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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 21:44

Renvoyé de son dernier poste d'enseignant après avoir violenté un élève, sous le coup de l'alcool, Jack Torrance a désespérément besoin de ce poste de gardien à l'hôtel Overlook, en pleine montagne. Son fils, le petit Danny, a pourtant l'intuition que cet hôtel est un lieu néfaste : même s'il ne sait expliquer clairement ce qu'il ressent et ce qu'il voit, de peur d'inquiéter ses parents, Danny sait que cet hôtel va se révéler nuisible pour la paix familiale. En effet, après quelques semaines d'isolement à l'hôtel en plein hiver, Jack Torrance devient comme fou, possédé par l'esprit des lieux, et se prépare à tuer son fils, pour répondre aux injonctions de l'hôtel et de ses maléfiques habitants. 

 

shining.jpg

 

Quel monument que ce Shining ! A l'idée de lire la suite, Docteur Sleep, dont Stephen King venait faire le week-end dernier la promo à Paris, il fallait absolument que je me replonge dans l'original ! Et  Khadi l'a lu aussi, pour l'occasion !

 

Pour avoir revu aussi le film de Kubrick, dont est extraite la photo en couverture et librement adapté du livre de King, je dois avouer qu'il a terriblement vieilli, et que seul le génialissime Jack Nicholson sauve ce film aux choix discutables (et film qui n'avait d'ailleurs pas convaincu Stephen King) en interprétant un Jack Torrance plus que convaincant et effrayant.

 

Ce que j'ai apprécié dans le livre, et qu'on ne retrouve justement pas assez à mon goût dans le film, c'est que King installe dans les premiers chapitres la vie de famille des Torrance, aimante et stable, malgré quelques mauvaises passes causées par l'alcoolisme de Jack. La dérive de Jack à l'hôtel Overlook est d'autant plus terrible quand on constate l'attachement qu'il témoignait à son fils en début d'oeuvre. Par ailleurs, le personnage de Wendy est éminement attachant dans le livre, tandis qu'elle est juste extrêmement agaçante dans le film (et qu'on comprend que Jack ait envie de s'en débarrasser).

 

L'hôtel Overlook est définitivement un endroit dans lequel il ne ferait pas bon aller passer un petit week-end : haut lieu des activités mafieuses dans les années folles, il reste hanté par l'esprit de ses illustres locataires, qui vont apparaître plus ou moins rapidement aux trois membres de la famille Torrance et entraîner Jack à tenter de commettre l'irréparable. King fait oeuvre de génie en nous présentant un personnage pourtant intelligent, d'apparence sain et réfléchi, qui va se laisser prendre au piège par l'hôtel.

 

Ces passages, dans lesquels on sent l'hôtel se réveiller et plonger Jack Torrance dans un univers parallèle, sont ceux qui m'ont le plus glacé le sang. Le passage des animaux en buis qui s'animent à leur tour vaut aussi son pesant de cacahuètes. Oui, on frissonne toujours en 2013 en (re)lisant Shining !

 

Le don de Danny m'a à nouveau fascinée, pas tant dans sa faculté à avoir des visions et des flashs faisant renaître le passé, mais dans sa manière de communiquer avec Dick Halloran, le gardien de l'hôtel lui aussi porteur du Don. Quelle attente interminable, quand Danny appelle Halloran au secours !

 

Cette relecture, que j'appréhendais un peu de peur de briser la magie qui entourait mes souvenirs d'ado, m'a absolument ravie, et j'y ai retrouvé tout ce que j'aime décidément chez Stephen King, notamment dans sa manière de raconter comment la vie d'Américains moyens se retrouve bouleversée irrémédiablement par l'horreur surnaturelle qui débarque dans leur vie. C'est ce que j'aime aussi dans Salem, dans Bazaar, dans le premier Dome...

 

Quand je pense qu'Emma voudrait qu'on relise Ca, mon préféré parmi tous les autres, j'espère pour le coup ne pas casser mes souvenirs absolument enchantés et terrifiés de cette folle lecture !

 

Et pour retrouver tous les autres King chroniqués sur ce blog, c'est par ici !

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 01:00

La mort accidentelle et brutale de son épouse laisse l'écrivain Mike Noonan complètement démuni : pendant plusieurs années, il ne peut plus écrire et sa carrière semble toucher inévitablement à sa fin. De plus, alors qu'ils essayaient d'avoir un enfant depuis longtemps, Mike apprend que sa femme était enceinte à sa mort. Il décide alors d'aller se réfugier dans leur maison secondaire auprès d'un lac, pour réfléchir et tâcher de se reprendre en main.

Il rencontre dans son voisinage la petite Kyra, qu'il sauve d'un accident certain, et sa maman Mattie, une très jeune veuve à laquelle il s'attache. Mais le beau-père de Mattie, qui veut la garde de sa petite-fille, ne leur laisse aucun répit et les traîne en justice.

Par ailleurs, Mike fait dans sa maison l'expérience de phénomènes effrayants et hors du commun qui lui laissent à penser que des esprits, pas forcément bienveillants, hantent les lieux.


