toutes celles qu'il emmènera jusqu'au lit (leur lit, bien entendu) sont consentantes et ravies de l'expérience, puisqu'en plus Harry est un amant hors-pair.

 

Là où le bât blesse, c'est sur la quantité astronomique des femmes que Harry "fréquente" à usage unique, au point qu'il finit par arriver en retard à son travail ou négliger l'anniversaire de sa grand-mère bien aimée. Harry est en effet un jeune homme absolument délicieux et aux multiples qualités, choyé par ses parents et apprécié de son patron, auprès desquels d'ailleurs il aime se retrouver le temps d'un dîner, d'une réunion, d'un séminaire. Et les débordements de sa sexualité, impossible à mener à satiété, inquiètent d'abord Harry, qui lutte aussi passionnément pour les réfréner que pour les assouvir.

Tout bascule à partir du moment où les envies de Harry prennent le pas sur son quotidien. Son mariage inattendu et sa vie de famille naissante ne réussissent pas à contrebalancer ses pulsions frénétiques de sexe, qui pourtant ne le satisfont pas ! Un mal être qui le dépasse l'habite et le rend malade sans que personne parmi ses proches ne parvienne à l'expliquer, et lui-même encore moins.

 

"Et Harry continua de travailler, enfermé dans son bureau, son oasis, son havre de paix, son refuge, enviant ceux qui étaient libres d'aller et venir à leur guise et priant le ciel pour qu'il puisse rester dans son bureau jusqu'au moment où quelqu'un viendrait le chercher pour le ramener chez lui, et passerait de nouveau le prendre le lendemain matin pour l'emmener au travail ; mais il savait qu'il ne pouvait s'empêcher de sortir de temps à autre, qu'il ne pouvait renoncer à ses virées dans ces bars dégueulasses où il levait quelque loque humaine répugnante pour y déverser son poison et ensuite essayer de vomir la pourriture infernale qui lui rongeait les tripes... Oh Seigneur, quelle pourriture ! Cette pourriture noire et suppurante qui le dévorait, et cette puantueur qui se dégageait de ses propres entrailles et lui emplissait les narines."

 

Les palliatifs trouvés par Harry pour oublier son malaise sont à la fois risibles et touchants, tant ils semblent ridicules et inefficaces. Seul le dernier surpasse ses envies dévastatrices, mais le mèneront finalement à sa perte avec une violence inouïe mais dont on se dit qu'elle était, finalement, inévitable.

 

Cette lecture ne m'a pas laissée de marbre, loin de là : j'ai été absolument bouleversée par la lecture de la vie de Harry, atteinte par ses failles et sa chute, et happée par un vide aussi effrayant que le sien en le suivant vers l'horreur. Je crois bien ne jamais avoir rien lu de tel... Cette remise en cause de l'American Way of Life, à travers l'exemple de Harry, est bien évidemment retrouvée chez Bret Easton Ellis dans American Psycho, que j'ai pensé relire un instant en refermant ce livre, mais que j'ai peur de trouver bien fade à côté de la puissance évocatrice de Selby Jr. C'est dire. A part me procurer rapidement Last Exit To Brooklyn, adapté au cinéma avec le troublant Requiem For A Dream, je ne vois pas.

 

L'avis de Marion vous convaincra peut-être également, je l'espère, de vous jeter sur ce chef-d'oeuvre, que je peux faire voyager jusqu'à vous si vous le souhaitez !


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:00

Avant d'etre mis au placard et de se retrouver simple plumitif dans un journal local du fin fond de la Californie, Tom Valle incarnait à merveille le prototype du journaliste new-yorkais brillant et successful. La révélation des mensonges éhontés qu'il employait pour créer des articles sensationnels lui valut pourtant une quasi retraite anticipée. A Littleton, Tom n'a désormais rien de plus palpitant à couvrir que des inaugurations de supermarchés ou des anniversaires de centenaires à la maison de ertraite : son prédecesseur en serait d'ailleurs devenu fou au point de quitter brusquement la ville ne pleine nuit et de partir s'exiler au bord d'un lac pour pêcher la truite et neplus jamais entendre parler de Littleton. Mais un accident de la route relance bientôt la curiosité de Tom : l'un des conducteurs impliqués s'est volatilisé après avoir donné une fausse identité tandis que la victime a visiblement été enterrée sous un faux nom elle aussi. Bientôt, Tom fait l'objet de menaces et d'un cambriolage, au cours duquel il est blessé : ses soupçons se précisent... Mais qui le croira, lui qui traîne derrière lui une réputation de menteur invétéré ?

 

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L'auteur soulève dans son ouvrage une question primordiale, qui dépasse d'ailleurs le cadre du journalisme : est-il possible de faire confiance à nouveau à un personne qui (nous) a menti ? Le problème est d'autant plus sensible pour Tom, de la part duquel on serait en mesure d'attendre une impartialité et une objectivité totales dues à sa profession.

Voici d'ailleurs le problème auquel Tom doit faire face : le voilà qui se heurte à la méfiance, au doute, voire à la peur chez ceux qu'il aimerait voir l'aider. Ainsi, quasi livré à lui-même durant son "enquête" personnelle, il sombre dans une paranoïa pas toujours infondée.

 

Il faut reconnaître qu'à ce sujet, le mode d'énonciation choisi par l'auteur s'avère redoutable. Dès le début, Tom nous livre la situation qui est la sienne : il écrit a posteriori les événements qu'il a vécus et dont il a parfois été l'instigateur. Pour ce faire, il a trouvé refuge dans une chambre de motel dans laquelle il s'est retranché en espérant échapper à ceux qui le recherchent et dont on comprend qu'ils veulent lui faire la peau. "Ils", ce sont les ennemis que l'on n'identifiera que très tard dans l'oeuvre ; c'est le seul point négatif que je note après lecture : n'avoir pas véritablement les clés pour identifier les ennemis de Tom, ceux qui restent dans l'ombre comme ceux qui le pourchassent.

 

Pour terminer avec lui, Tom est un personnage comme je les aime. Cynique à souhait (un peu à la manière de Wilt, chez Tom Sharpe), il ne se ment pas à lui-même sur ses propres fautes et sait reconnaître ses contradictions. Pourtant, toujours humain, il ne manque pas de se tromper parfois, ou d'être induit en erreur, avant de mieux utiliser ses erreurs et ses faux pas pour faire avancer son enquête, démarche faisant de cet ouvrage un heureux mixte entre thriller et roman d'espionnage.

 

Merci à Solène des Editions du Cherche-Midi qui a encore une fois tapé en plein dans le mille !

Aux copines blogueuses qui le liront bientôt elles aussi, il faudra que nous en discutions : j'ai quelques questions à poser au sujet de l'enquête de Tom !

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