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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 17:26

Lucidor, sur le point de demander à Angélique de l'épouser, décide afin d'être bien assuré de l'amour de sa belle de lui tendre un piège : son valet, Frontin, devra se présenter à elle sous les traits d'un riche gentilhomme doté d'esprit autant que de richesse. Preuve sera faite de l'amour d'Angélique si celle-ci refuse ce parti exemplaire au profit de Lucidor.

 

l-epreuve.jpg

 

Si j'étudie souvent des pièces de Marivaux avec mes élèves, L'Epreuve n'en a jamais fait partie. C'est à l'occasion d'une représentation de cette pièce au théâtre d'Auxerre que j'ai jugé utile de m'y plonger.

 

Pièce fort courte, L'Epreuve repose, comme tant d'autres de l'auteur, sur l'idée du jeu et du travestissement. La première scène s'ouvre sur la mise au point des règles du jeu par Lucidor : "Je te présenterai sur le pied d'un homme riche et mon ami, afin de voir si elle m'aimera assez pour te refuser." Ce qui pose problème, c'est que le jeu se révèle vite cruel pour la douce Angélique, qui souffre de voir Lucidor s'éloigner sous le fallacieux prétexte d'avoir lui-même une fiancée à Paris, et lui présenter Frontin dont elle n'a cure.

 

Heureusement, Frontin sait se montrer galant homme et, si ses charmes ne satisfont pas Angélique, la suivante de celle-ci, Lisette, ne tarde pas à reconnaître en lui le valet qui lui avait "conté fleurette" quelques années auparavant ! Là, la comédie reprend ses droits dans une scène XII drôlissime au cours de laquelle Frontin tâche de faire croire à Lisette qu'il y a erreur sur la personne et où Lisette s'embrouille à force de ne plus savoir quoi penser : "Monsieur, dites-moi si c'est toi...".

 

Enfin, on mentionnera aussi le risible Maître Blaise, paysan fortuné qui se targue de penser nuit et jour à Angélique, et l'oublie dès l'instant où Lucidor lui propose une forte somme d'argent s'il s'engage à renoncer à elle !

 

L'Epreuve s'avère être une pièce aboutie, entre légereté et cruauté. Le Jeu de l'Amour et du hasard n'est pas loin !

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 08:00

Lorsque son mari décède brutalement dans un accident, Désirée n'avait pas imaginé un seul instant son veuvage précoce. Après des années de vie commune plutôt plan-plan, voilà que son horloge biologique se réveille et que son coeur palpite pour l'inconnu qui vient entretenir au cimetière la tombe voisine de son défunt mari ! Pourtant, il n'a rien pour lui plaire, ce grossier personnage tout droit sorti de sa ferme et qui ne lit jamais. La réciproque est tout aussi valable : pourquoi lui plait-elle, à lui, cette bibliothécaire terne dénuée de tout sens pratique ? Mais leur histoire, qui balaie d'abord leurs différences, est bien vite rattrapée par les réalités de la vie.

 

 

mazetti

 

A l'époque de sa sortie, j'avais comme tout le monde remarqué la jolie couverture de ce roman suédois, mais ma chère  Caroline n'avait guère apprécié sa lecture et j'avais repoussé le moment de m'y mettre...

 

C'est désormais chose faite et, à l'instar de Khadie qui l'a lu récemment, je dois reconnaître que j'ai aimé !

 

Tout l'intérêt du roman repose sur le contraste très fort entre les deux personnages, Désirée et Benny. L'une est bibliothécaire, l'autre paysan ; elle lit des livres, il se contente de ses revues agricoles. Il aime la nature tandis qu'elle se réfugie à l'opéra ; il aime la bonne cuisine mais elle achète du surgelé... J'en passe et des meilleures. On s'amuse dans les premières pages de voir leurs différences disparaître dès lors qu'ils se découvrent l'un l'autre, et leur entente charnelle dépasse toutes ces différences. De très jolis passages racontent leur intimité, et Désirée se révèle la femme sensuelle qu'elle a cru ne jamais devoir être, parce que son époux ne lui faisait tout bonnement aucun effet.