 

sacdos.jpg

 

Après avoir lu  Blaze, en début d'été, j'avais envie de renouer avec un "vrai" Stephen King comme je les aime : d'une longueur certaine (726 pages ici) et effrayant à souhait. Bingo !

 

Le livre commence par ce que certains pourront considérer comme des longueurs, mais qui constitue ce que j'aime beaucoup chez l'auteur, c'est-à-dire la mise en place du décor et une présentation très intime des personnages : Mike, le narrateur, s'étend sur la vie qu'il mène à la mort de son épouse Jo. Veuf à 36 ans, Mike est entouré de la famille de Jo, mais il s'en éloigne pour se retirer dans leur grand chalet, au lieu-dit Sara Laughs. On apprend qu'une grande famille d'artistes et de chanteurs noirs, les Red-Top Boys, menés par Sara Tidwell, s'est installée il y a une cinquantaine d'années.

 

Ce qui pourrait n'être qu'une anecdote va se révéler être le point de départ de l'intrigue et surtout des phénomènes terrifiants dont Mike sera la victime : cauchemars interminables et extrêmement perturbants, cris et pleurs inexplicables dans la nuit d'une maison vide, magnets alphabet qui se mettent à former des mots sur le frigo, etc. Sara et sa bande ne sont pas partis d'eux-mêmes, mais ils ont été harcelés et pris pour cible par le racisme ambiant véhiculé par les autochtones de l'époque, et Sara hante les lieux pour réclamer vengeance...

 

J'étais loin de faire la maline en lisant ce livre en pleine nuit ! J'ai eu le plaisir et le frisson de retrouver les mêmes sensations que lors de mes premières lectures adolescentes de Stephen King... à croire qu'à l'époque, j'avais le coeur mieux accroché ! Outre les passages terrifiants dont King a le secret, j'ai aimé voir la communication télépathique entre Mike et Kyra, communication dont King a l'habitude et qu'il attribue souvent à des personnages en état de stress et d'angoisse intense. Encore une fois, le Maine offre à Stephen King le décor fantastique, au sens littéraire du terme, d'une intrigue dense.

 

Je ne crois pas que j'avais déjà lu ce livre auparavant, mais ce fut une lecture riche en émotions !

 

Les avis de Shanaa, Tigger Lilly, Lonewolf.

 

Et les autres Stephen King chroniqués sur le blog sont ici :

Blaze, Stephen King (alias Richard Bachman)

Carrie, Stephen King

La Cadillac de Dolan, Stephen King

Dolores Claiborne, Stephen King

Dôme 1, Stephen King

Misery, Stephen King

La Petite Fille qui aimait Tom Gordon, Stephen King

Le Pistolero (La Tour sombre, tome 1), Stephen King

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 15:51

Escroc à la petite semaine, Blaze suit les conseils de son ami George, plus ambitieux que lui. Enlever le nouveau né des richissimes Gerard, c'est forcément une idée de George ! Blaze va s'y lancer à corps perdu. Ce qui n'était pas prévu, c'est l'attachement progressif que Blaze va ressentir pour le bébé, au point de vouloir s'enfuir avec lui pour l'élever.

 

americains-1639.JPG(Premier livre des vacances, entamé dans le train et terminé dans l'avion !)

 

Cela faisait fort longtemps que je n'avais pris le temps de me plonger dans un Stephen King. C'est chose faite, avec un titre encore inédit dans mes étagères.

 

Très StephenKing-esque, quand même, on lira dans ce livre des passages de flash-back qui permettent de découvrir les jeunes années de Blaze : comme souvent chez King, l'enfance est le temps de la violence paternelle et des souffrances infligées par d'autres, camarades plus grands ou professeurs injustes. Il est particulièrement terrible de constater que le jeune garçon avait tout pour réussir, et que les coups de son père l'ont brisé aussi bien physiquement, lui laissant un creux énorme au front, que mentalement en freinant des capacités intellectuelles au départ brillantes.

On constate aussi avec douleur que le destin s'acharne sur Blaze puisque le seul homme capable de mettre fin aux années de pensionnat et de mauvais traitements, et qui propose à Blaze de lui enseigner un métier, meurt presque instantanément après avoir fait cette démarche. Ce sera la fin du seul bel été de l'adolescence de Blaze, qui dès lors se retrouve la proie facile et malléable de petits escrocs l'utilisant pour leurs magouilles.

 

George est l'un d'eux, et sa présence dans le roman reste très énigmatique, puisqu'on ne saura jamais vraiment s'il est réellement aux côtés de Blaze : George est censé être mort ! Ainsi, Blaze entend probablement une voix, sorte de démon intérieur avec lequel il est aux prises, tentant toujours d'échapper à ses mauvais instincts.

Ainsi, le bébé qui devait au départ n'être qu'un moyen de gagner de l'argent devient très vite aux yeux de Blaze un moyen de s'amender et de réparer tout ce que lui-même n'a pas eu la chance de connaître étant enfant : il veut l'élever comme son propre fils. Sa démarche est touchante, et si l'on ne frissonne pas de peur en lisant cette oeuvre de Stephen King, on ne peut que ressentir de la compassion pour ce garçon abîmé par la vie.

