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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 10:33

Lady St-Columb, à l'aube de ses trente ans, ne se reconnaît pas : elle a en horreur la vie mondaine qu'elle mène à Londres et décide, sur un coup de tête, de se mettre au vert à Navron, où son mari possède une maison de campagne. Mais une fois sur place, elle ne goûte pas longtemps le repos escompté : elle tombe sous le charme de Jean-Benoît Aubéry, pirate français qui menace les côtes anglaises. Alors qu'elle semble renaître aux côtés du pirate, voilà que son époux et ses confrères se liguent pour mettre fin aux agissements du Français... et le faire pendre.

 

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Daphné du Maurier va bientôt se retrouver une des sources principales de ce blog : après  L'Auberge de la Jamaïque et  Mad, voilà un nouveau titre, encore une fois bien différents des autres. Daphné du Maurier a le chic pour installer ses romans en des lieux et des situations sans cesses renouvelés, l'une des raisons pour lesquelles je ne me lasse pas de la lire.

 

Cette fois, notre jeune héroïne n'a d'emblée rien de sympathique, mais c'est une femme de courage et de caractère, comme dans mes lectures précédentes de cet auteur. Toutefois, le peu de cas qu'elle semble parfois faire de ses enfants m'a un peu refroidie, mais on se rappellera alors le rôle essentiel des nounous, bonnes et gouvernantes, véritables mères de substitution pour les riches bambins de l'époque.

 

Ce qui fait tout le charme de ce roman, c'est la simplicité et la vigueur du sentiment qui va bientôt lier Lady St-Columb à Aubéry, et qui lui permet de devenir enfin celle qu'elle était au fond d'elle, non ce mensonge créé de toutes pièces pour la vie de cour et de salons. Cette distinction court tout au long du roman et permet de mesurer distinctement le fossé entre la femme "vraie" et son double mondain. Ce fossé augmente dès l'apparition de David, ce mari qui la vénère mais, ne la comprenant pas, ne peut lui offrir cette vie rêvée.

Il est trop tard, de toute façon : le pirate a déjà fait son oeuvre dans le coeur de la belle. On s'amusera de voir quelle réputation le précède à cause de sa nationalité française !

 

Le dénouement, bien qu'il me semble ne pas convenir à la fougue du reste du roman, est absolument touchant, et on se prend à rêver, nous aussi, de croiser un jour la route d'Aubéry, ce gentleman à la française !

 

Merci à Petite Fleur pour ce livre, qui l'a davantage déçue que moi.

 


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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 20:40

Ruth Ellis, une jeune femme qui se maquille pour ressembler à Marilyn Monroe, n'a connu que des malheurs dans sa vie personnelle et, rêveuse, accorde une grande confiance aux hommes à qui elle vend ses charmes pour qu'ils la sortent du caniveau. Mais c'est de David Blakely, ce séduisant coureur automobile, dont elle est amoureuse, et dont elle attend un enfant : là, c'est sûr, son bonheur est fait. Mais David ne veut pas entendre parler de cet enfant, et Ruth, après les coups de trop, se venge. Condamnée à mort, elle sera exécutée par Albert Pierrepoint, dernier bourreau à avoir du exécuter une femme au Royaume-Uni.

 

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J'ai lu pour la première fois un ouvrage de Didier Decoin grâce au magnifique  Est-Ce Ainsi Que Les Femmes meurent ?, qui relatait déjà une histoire tirée d'un fait réel : la jeune Kitty Genovese mourait après une agression alors que plusieurs voisins étaient témoins de son agonie.

Déjà, le style extrêmement touchant de Decoin avait fait mouche.

 

Pour cette deuxième lecture, j'avais acheté à sa sortie (en mai, voyez à quel point je tarde) La Pendue de Londres, évoquant une histoire vraie romancée par les bons soins de Decoin. Cette histoire avait fait l'objet d'une émission sur RTL, "L'Heure du crime", animée par l'inimitable et légendaire Jacques Pradel, au cours de laquelle Didier Decoin, invité, avait raconté et détaillé les détails de l'affaire Ruth Ellis. Je n'avais pu résister, et à peine acheté, le livre était lu.

 

Au cours de ce roman, deux destins se croisent : d'une part, Ruth Ellis et son cortège de malheurs, de l'autre, le modeste Albert Pierrepoint, bourreau excessivement précautionneux. Ces passages sont particulièrement émouvants : Pierrepoint a le scrupule de ne pas faire souffrir plus que de raison les condamnés qui lui sont soumis, et exécutera (au sens propre comme au figuré) les tâches qui lui incombent avec toute l'application possible. Il est touchant de constater qu'il cachera longtemps à son épouse cette activité, en plus de son métier "officiel".