 

La re-naissance de Désirée prend tout son sens dans le roman grâce aux efforts de Benny pour lui rendre la joie de vivre qui lui manque. Malgré tout, leurs deux caractères s'opposent irrrémédiablement, et j'ai pris parti pour le pauvre Benny qui, malgré tous les efforts du monde, ne peut apprivoiser l'aérienne Désirée.

 

Par ailleurs, j'ai frémi pour la pauvre Marta, la meilleure (la seule ?) amie de Désirée, malmenée par un homme pour lequel elle a tout fait, allant jusqu'à se faire ligaturer les trompes parce qu'il ne veut pas d'enfant, et qui le voit un beau jour débarquer accompagné d'une autre enceinte jusqu'aux yeux... Argh !

 

Le Mec de la tombe d'à côté aura donc été pour moi une lecture agréable, pleine de bons sentiments, mais pas que, et dont les personnages hauts en couleurs sont l'atout majeur.

 

Merci, ma Caro, pour le prêt ! D'autres avis chez Heclea, Hilde, Calypso, Frankie, Riz-Deux-ZzZ...

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 11:18

Lorsqu'on retrouve, un dimanche matin, un homme avec une broche à rôtir plantée dans l'oeil, c'est le procureur Teodore Szacki qui se retrouve dépêché sur les lieux du crime, un ancien monastère au coeur de Varsovie, utilisé désormais pour des séances de thérapie collective. Si Teo soupçonne fort logiquement l'un des participants à ces séances de psychothérapie, il doit rapidement se rendre à l'évidence : le meurtre d'Henryk Telak est lié à l'histoire communiste de la Pologne, que certains personnages influents préfèreraient voir tue à jamais. En plus de mener à bien une enquête dangereuse, Teodore va devoir composer avec sa patronne, son épouse et une jolie journaliste qui le fait craquer, et remettre en cause son quotidien.

 

lesimpliques.png

 

J'avais déjà eu la chance de recevoir, il y a quelques mois, le premier titre paru aux toutes jeunettes éditions Mirobole, Nid de guêpes, un policier danois. Cette fois, cap sur la Pologne !

 

J'accorde aux Impliqués toute l'originalité qui manquait à Nid de guêpes. La forme, déjà, est intéressante : le livre est découpé en journées, du 5 au 18 juin 2005, entre le moment du meurtre et la résolution de l'enquête, et chacune de ces journées débute par un rappel de l'actualité de la Pologne et de Varsovie à ce moment-là. De plus, les incursions de Teo dans la ville pour les besoins de l'enquête sont l'occasion pour l'auteur de raconter sa ville plus que de la décrire. C'est un véritable bain dans Varsovie, l'histoire et la culture polonaises, ce que j'ai apprécié.

 

L'enquête elle-même prend au fil des 400 et quelques pages une dimension historique : le meurtre d'un simple homme d'affaires dépasse le cadre familial et particulier pour atteindre l'Histoire, avec un grand H. Les années sombres de la Pologne communiste forment le cadre du roman, mais à un aucun moment l'auteur ne se perd dans des explications interminables qui pourraient nous perdre. Au contraire, il sait mettre au service de l'enquête les détails historiques fournis sans engluer la narration et l'avancée de l'intrigue.

 

Cette enquête tout entière tourne autour de questions posées aux techniques de psyschothérapie mises en oeuvre par le docteur Rudzki, adepte de la méthode de la constellation familiale. Je ne connaissais pas ce mode de fonctionnement qui semble à la fois fascinant et dangereux dans les conséquences qu'il engendre pour les personnages. Le procureur semble d'ailleurs sceptique et intrigué par ce que cette thérapie particulière pourrait lui apprendre sur lui-même.

 

En effet, Teo est un héros riche et complexe. Marié à une femme qu'il aime pourtant, il alterne entre des phases de désir et de mépris pour celle qui se laisse aller chez eux alors qu'elle se pomponne pour aller travailler, mais il est très conscient des failles de son jugement. Par ailleurs, il se laisse charmer par Monika, une jeune journaliste qui lui renvoie une image flatteuse de lui-même, et ne sait mettre un terme à un flirt qui lui complique la vie en même temps qu'il semble le libérer.

 

Pour résumer, donc, Les Impliqués est un policier fort bien documenté, qui sait faire la part belle à l'histoire de la Pologne sans perdre de vue une enquête minutieuse (le coup de la broche à rôtir, brrrr !), et dont le héros, Teo Szacki, se révèle être un homme à la fois réfléchi et humain.