 

J'ai comme ouvert la boîte de Pandore avec ce roman de King... Je finis à l'instant Sac d'Os, du même auteur, autrement plus terrifiant ! Je vous en parle bientôt.

En attendant, vous retrouverez les autres titres du maître chroniqués en ces lieux en cliquant ici !

 


 


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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 20:12

Alors que la journée s'annonçait tout à fait banale à Chester's Mill, petite bourgade du Maine, un événement hors du commun survient : un dôme gigantesque vient recouvrir la ville et l'isole du reste du monde. L'apparition soudaine du dôme cause la mort immédiate de dizaines d'oiseaux qui s'y écrasent en volant, ainsi que celle de plusieurs habitants qui quittaient la ville ou y rentraient, aussi bien en voiture qu'en tracteur ou même en planeur. La barrière entre Chester's Mill et le reste du monde devient vite le sujet de préoccupation n°1 du gouvernement, qui envoie ses meilleurs forces armées pour en venir à bout de quleque manière que ce soit. A Chester's Mill, l'angoisse monte petit à petit, à mesure que les réserves de gaz et de vivres s'épuisent sans que les habitants puissent être ravitaillés par l'extérieur. Les rancoeurs s'attisent et le ton monte...

 


dôme 1A noter : cet ouvrage possède une deuxième partie, d'ores et déjà publiée chez Albin Michel.

On voit sur la couverture la deuxième moitié de la coupole !

 

Alléluia, mes amis ! Dôme 1, en plus de m'avoir sorti de la panne de lecture grandissante dans laquelle j'étais empêtrée depuis deux semaines, marque le retour du Stephen King dont les ouvrages terrifiants ont hanté mes nuits adolescentes et qui m'avait donné l'envie de lui consacrer un challenge l'an dernier. Finies les mièvreries de ces dernières années ; Dôme 1 instille en vous un sentiment de malaise qui égale celui ressenti à la lecture de Bazaar, par exemple.

 

L'installation du dôme sur la ville donne le ton, dès les premiers chapitres : deux passagers d'un planeur s'écrasent dessus alors qu'ils profitaient justement de l'ensoleillement pour faire un tour ; une marmotte est coupée en deux lorsque le dôme la traverse, sectionnant en même temps le bras de Myra Evans qui jardinait... Le basculement de vies ordinaires dans le fantastique s'accompagne de faits inattendus, qui pourraient sembler ridicules dans l'absolu mais qui sont racontés avec un réalisme saisissant. La mort de Myra Evans dans les bras de son mari Jack en est un exemple des plus touchants, selon moi : Jack ne peut lâcher sa femme pour éteindre la radio qu'il écoutait pendant qu'elle jardinait et doit ainsi subir la mort de son épouse assis par terre dans sa cuisine, en tablier, le repas tombé à terre et la radio qui hurle dans ses oreilles... C'est à la fois triste et tellement prosaïque que l'on ne peut qu'être touché par ces descriptions. Je pense également au baiser qu'échangeront Brenda Perkins et Howie, sans savoir qu'il sera le dernier.

 

Comme souvent dans les King que je préfère, Dôme 1 nous donne à voir des personnages tout à fait ordinaires, souvent médiocres, en prise à des phénomènes qu'ils ne savent pas gérer et qui vont les conduire à commettre des actes violents. Ainsi, le deuxième conseiller de la ville, Jim Rennie profite de l'atmosphère inhabituelle et de la mort du chef de police pour prendre l'ascendant sur le premier conseiller et ainsi devenir l'homme fort de Chester's Mill. Jim Rennie, sous couvert d'une pratique religieuse assidue, est un manipulateur féroce et un homme d'affaires malhonnête. Son fils Junior est l'incarnation du mal absolu, handicapé par des migraines qu'il accuse d'être à l'origine de sa folie meutrière. La galerie des personnages secondaires est d'ailleurs très fouillée, qu'il s'agisse de Sammy ou des pseudo-flics engagés par Rennie pour faire régner la terreur.

On note également le retour d'un motif marquant des livres de Stephen King, à savoir les enfants possédés et la possession en général, à propos de laquelle on n'apprend que trop peu dans ce tome.

 

Au milieu du chaos qui règne à Chester's Mill, Dale Barbara, cuistot saisonnier et ancien capitaine d'armée en Irak, accompagné de la journaliste Julia Shumway et du petit génie Joe Mc Clatchey, essaie de découvrir la raison d'être de ce dôme et met au jour les délits commis par Rennie, qui va tout mettre en oeuvre pour faire porter le chapeau à Barbara...

 

A la fois fantastique, thriller et drame, Dôme 1 est un retour brillant et addictif du King que j'aimais, dans un pavé dévoré au même rythme que lorsque je découvrais l'auteur il y a dix ans. Nul doute que le tome 2 n'aura pas le temps de languir dans ma PAL !

 

Et vous, êtes-vous aussi dithyrambique et catégorique que moi ?

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 01:30

A dix-sept ans, c'est avec beaucoup de retard et pas moins d'effarement que Carrieta White découvre qu'elle vient d'avoir ses règles pour la première fois. Sanglotant dans les douches collectives du gymnase de son lycée, elle est tournée en ridicule par ses camarades, toutes plus cruelles les unes que les autres. Parmi elles toutefois, Sue Snell, prise de remords, décide de s'amender et demande à son petit ami, Tommy, de conduire Carrie au bal de fin d'année.

 

Carrie.jpg

 

Grâce au film qui en a été tiré, Carrie est peut-être l'un des King les plus connus. Avant d'être un film, voilà un roman qui, bien que court, instaure un climat étrange et nous met mal à l'aise.

 

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas à Castle Rock que se déroule l'histoire mais à Chamberlain, une petite ville dont on sait très vite qu'elle va être mise à mal par l'issue meurtrière de la vengeance de Carrie. L'histoire ne semble pas très originale, au départ : à dix-sept ans, Carrie a toujours été la tête de turc de ses camarades et va essayer de s'en détacher, voire de s'en venger. Là où Stephen King réussit le tour de force de rendre son histoire accrocheuse, c'est en démarrant son histoire par la scène terrible des douches, durant laquelle Carrie est livrée à la cruauté la plus vile, la plus primaire de ses camarades, sans pouvoir se défendre contre cette meute, sans savoir ce qui lui arrive. La position du lecteur devient délicate, entre la volonté de défendre cette ado maltraitée et l'étonnement mêlé de dégoût pour cette fille si empotée et qui semble si abêtie.

 

Les sentiments éprouvés pour Carrie restent ambivalents tout au long du livre, sans qu'on puisse totalement la défendre, la condamner ou tout simplement la comprendre, bien que l'on comprenne quand même qu'elle ressente l'envie de se défendre et de se venger. Le personnage de sa mère, Margaret White, constitue presque une excuse au comportement de Carrie : Margaret, croyante fondamentaliste, est convaincue du peché dans lequel baigne sa fille et n'a de cesse de vouloir la soustraire au monde et la punir pour la moindre bêtise que celle-ci aurait pu faire. Obligée de prier à de multiples reprises, battue et enfermée des heures durant dans un placard pour "réfléchir", le petite Carrie vit sous le regard d'un Christ en croix de plus d'un mètre de haut dans son salon. Carrie a une idée bien particulière de la justice du Christ, en laquelle elle commence par croire pour se venger : "Et est-ce que maman n'a pas dit qu'il y aurait un Jugement dernier (le nom de cette étoile sera détresse et ils seront flagellés avec des scorpions) et un ange armé d'un glaive ? Si seulement ça pouvait arriver aujourd'hui et si Jésus apparaissait non pas avec un agneau et une houlette de berger, mais avec un rocher dans chaque main pour écrabouiller les ricaneurs et les railleurs, tonner contre le mal, l'extirper, le détruire - un dieu terrible de justice et de colère. Et si seulement elle pouvait être Son glaive et Son bras."


Mais la vengeance de Carrie contre ceux qui l'ont offensée s'exercera non pas grâce à Dieu, mais grâce à des facultés mystérieuses qu'elle s'efforce de cultiver en cachette. En effet, Carrie est douée de télékinésie : prenant petit à petit confiance en elle, elle s'affirme devant sa mère et use de ses pouvoirs pour la tenir à distance. Le récit entier est enchevêtré de témoignages, d'études de spécialistes et de rapports sur ces phénomènes télécinétiques. Ceux-ci, parfois nombreux, ont tendance à étouffer les souvenirs des survivants du massacre final. Cet épisode-là est évidemment perturbant, se déroule à une vitesse folle et l'on ressent la panique qui s'empare de la ville. Par ailleurs, Carrie, qui était devenue étrangement belle, se révèle fascinante autant qu'inquiétante.

 

La lecture de Carrie a été rapide mais laisse des traces bien présentes à l'esprit. C'est également une étape de plus dans le  Challenge Stephen King !

 

challenge stephen king

 

Pour lire d'autres avis sur Carrie ou sur les autres livres du King de l'horreur, voyez le récapitulatif du challenge !




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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 01:30

Sa femme Elizabeth ayant été assassinée par un mafioso contre qui elle avait témoigné, le narrateur patiente sept années durant pour mettre sur pied un plan destiné à la venger sans devoir passer le restant de sa vie derrière les barreaux. Il décide de mettre au point un piège sur la route qu'emprunte à rythme régulier le malfrat : il creuse une trappe dans la chaussée, destinée à piéger la Cadillac de ce dénommé Dolan sans que celui-ci puisse s'en échapper. Mais le narrateur doit abattre un travail titanesque pour réussir.