L'auteur a d'ores et déjà écrit le volume 2 des enquêtes de Teo, que Mirobole publiera en 2015 : je dis oui !

 

Merci aux éditions Mirobole pour leur confiance !

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:15

Dernier rejeton d'une mère qui en a déjà trop, la petite Maria est un beau jour vendue à une femme du village, veuve sans enfant. "Fill'e anima", c'est ainsi qu'on l'appelle désormais. Maria va donc grandir et se sentir aimée par Tzia Bonnaria Urrai, la couturière. Mais Tzia cache un secret : lorsqu'au village un malade est en souffrance ou en fin de vie, c'est elle qu'on sollicite pour mettre fin aux douleurs évitables. Elle est l'accabadora. Or, c'est là un talent que Tzia garde bien caché et dont personne ne parle de peur de s'attirer sa colère. Alors, quand Maria, jeune fille, découvre le lourd fardeau que porte Tzia, c'est l'incompréhension.

 

accabadora.jpg

 

Il est de ces romans qui vous entraînent malgré vous dans un autre monde, un autre temps. C'est comme cela qu'Accabadora a fonctionné avec moi, comme si j'avais été envoûtée à mon tour par la puissante "magie" de Tzia.

J'ai retrouvé chez Michela Murgia la même atmosphère que chez Gabriel Garcia Marquez dans Chronique d'une mort annoncée, mais cette fois en Sicile et non en Colombie. Si, chez Gabriel Garcia Marquez, la mort à venir est inévitable mais que personne ne veut rien voir, que les rues sont marquées par la touffeur d'une chaleur lourde, qui pèse sur chacun comme une chape de plomb, chez Michela Murgia, tout le village sicilien vit au rythme cadencé par l'accabadora, qui accorde ou non le repos aux malades ou aux hommes fatigués d'avoir trop vécus. Certaines de ces décisions s'avèrent bien difficiles à prendre, notamment lorsque celui qui souffre est un tout jeune homme : "comme les yeux de la chouette, certaines pensées ne supportent pas la lumière du jour. Elles ne peuvent naître que la nuit où, exerçant la même fonction que la lune, elles meuvent des marées de sens dans un invisible ailleurs de l'âme."

 

Ainsi, contrairement à la majorité des villageois qui ne voient en Tzia qu'une de ces vieilles femmes vêtues de noir qui hantent les rues siciliennes, Tzia se révèle dans toute son humanité, et l'auteur nous la dépeint jeune et amoureuse dans un portrait qui nous rappelle bien sûr celui de Maria. Mais la guerre va bientôt sonner le glas de l'innocence de Tzia : "A vingt ans, Bonaria avait assez vécu pour savoir que le "héros" constitue le masculin singulier du mot "veuves", et pourtant elle aimait s'imaginer mariée quand, allongée sur l'herbe, sous les pins, elle serrait sur sa poitrine la tête bouclée de Raffaele Zincu." Jamais son amant ne reviendra du front, sans que Tzia ne sache s'il est mort ou s'il a déserté. C'est peut-être là la raison de son "assèchement", elle qui a tant aimé et qui se retrouve trop tôt toute seule.

 

L'arrivée dans sa vie de la petite Maria se fait sans fanfare, mais plutôt comme si telle avait toujours été sa place. La première fois que Tzia voit Maria est à la fois touchante et dure, car Maria accompagne sa mère et ses soeurs au magasin d'alimentation et personne ne fait attention à elle : "La vieille couturière fut la seule à remarquer qu'une poignée de cerises noires d'Aritzo quittait le panier pour les replis de la petite robe de Maria, pour le secret d'une poche blanche. Ni honte ni conscience ne se peignit sur ce visage enfantin, à croire que l'absence de jugement était le juste contre-poids de son invisibilité déclarée. Comme les êtres, les fautes n'existent qu'à l'instant où d'autres s'en aperçoivent." Tzia comprend alors que Maria, que sa mère voudrait n'avoir jamais eue, mérite mieux que ce triste sort et lui offre une nouvelle naissance, une nouvelle vie auprès d'elle, qui vaudra bien plus que "l'avortement rétroactif" par lequel sa mère s'en débarrasse.