 

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La Cadillac de Dolan est un Stephen King qui nous change de Stephen King. Ici, pas de clown dans les égouts, de fantômes dans un hôtel, de bête enragée ou de démons incarnés : le livre nous présente un homme simple, veuf d'une épouse décédée avant l'heure à cause de son témoignage contre un mafioso qu'elle avait pris en flagrant délit et qui s'est vengé. Le narrateur explique que la voix de sa femme s'élève souvent et l'appelle à venger à son tour sa mort. Il va donc épier Dolan et essayer de trouver une faille dans la vie de celui-ci, faille qu'il pourrait exploiter pour accomplir ce qu'il estime être un devoir envers sa femme. Au départ, sa démarche est compréhensible : on ne peut que compatir à la souffrance de cet homme qui pleure la mémoire de sa moitié et ne veut pas laisser son assassinat impuni.

 

C'est là que la machine se met en marche : une fois que le narrateur a trouvé comment il pourrait agir, il ne vit plus que pour cela. Il change de travail, renie son mode de vie précédent pour s'astreindre à une discipline stricte et sans relâche. Son projet est un travail de longue haleine et il semble ne pas pouvoir trouver le repos tant que son "oeuvre" ne sera pas accomplie. Il devient implacable : l'intérêt du livre réside dans l'accomplissement du projet, nécessaire à la fois pour la mémoire de la défunte et pour la préservation de la santé mentale et physique du personnage, que l'on voit changer au fur et à mesure du livre.

 

La Cadillac de Dolan est un livre court, qui met en lumière le machiavélisme et la détermination sans faille du personnage principal. Il pose question également : la vengeance est-elle réellement l'accomplissement d'une justice envers les victimes ?

 


dolan.jpgBientôt chroniquée, la version ciné, avec Christian Slater dans le rôle titre.

 

challenge stephen king


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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 20:39

Les lectures des oeuvres de Stephen King se suivent... et se ressemblent. Encore une fois, j'ai eu peur : mais comment ai-je pu lire tout ça à quinze ans sans être terrorisée ? Il faut croire que mon grand âge me rend peureuse ! Toujours est-il qu'en empathie avec l'héroïne, je tressautai au moindre bruit dans la maison.

 

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(Alerte à la couverture moche, même si elle est plutôt récente et que les éditions J'ai Lu sont d'habitude championnes en ce qui concerne les King...)

 

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Trisha a neuf ans. Ses parents ont divorcés ; avec son frère, un ado grincheux, elle a suivi sa mère qui, malgré les efforts qu'elle déploie pour occuper les enfants, éprouve des difficultés à leur faire accepter leur nouveau mode de vie. Ce jour-là, l'excursion organisée par la maman dans les Appalaches agace prodigieusement le frère de Trisha, qui se dispute copieusement avec sa mère. Trisha, plus qu'ennuyée par ces disputes coutumières, s'écarte volontairement seule de la piste pour satisfaire un besoin naturel. Mais personne ne remarque que Trisha ne suit plus, et la petite fille, qui pense avoir trouvé un moyen de regagner plus vite la piste, va s'égarer dans la forêt, seule.

A vrai dire, la première page nous offre une phrase qui résume assez bien la situation dont la petite Trisha va se retrouver prisonnière : "Le monde a des dents, et quand l'envie le prend de mordre, il ne s'en prive pas. Trisha Mc Farland avait neuf ans lorsqu'elle s'en aperçut. Ce fut un matin, au début du mois de juin. A dix heures, elle était assise à l'arrière de la Dodge Caravan de sa mère, vêtue de son maillot d'entraînement bleu roi de l'équipe Red Sox (avec 36 GORDON inscrit au dos), et jouait avec Mona, sa poupée. A dix heures, elle était perdue dans la forêt. A onze heures, elle s'efforçait de ne pas céder à la panique, de ne pas se dire Je suis en danger, de chasser de sa tête l'idée que les gens qui se perdent dans la forêt s'en tirent quelquefois avec de graves blessures, que quelquefois même ils en meurent."

Dans les centaines de pages qui constituent la suite du livre, la réaction de la famille de Trisha n'est donnée à voir qu'à de très brèves reprises, laissant voir succintement leurs sentiments. A vrai dire, nous n'en savons pas beaucoup plus que la petite Trisha, perdue au milieu de sa forêt.

Au début, on éprouve du mal à compatir au sort de la fillette, car il ne se passe pas grand-chose à part des attaques féroces de moustiques et de la pluie qui la trempe. Mais au vu des pages qui nous attendent, on se doute que le pire est à venir. Stephen King sait faire prendre la sauce, à coup de répliques choc qui donnent à cette aventure la marque de la fatalité : lorsque Trisha hésite entre deux itinéraires à suivre, il n'hésite pas à nous dire à l'avance qu'elle a fait le mauvais choix et qu'elle se lance sans le savoir dans un périple au cours duquel elle traversera des dizaines de kilomètres sans croiser la moindre trace humaine.