 

Je dois avouer que les parties consacrées à Maria, et notamment celle sur le continent, m'ont moins passionnée que celles sur Tzia, qui m'ont aussi rappelé les portraits de femme dessinés par Goliarda Sapienza dans L'Art de la joie. Mais l'accabadora risque d'être longtemps gravée dans mon esprit.

 

Une première lecture en lice pour le Prix du Meilleur Roman Points !

Rendez-vous sur http://www.lecerclepoints.com/ pour retrouver les avis de mes co-jurés !

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 15:02

Vedette du grand écran aujourd'hui octogénaire, Mad s'est retirée en Cornouailles où elle vit en compagnie d'Emma, sa petite-fille, et de six jeunes garçons âgés de trois à dix-huit ans, qu'elle a tous adoptés. Loin de couler des jours paisibles, Mad est une excentrique qui n'a pas sa langue dans sa poche, ni ses deux pieds dans le même sabot ! Aussi, quand un navire rempli de Marines vient aborder dans la baie sous prétexte d'un traité unissant l'Angleterre aux Etats-Unis, elle décide d'entrer en résistance, entraînant avec elle tous ses garçons et les hommes du voisinage, au grand désespoir d'Emma.

 

anglais-20120805_222148.jpg

 

Si Mad est la figure de proue de ce roman, c'est bien Emma qui en est le coeur : jeune fille âgée de vingt ans, elle aime profondément sa grand-mère originale et les garçons qu'elle surveille et éduque également. On la sent tout particulièrement liée à Joe, le plus grand, qui gère les travaux domestiques. Pourtant, l'arrivée des Américains, et plus précisément du lieutenant Sherman, sème le trouble dans son coeur : faut-il rester sage et envisager l'avenir avec Joe, si brave mais peu instruit, et qui l'aime de tout son coeur, ou se laisser aller au goût du risque avec Wally Sherman, qui apporte avec lui son lot de dépaysement ? Telle est la question centrale qui préoccupe Emma... et qui trouvera réponse de manière fort brutale et trop peu subtile à mon goût.

 

Mais les soucis d'Emma viennent aussi des garçons restants qui, au contact de Mad, ont perdu le sens commun de la mesure... ou ne l'ont jamais acquis. Le point de non-retour est atteint avec la mort du caporal Wagg, jeune Marine abattu d'une flèche en plein front par le petit Andy, qui semble ne pas avoir bien saisi la frontière entre le jeu et la réalité. Cet accident a été pour moi l'un des éléments les moins convaincants du roman : difficile de croire qu'aucun des adultes mis dans la confidence ne s'affole ou ne réagisse ! Pire encore, tous marchent de front pour dissimuler le cadavre, sans sermonner Andy tout fier d'avoir tué son premier "gibier". Si, dans un film d'horreur, le tout pourrait me divertir, ici tout cela me rebute un peu...

 

Pourtant, il faut reconnaître que Mad a de quoi surprendre. "Mad", ce n'est pas que le diminutif de "Madame", c'est aussi l'adjectif qui s'applique tant à Madame qu'à la situation ubuesque dans laquelle Daphné du Maurier plonge ses personnages. Bien loin de Rebecca et de   L'Auberge de la Jamaïque, le roman pourrait s'apparenter à de la science-fiction, dans le domaine de l'anticipation. Dans le contexte de l'Angleterre au dernier quart du XXème siècle, l'Angleterre qui connaît des difficultés économiques signe un traité commun avec les Etats-Unis, bénéficiant de sa force militaire, politique et financière. Mais ce qui ne devait au départ qu'être un accord de coalition se transforme bientôt en une véritable occupation de terrain, où les autochtones sont rationnés, privés de leur liberté de circulation et d'expression. L'Angleterre n'est plus vouée qu'à devenir le parc d'attraction grandeur nature des Etats-Unis !

 

Plus qu'un simple roman destiné à divertir des lectrices aimant les romances, Mad propose donc une amorce de réflexion à un problème politique qui, s'il reste du domaine de la fiction, n'en est pas moins présenté de manière plausible. Voilà qui conforte mon idée selon laquelle Daphné du Maurier, qui nous offre ici un roman complexe, est bien loin du domaine de la sous-littérature (comme ma maman* se l'est entendu dire dans les années 70 par une professeur en plein aveuglement !)