La folie n'est pas loin de guetter Trisha, qui doit surmonter une grande fatigue, des problèmes de digestion de ce qu'elle ingurgite en forêt et une faiblesse physique de plus en plus marquée. Elle commence à avoir des visions et fait des cauchemars terribles. La présence de Tom Gordon, son joueur de base-ball favori, qu'elle imagine à ses côtés pour se rassurer, devient presque palpable. A travers le livre, c'est la figure du père qui est la plus souvent évoquée, laissant deviner en filigrane la tristesse de la petite fille, de qui le papa s'est fatalement éloigné à cause de son divorce.

Pour autant, plaint-on cette petite Trisha ? Je dois avouer que je reste dubitative quant aux exploits que l'auteur lui fait réaliser. Pleine de ressources, elle me paraît bien trop maline dans la situation qu'elle subit. Les trésors d'ingéniosité dont elle fait preuve sont parfois exagérés, et j'ai eu du mal à y croire, ce qui a un peu gâché mon plaisir. Il ne restera pas au palmarès des meilleurs livres de Stephen King, en ce qui me concerne, mais ce fut encore une fois une lecture plutôt "agréable" à mettre au compte du Challenge 

challenge stephen king


Une lecture commune avec Pando, dont le billet ne saurait tarder, et que je ne saurais blâmer puisque j'ai moi-même une semaine de retard dans la rédaction de ce billet. Hum ! 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 15:08

Ah, mes aïeux... Lorsque j'ai lancé l'idée du Challenge Stephen King, j'étais loin de m'imaginer que j'aurais envie de tout relire et que j'enchaînerais les lectures réussies. Mais je n'imaginais pas non plus que d'autres fans, amateurs ou curieux deviendraient aussi acharnés et m'accompagneraient dans ma lancée ! Aujourd'hui, au programme d'une lecture commune, Dolores Claiborne.

 

dolores-claiborne_couv.jpg

 

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Dolores Claiborne s'est rendue d'elle-même au commissariat de l'île de Little Tall, dans le Maine. Décidée à faire taire les rumeurs qui l'accusent d'avoir causer de sa patronne, Vera Donovan, Dolores va parler pendant des heures et dénouer tous les fils de l'histoire...

Si elle refuse d'être considérée comme coupable de ce meurtre, c'est que Dolores sait réellement ce que c'est qu'être un assassin : elle raconte comment, mariée et mère de famille, elle a du tuer son mari, qui risquait l'avenir de leurs trois enfants et était un prédateur permanent pour leur fille, avant de raconter comment Mrs Donovan l'a soutenue, elle qui passait pourtant sur l'île pour être une femme au coeur de pierre. 

 

Je crois que relire les textes de King qui m'ont fait frémir pendant mon adolescence et constater que l'effet produit est resté identique me convainc décidément du talent du maître de la terreur. Dans la forme, voilà une idée originale : Dolores, qui raconte l'histoire de sa vie, est le seul et unique personnage en scène dans tout le roman, et la présence de ses auditeurs n'est donnée à voir que lorsqu'elle s'adresse directement à eux, sans que leurs paroles ne nous soient jamais retranscrites autrement que par la réponse de Dolores. Malgré la présence de cet unique point de vue, et devrais-je dire "grâce à", jamais d'ennui ni de temps mort. La force de l'action racontée, qui n'est pourtant que souvenir, fait renaître pour nous les cauchemars vécus par Dolores. Je saluai il y a quelques semaines la prouesse identique de Stewart O'Nan dans Speed Queen : il a décidément rendu avec son livre un hommage réussi à Stephen King.

Dolores n'a pourtant rien d'une conteuse : mariée très jeune, enceinte de bonne heure, elle ne vivra avec son époux Joe Saint-George que des heures difficiles. Celui-ci est alcoolique et a la main leste sur elle. Si Dolores travaille, lui accumule les petits boulots. La famille entière, qui vit à l'écart du village, nous donne l'impression d'une pauvre équipe, conduite par un père déplorable. Mais Dolores est une femme de valeurs : elle est fière de ses enfants, qui travaillent bien, elle-même ne rechigne devant aucune tâche difficile et fait des économies de bouts de chandelle pour permettre un jour à ses enfants de faire des études et de connaître une vie meilleure.

Tout bascule lorsque Dolores, ayant remarqué que sa fille se laissait aller et semblait s'éteindre, apprend de la bouche de cette dernière que son père tente d'abuser d'elle et qu'il la force à des actes malsains. Le récit s'emballe, et Dolores nous montre comment sa patronne, Vera, la guide vers ce qui sera son ultime recours : tuer Joe Saint-George pour qu'il ne puisse plus faire de mal aux enfants. Là, on appréhende avec Dolorès l'instant T, on tremble une fois l'acte commis : l'empathie est totale, et je peux vous assurer que j'ai tendu l'oreille au moindre bruit de la maison en lisant ce livre le soir, quasiment plongée dans l'obscurité...

On comprend alors le drame de Vera, ou plutôt on le soupçonne : la vérité complète, révélée dans les toutes dernières pages, est plus terrible encore. Dolores et elle, toutes deux veuves de bonne heure, ont vécu ensemble pendant plus de vingt ans, que Dolores évoque avec force détails sur le caractère de cette femme de tête, qui finira par perdre tout bon sens et sombrer dans la folie... Leur relation, complexe et dure, nous dérange parfois, notamment au début du livre : certains détails, qui paraissent d'abord sordides, se justifient à la fin... Il ne faut d'ailleurs pas se focaliser sur le langage de Dolores : parfois cru, émaillé de fautes que j'attribuais d'abord à la traduction ("si il", négation incomplète), il est finalement la moteur de tout ce livre à la mécanique parfaitement huilée.

 

S'il fallait ainsi que je conseille un livre de Stephen King aux participants indécis au challenge ou à un novice attiré par l'auteur, voilà celui que je conseillerai : Stephen King frappe fort avec un livre, parfois effrayant, toujours prenant et si profond lorsqu'on en comprend l'enjeu dans les dernières pages...

 

Cerise sur le gâteau, j'ai retrouvé dans ce livre l'évocation d'une autre héroïne de l'auteur : les visions de Dolores à propos d'une petite fille évoquent celle qui deviendra Jessie, dans le livre éponyme... Une lecture de plus à prévoir.


challenge stephen king

        Antoni, Cacahuète et Mystix ont eu aussi lu Dolores Claiborne !

 


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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 15:29

Quelques jours à peine après une lecture commune réussie de Misery , j'enchaîne avec plaisir sur une totale découverte de l'oeuvre monumentale de King, à savoir sa saga La Tour sombre.

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J'ignorais délibérément cette saga avant de prendre pour défi personnel de la lire dans le cadre du Challenge King : en croisant les tranches des différents tomes dans les rayonnages de librairies, je l'évitais soigneusement, me méfiant comme la peste de ces écrits, qui semblaient ne rien avoir de commun avec les grands titres de King que j'aimais tant.

C'était sans compter donc ma résolution de lancer le Challenge King, et la détermination enfin là de commencer à lire quelques titres de fantasy grâce au Challenge Fantasy pour les nuls de Craklou !

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Roland de Gilhead, pistolero de son état, marche dans le désert à la poursuite de celui qu'on ne connaît que sous le nom de l'homme en noir. Il croise quelques autochtones, passe les jours à avancer toujours, s'arrête en chemin dans le petit village de Tull, qui se remettra d'ailleurs difficilement de son passage, et embarque avec lui le jeune Jake pour l'accompagner dans sa quête de l'homme en noir. Ne sachant s'il doit le tuer ou non, écouter ou non ce que cet inconnu lui dira, Roland sait juste qu'il doit se rapprocher de la Tour sombre, qui l'attire irrémédiablement.

Il y en a, des choses qu'on ignore, dans ce premier tome. On ne sait pas grand-chose du héros, Roland ; peut-on d'ailleurs parler de héros ? Paumé, solitaire, souvent sauvage, rude, il ne se révèle qu'à quelques occasions, au contact de Jake. Quelques flashes-back nous permettent de le découvrir à l'adolescence, lors de son apprentissage de l'état d'homme, dans une époque qui semble avoir quelques points communs avec notre Moyen Âge. Ces passages m'ont rappelé avec bonheur l'ambiance d'un autre King destiné à la jeunesse, Les Yeux du dragon, que j'avais adoré à l'époque et qui a sûrement été mon premier King. Qu'en est-il de sa poursuite de l'homme en noir ? Doit-il le tuer, comme le laisserait penser sa fonction de pistolero ? Quelles réponses lui donnera-t-il ?

L'histoire de Jake est quant à elle troublante : le jeune garçon semble avoir vécu dans notre monde, plus particulièrement aux Etats-Unis, avant de mourir accidentellement et d'être projeté (envoyé ?) dans le désert, sur la route de Roland. Je me demande s'il aurait pu vieillir, si on l'avait vu plus longtemps... J'ai d'ailleurs eu du mal à accepter sa disparition !

L'atmosphère qui règne dans ces pages, dans le désert, m'a à la fois plu et gênée : ma lecture a été parfois fastidieuse, comme si j'étais moi aussi ralentie par la chaleur et la menace qui semble peser continuellement sur les marcheurs. Toutefois, si j'ai du mal à apprécier les westerns à l'écran, en être partie prenante à l'écrit m'a paru bien plus excitant. La scène de l'arrivée de Roland à Tull est typique de celle de l'arrivée du gringo en ville, dans un western, qui se précipite au saloon, fait du gringue à la fille derrière le bar et évite tranquillement le complot qui se trame dans son dos depuis la table des joueurs de poker bien installés. Là, je dis oui et re-oui.

 

Les autres aventuriers du désert étaient Ofelia, Pando, Kikine, Setsuka et Livraison !

  A quand la lecture du tome 2 ? Si vous voulez poursuivre, inscrivez-vous par ici !


Sachez également que Ron Howard est pressenti pour bientôt adapter à l'écran la saga de Stephen King !

Personnellement, pour incarner Roland, mixte de cowboy/agent secret/poète torturé, je verrais bien Hugh Jackman, même si je ne le porte pas trop dans mon coeur...