 

Et à part ça, jsuis bien contente d'être de retour !

 

*Bisous maman !


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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 20:13

Lara a tout d'une ado parmi tant d'autres : amoureuse du mec le plus canon du lycée, et accessoirement un des meilleurs sportifs de l'équipe de homeball, elle ne supporte pas sa soeur qui le lui rend bien. A ceci près que, lorsque sa soeur tente de la noyer au fond du lagon de leur île perdue dans un coin mal connu du globe, Lara se voit ouvrir les portes d'un monde souterrain insoupçonné, celui des Ecriveurs. Initiée par son mentor, Will, Lara s'entraîne désormais, à son plus grand étonnement, à gérer, guider, aiguiller la vie de personnes diverses et éparpillées sur la planète...

 

Les-Ecriveurs.jpg

 

Frédéric Mars a plus d'une corde à son arc : il nous avait déjà ravis avec  Non Stop, un policier haletant dans lequel les victimes devenaient armes de destruction ; voilà qu'il nous régale avec un ouvrage totalement différent mais tout aussi prenant, Les Ecriveurs ! Moi qui commence à prendre goût à la littérature jeunesse, je suis servie !

 

Lara m'a été d'emblée éminement sympathique : l'auteur évite avec elle tous les clichés du genre ; on est bien loin d'une héroîne écervelée, niaise ou peu dégourdie ! Lara n'a pas la langue dans sa poche et n'hésite pas à prendre des initiatives dans un monde qu'elle connaît pourtant peu, voire pas du tout ! D'ailleurs, elle va faire trembler son mentor plus d'une fois... Seule sa particularité dans la graphie ne m'a pas vraiment convaincue, d'autant que le système, s'il est maîtrisé par Lara, m'a semblé bien rébarbatif.


Quant au sujet, quelle idée ! Si je n'avais jamais imaginé ma propre vie écrite par d'autres, comme le sous-entend "l'avertissement aux lecteurs sensibles (c'est-à-dire... à tous)" écrit par Lara elle-même, je vous avoue que je m'imagine désormais bien en écriveuse ! Le mythe du démiurge n'est pas loin, et l'intrigue prend de l'ampleur lorsque l'on comprend que Lara risque d'être prise pour cible par une vaste organisation fort louche, et à propos de laquelle il n'est pas difficile de penser qu'elle va essayer de contrôler les vies de manière bien moins éthique que ce qui est enseigné dans le Hometone souterrain !


Voilà donc un roman d'apprentissage version fantasy ; qu'en dire de plus, à part : "La suite, la suite !" ? Croisons les doigts pour que l'auteur poursuive sur sa lancée, en inventant une suite à la fois surprenante et haletante !

 

D'autres avis chez Stephie, Heclea, Lael, L'Irrégulière et Nelfe (je n'ai lu que le premier Harry Potter, alors je n'ai pas été frappée !).

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 16:28

Alors qu'il rentre tout juste d'Afrique, après quelques mois d'absence, Nathaniel Wildenstern découvre le manoir familial secoué par un drame : son frère Marcus, héritier supposé de la fortune Wildenstern, a trouvé la mort dans un accident d'escalade. Enfin, ça, c'est la version officielle : de par leur extraordinaire vitalité physique qui leur accorde une grande longévité, les hommes de la famille sont autorisés à attenter à la vie de leurs proches pour accéder plus vite au statut de patriarche. Nate soupçonne donc rapidement que Marcus a été assassiné. Le problème, c'est que la famille le soupçonne, lui, d'être l'assassin ! Nate va donc devoir prouver son innoncence en rétablissant la vérité. C'était sans compter la terrible explosion qui retentit lors des funérailles de Marcus, et les ancêtres qui reviennent à la vie...

 

voracesd.gif

 

Grâce aux copines, blogueuses ou pas, je m'améliore en littérature jeunesse... Et surtout, j'ai la chance de ne tomber que sur de bons livres ! J'avais déjà rencontré  Apolline et  Nobody, voici maintenant Nate ! La couverture, avec son personnage steampunk à souhait, avait déjà de quoi me séduire ! Après lecture, je me demande quel personnage elle représente : un mélange de Nate et de son cousin Gérald, peut-être, et donc heureux mélange d'aventurier et de savant.

 

Le point de départ de l'intrigue n'a rien de véritablement original : un jeune garçon décide d'enquêter sur la mort prétendue accidentelle de son frère afin de s'en dédouaner, lui qui est accusé à tort. Là où Oisin McGann frappe fort, selon moi, c'est qu'il apporte à l'histoire trois éléments intelligents et qui aident à porter le roman : dans un premier temps, le pouvoir très particulier des membres de la famille Wildenstern fascine. Les corps sont capables d'être régénérés par l'or, faculté désignée par la locution latine aurea sanitas. Ainsi, les combats prennent du relief et on assiste à des événements paranormaux qui feraient frissonner de plaisir Pierre Bellemare.

Ensuite, les animaux ont la particularité d'être mécaniques. Portant le nom de mécanimaux, ils sont dotés de capacités physiques souvent hors normes ; parfois, ils sont simplement utiles, comme la petite bestiole grille-pain ! Mon seul regret à leur sujet consiste en leur sous-exploitation dans l'oeuvre, puisqu'ils n'y occupent que le rôle d'adjuvants de second plan.

Enfin, j'ai apprécié de voir la place que réserve l'auteur à ses personnages féminins, malgré la misogynie des hommes Wildenstern, qui ne permettent aux femmes que d'avoir le statut d'épouse. Loin de s'en contenter, Mélancolia (alias Daisy) et Tatiana sont deux jeunes femmes ambitieuses et indépendantes, ou en tout cas en bonne voie !

 

J'ai été charmée du début à la fin, et le beau Nate n'y est sûrement pas étranger ! Et puisqu'il s'agit d'une trilogie, je n'ai pas l'intention d'en rester là !

 

Hérisson et Tiphanya ont toutes les deux beaucoup aimé, elles aussi !

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 19:16

A la mort de Jon Arryn, son plus proche conseiller, sa "Main" selon la fonction officielle, le roi Robert Baratheon se tourne vers sont plus vieil ami, Ned Stark, pour lui demander d'endosser à son tour cette responsabilité. Les deux hommes ont toujours été liés : Robert avait d'ailleurs été l'époux de la soeur de Ned avant que celle-ci ne meurre prématurément, assassinée par Rhaegar Targaryen, un prince ennemi dont Robert tirera vengeance. Depuis, le roi est marié à Cersei Lannister, une femme hautaine et qui n'a d'yeux que pour son propre clan, à commencer par son frère jumeau Jaime. Ned Stark juge d'ailleurs l'entourage du roi trop étouffant et s'en méfie personnellement.

D'ailleurs, une missive arrive bientôt chez les Star : Jon Arryn aurait été assassiné... Ned Stark devrait redoubler de prudence, mais il est de son devoir de protéger le roi, peut-être au détriment de sa propre sécurité...

 

integrale1.jpg

Houuuu, la belle couverture avec Sean Bean !

 

Jamais, ô grand jamais, je n'aurais eu le courage de m'embarquer dans cette lecture si L'Insomaniaque ne m'avait pas charmée à grands coups de série. Il faut dire qu'en terme de séries de qualité, tant question décors que costumes et casting, HBO sont les maîtres du jeu. Pendant l'été 2010, j'ai donc vu une première fois la série, puis une deuxième... et une troisième, décidant à mon tour de faire des émules au passage. Mais dix épisodes d'une heure, même revus trois fois, c'est peu, et me voilà plongée dans les bouquins, histoire de connaître la suite !

 

Ce premier volume de l'intégrale correspond à la première saison de la série. Riche en émotions, il fourmille surtout d'une profusion de personnages qu'il est parfois difficile, au début, de mémoriser avec précision ! Ces personnages, hommes et femmes, enfants et... loups, sont divisés en clans, souvent davantage rivaux qu'alliés. Serments d'allégeance, joutes, conseils de guerre, sièges, fortifications... les références au Moyen Âge sont légion, et le style médiévisant voulu par le traducteur participe de cette atmosphère. Si vous vous attendiez alors à trouver des preuves d'amour courtois, vous allez être déçus : seul le couple Ned Stark/Catelyn Tully semble lié par un véritable amour né au fil de leur mariage ; ailleurs, trahisons et violence sont le lot quotidien des époux.