 

challenge stephen king

 

Fantasypourlesnuls

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 10:54

Dans le cadre du Challenge Stephen King lancé en ces lieux, voici la première lecture commune ! De nombreux courageux s'étant proposés pour relire des oeuvres du maître de l'épouvante, il paraissait logique d'unir nos forces et de s'allier pour résister aux frissons qui allaient forcément nous envahir...

 

 

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"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

 

Paul Sheldon est un écrivain à succès, qui a acquis sa renommée grâce à Misery, l'héroïne de sa saga romantico-historico-policière. Mais Sheldon, qui veut renouer avec une littérature moins commerciale, a tué Misery au cours d'une dernirère aventure : il a ainsi tout le loisir d'écrire un "vrai" livre. 

Pour écrire, il a l'habitude de s'isoler dans un hôtel de montagne : c'est sur le chemin du retour, prêt à aller montrer son nouveau manuscrit à son éditeur, qu'il se retrouve pris dans une tempête et se trouve victime d'un accident de voiture. Il est sauvé par l'infirmière Annie Wilkes, qui le mène chez elle et prend soin de lui. Sheldon, ayant repris connaissance, découvre qu'il a les deux jambes terriblement abîmées et ne peut plus se déplacer. Par ailleurs, les conditions climatiques semblent rendre impossible son acheminement vers un hôpital. Heureusement, Annie est dévouée ; par chance, elle est même une de ses plus grandes fans ! D'ailleurs, elle est prête à se lancer dans la lecture du dernier opus... Mais elle n'apprécie pas du tout la mort de son héroïne favorite et va se montrer prête à tout pour la voir revivre...

 

Ce livre n'est pas une découverte pour moi : comme la plupart des grands succès de Stephen King, je les ai lus quand j'étais ado et me souviens de chacune des intrigues dans ses grandes lignes. En revanche, j'avais oublié les constituantes implacables de ce qui rend ses histoires complètement addictives.

J'ai eu du mal à m'y remettre, je dois l'avouer : le début m'a paru trop elliptique. Sheldon est dans le gaz, inconscient, sur le point de se réveiller, et Annie Wilkes se trouve déjà auprès de lui. On retrace à partir de ce moment-là ce qui est arrivé à Sheldon.

Pendant la majorité du livre, Sheldon est seul, confiné dans sa chambre de malade : pourtant, le livre ne souffre d'aucune longueur. Entre dialogues intérieurs, souvenirs, rêves et plans d'évasion, il a l'esprit bien occupé. Et finalement, on n'assiste pas non plus à de véritables échanges entre Paul et Annie. Paul se rend vite compte qu'Annie n'est pas de celles avec qui l'on peut discuter sans arrière-pensée...

 

Avant même d'apprendre que Misery est morte sous la plume de son auteur, Annie se révèle psychologiquement fragile : personnage changeant, elle est victime d'accès de dépression au cours desquelles elle devient dangereuse. Et lorsque Sheldon, découvrant un album macabre de notices nécrologiques, apprend toutes les horreurs qu'elle a commises, elle devient terrifiante.

Sheldon, qui doit se montrer à toute heure vigilant, n'est pas loin de sombrer lui aussi dans la folie. On retrouve ici ce penchant du King à dépeindre des personnages possédés, qui ne sont pas maîtres d'eux-mêmes...

Annie va forcer Sheldon à faire renaître son héroïne : l'on peut alors lire, grâce à une mise en abyme, des extraits de Misery : étrangement, on se surprend à trouver des passages attachants et on comprend pourquoi Annie est devenue fan. Stephen King nous met dans la position délicate de celui qui voudrait aussi connaître la suite des aventures !

 

Mais Sheldon n'est pas prêt à se remettre à l'écriture d'un Misery de son plein gré, lui qui jubile à l'idée de pouvoir écrire autre chose : la scène mythique du livre intervient donc dans le cadre de la volonté d'Annie de le voir écrire à nouveau. Le passage du châtiment, de la punition qu'Annie inflige à Sheldon à coups de hache, est d'une cruauté sans limite. Déjà choqués par la possibilité du passage à l'acte d'Annie, nous sommes happés par les paroles de Sheldon, devenue logorrhée, qui nous font ressentir une montée d'adrénaline peu commune...

Le ton est donné : maintenant que nous savons de quoi Annie est capable, la méfiance est de rigueur, et l'on se prend à vouloir aider Paul dans son entreprise d'évasion. Moments d'attente, effets de suprise, tout est là...

 

C'est en lisant ce livre en quelques jours à peine que j'ai retrouvé, a posteriori, les raisons qui m'avaient fait devenir une lectrice assidue lorsque j'avais quinze ans ; et je ne boude pas mon plaisir à l'idée de m'y remettre cette année !

 

challenge stephen king

 

 

 

 

 

Dans le cadre du Challenge, Lasardine et Audrey ont elles aussi participé à cette lecture !

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CLAP-Amelie




 

 

J'ai lu ce livre au cours de mon séjour lyonnais à l'occasion de Quais du Polar !

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