D'emblée, c'est le couple Drogo/Daënerys qui peut choquer : mariez un cavalier débordant de virilité, qui vit cheval et pense cheval depuis sa plus tendre enfance et occupe ses loisirs à piller et violer, à une frèle jeune fille diaphane, à peine nubile et qui ne comprend pas le mondre borborygme de son époux, et voyez le résultat ! Pourtant, c'est bien Drogo qui aura eu durant ce volume ma préférence de lectrice en mal de mâle dans ses dernières lectures (et l'acteur qui incarne Drogo dans la série n'est pas étranger à ce coup de foudre !), et c'est Daënerys qui se verra offrir la plus belle progression au sein de ce petit millier de pages : elle devrait se révéler au prochain volume !

 

Enfin, pour bien faire prendre la mayonnaise, ajoutez à cela la perspective d'un hiver qui devrait bientôt se lever pour durer des années et être accompagné du retour chez les vivants de morts qu'on croyait justement morts, et vous obtenez le très, très bon Game Of Thrones. On en veut encore !

 

Bientôt, le volume 2 en lecture commune avec que des filles bien !

Cette fois, j'irai plus avant dans l'intrigue, mais les amateurs de GOT (pour les intimes) savent bien à quel point il est difficile de résumer en quelques lignes le "pitch" de ces volumes...

Et si la photo de mon livre tout martyrisé d'avoir été traîné avec moi pendant deux semaines vaille que vaille pourrait vous convaincre de vous y mettre, je préfère quand même vous coller du Drogo. Miam.

 

drogodaenerys.jpg

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 21:11

Alors que les Etats-Unis s'apprêtent à commémorer l'anniversaire tragique de l'effondrement des tours jumelles du World Trade Center onze ans plus tôt, les villes majeures du pays sont secouées par une vague d'explosions visiblement orchestrées par des kamikazes. Pourtant, grâce aux caméras de vidéosurveillance qui enregistrent par hasard certaines de ces actions apparemment isolées, les enquêteurs découvrent bientôt que les porteurs de bombes ne sont eux aussi que des victimes : tous sont équipés de pacemakers récents, trafiqués pour commander leur explosion à distance ou, plus machiavélique encore, si leur propriétaire s'arrête de marcher plus d'une dizaine de secondes... Comment juguler les centaines de milliers d'explosions possibles afin d'éviter une nouvelle tragédie ? Qui est à la tête d'une machination de si grande ampleur, réfléchie à si long terme ? Le président Stanley Cooper et son équipe, retranchés dans leur bunker de sécurité et aidés sur le terrain par les ex-amants flics Sam Pollack et Liz Mc Geary, vont devoir apporter la réponse la plus rapide possible à ces deux questions, d'autant que la fille de Sam compte parmi les marcheurs...

 

nonstop.jpg

 

Non Stop est un thriller français qui devrait faire parler de lui : premier thriller destiné à des lecteurs de tous âges publié chez Black Moon, une maison jusque-là spécialisée dans la littérature adolescente, il dispose d'absolument tous les ingrédients nécessaires pour faire monter la mayonnaise saveur thriller-que-vous-ne-pouvez-pas-lâcher.

 

Fondée sur une base strictement réelle, l'intrigue rappelle forcément aux lecteurs les tristes heures du 11 septembre 2001, date à laquelle d'aucuns ont pu croire (et moi compris, du haut de mes quinze ans de l'époque) que l'on vivait en direct l'événement déclencheur du troisième conflit d'ordre mondial. Le roman s'ouvre à quelques heures de l'inauguration de la Tour de la Liberté, dont on pourrait justement croire qu'elle marquera la fin d'une période trouble. C'est pourquoi les multiples attaques perpétrées en quelques heures à peine sur l'ensemble du territoire nord-américain viendra au contraire replonger le pays dans un climat de paranoïa et de méfiance à outrance de chacun envers ses concitoyens.

 

Le sort de ces "marcheurs", qui n'ont pour tort que celui d'avoir eu besoin d'un pacemaker, est particulièrement émouvant : seuls contre tous, ils doivent lutter contre la fatigue et se préserver de la folie des gens qui, ne voulant pas être des victimes collatérales, les harcèlent et pourchassent pour qu'ils s'enfuient au loin. Problème : la route des victimes est déjà toute tracée et chacun doit se rendre en un lieu bien précis... Vous serez vous aussi entraînés en pleine tourmente en compatissant à leur sort ! La détresse du père, Sam, qui ne peut rien faire à sa propre échelle pour sauver sa fille et ne peut qu'essayer de lui éviter tout arrêt fatal, est terriblement émouvante.


Il est inutile que je vous précise que cette lecture a été particulièrement prenante et qu'en parallèle de l'intrigue, qui ne se déroule que sur quelques jours à peine, j'ai eu l'impression de lire et de frémir à un rythme effréné !

 

Merci aux éditions Black Moon pour ce thriller si bien "ciblé" !

 

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Et pour fêter la sortie (et le succès annoncé !) de ce premier thriller, la maison BlackMoon s'associe à moi pour vous proposer de gagner trois livres en ces lieux ! Pour ce faire, rien de plus simple : il vous suffit de laisser un commentaire à la suite de cet article ! Vous avez jusqu'au 6 novembre inclus ! Je tirerai ensuite au sort le nom des trois heureux gagnants !

 

Pour obtenir une chance supplémentaire lors de ce tirage au sort, je vous invite à devenir fan de la page Facebook consacrée à cet ouvrage à paraître début novembre : vous pourrez y participer à un autre concours pour tenter de gagner un des dix livres mis en jeu, mais aussi un Ipad 2 ! Précisez-le-moi dans votre commentaire le cas échéant !

 

Bonne chance !


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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 10:48

Spérance, une jeune fille d'une vingtaine d'années, est Guide. Dans la Quête destinée à retrouver l'Etoile du Matin, elle entraîne ses quatre compagnons toujours plus loin, en s'attachant à toujours faire briller la flamme de leur croyance grâce à des discours marqués du sceau de son Initiation de guide. L'Etoile du Matin, épée légendaire perdue par Galaad, est censée faire revenir la lumière en leurs terres obscures, au sens propre comme au figuré : cela fait des dizaines d'années que le soleil ne s'est pas levé en terre d'Auristelle et que l'Occidan Noir fait régner la terreur. Mais la Quête ne se déroule pas sans heurts : Spérance doit bientôt composer avec la jalousie d'Astasie, qui veut prendre la place de Guide, et l'attirance qu'elle éprouve pour Vaast alors que toute relation amoureuse lui est interdite. Par ailleurs, d'autres Quêteurs vont se révéler être des traîtres...

 

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Le titre s'explique par cette phrase, tirée par l'auteur de l'Apocalypse de Jean, XXII, 15-16 : "Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres. Moi, Jésus, je suis l'étoile brillante du matin." L'arrière-plan biblique a suscité mon intérêt : lié à la mention de Galaad, la mayonnaise a pris avec succès.

 

Si j'ai eu tendance à veillir en esprit les Quêteurs, le groupe formé de Spérance, Vaast, Astasie, Lièpre et Cyférien fonctionne très bien : tous se complètent et jouent un rôle bien précis au sein de leur mission. Le premier chapitre, qui s'ouvre sur une scène de torture des Quêteurs sur un lettré de l'Occidan noir nous prouve d'emblée que les Quêteurs possèdent en eux un côté obscur qui se révélera au fur et à mesure du livre. Le volte-face de Cyférien en est d'autant plus spectaculaire à partir du moment où ils rejoignent Auristelle.

Le cadre du roman n'est pas sans rappeler notre Moyen Âge : on retrouvera également des coutumes ou des actes propres à cette période. Les moines quêteurs, plus ou moins corrompus, ont eu parfois tendance à me faire penser à ceux du Nom de la rose !

L'ensemble, très sombre et violent, m'a convaincue du début à la fin : il se focalise davantage, à mon sens, sur les relations amour/haine entre les hommes, plutôt que sur l'objet même de la Quête. D'ailleurs, j'attendais plutôt la fin pour voir ce qu'il adviendrait de Spérance et Vaast...

 

Voilà un livre que j'avais gagné chez Val à l'occasion des 10 ans de Folio SF. Devrais-je m'inquiéter de ce goût grandissant pour la fantasy ? En tout cas, c'est une nouvelle étape du challenge de Craklou, qui se termine ce mois-ci !

 

Fantasypourlesnuls

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Published by Neph - dans M
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