 

Ruth Ellis quant à elle semble cumuler sur ses épaules toute la misère du monde : née dans un milieu plus que modeste, elle grandit sous le joug d'un père incestueux, dont les abus sont couverts par une mère aveugle au malaise de Ruth. Trop facilement amoureuse, elle restera malgré sa force de caractère une victime permanente des hommes, qu'elle attire, qu'elle fascine mais dont elle révèle les pulsions de violence. Mais un jour, c'en est trop... Et Didier Decoin présente pudiquement la prise de conscience de Ruth : "Or ce n'est pas parce qu'elle a passé le plus clair de son temps  à endosser à peu près tous les rôles de victime au répertoire féminin que Ruth Ellis a jamais eu la moindre attirance pour la souffrance."

 

Les deux destins se croiseront dès lors que la condamnation de Ruth sera prononcée, et Pierrepoint reconnaît la difficulté extrême de la tâche : comment donner la mort à cette jeune femme, gracile et au regard si doux, sans être atteint personnellement ? Détail, non pas amusant, mais qui révèle les mystères des destinées humaines : Pierrepoint et Ruth Ellis se croiseront un soir dans un bar, bien loin de s'imaginer que l'un devra un jour accompagner l'autre jusqu'à la mort... "C'est ainsi que la jeune fille qui ressemble un peu à Marilyn Monroe et le bourreau qui ressemble un peu à Stan Laurel se rencontrent un soir de brume par le plus grand des hasards, et presque aussitôt s'écartent l'un de l'autre sans pressentir le moins du monde que la vie, et la mort, vont bientôt les réunir à nouveau."

 

Nul doute que Didier Decoin n'a pas son pareil pour évoquer la singularité des destins féminins, et que je lirai avec plaisir, même si les sujets sont difficiles, d'autres de ses titres.

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:08

18547301,28 €, voilà la somme que gagne Jocelyne Guerbette en validant par hasard une grille d'Euromillions. Plutôt que d'encaisser immédiatement cette somme, elle va réfléchir à sa vie de femme, d'épouse et de mère et se demander s'il est vraiment utile de bouleverser son existence pour l'argent...

 

laliste.jpg

 

Qui n'a jamais rêvé de constater qu'il a validé une grille gagnante à la Loto et gagné le gros lot ? Dix-huit millions, c'est loin du record des gains, mais le montant assomme Jocelyne, loin d'être préparée à l'idée de gagner quoi que ce soit. La preuve, c'est simplement pour faire plaisir à ses deux amies qu'elle a joué, et ne s'est rendue compte qu'elle avait gagné qu'à quelques jours de la date limite de validité du ticket !

 

Alors, acte manqué ? En réfléchissant sur les bénéfices immatériels qu'elle pourrait tirer de ce gain, Jocelyne se rend rapidement compte que rien, dans sa vie, ne pourrait être guéri ou soigné par l'argent. Les ambitions délaissées, les rêves d'évasion remisés, la violence subie, la perte précoce de proches aimés ou à aimer... L'argent ne peut rien arranger à tout cela.

J'ai trouvé poignantes les pages consacrées dans ce roman à la réflexion sur la perte, toujours subie, inattendue et cruelle. Ainsi, la mère de Jocelyne, décédée trente ans plus tôt, représente encore un manque particulièrement cruel : "Ma mère me manque autant qu'au jour de sa chute. J'ai toujours froid autour d'elle. Je pleure toujours. A qui dois-je donner dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes pour qu'elle revienne ?".

 

La Liste de mes envies est un fort joli roman, qui nous donne à voir la reconstruction lente et parfois douloureuse d'une femme tout aussi fragile à l'extérieur qu'elle est ronde physiquement, et dont l'auteur, pourtant masculin, semble saisir très finement les aspirations et les déceptions.

 

De nombreuses camarades blogueuses ont lu ce roman ! Retrouvez les avis de Violette, **Fleur**, Val, Noukette, Leiloona...

Et merci maman pour le prêt !


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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 22:29

Tout juste installée à New York, à la veille du jour où elle s'apprête à commencer un nouvel emploi dans une boîte de publicité, Eva Trammell décide de chronométrer à pied le temps qu'il lui faut pour se rendre au travail, dans le building Crossfire. Sur place, elle fait la rencontre d'un homme qui la subjugue tant qu'elle voit en lui le plus bel homme qu'il lui ait été donné de croiser. Encore toute chamboulée, elle découvre que ce mystérieux inconnu n'est autre que Gideon Cross, l'un des hommes les plus riches du monde, et accessoirement l'un des célibataires les plus en vue de New York. Il semble d'ailleurs qu'Eva lui ait tapé dans l'oeil puisqu'il lui fait assez crûment des propositions plus qu'osées... Alors qu'Eva commence par résister à cette tentative de séduction plutôt indélicate, une relation fondée sur une passion charnelle dévorante débute bientôt entre eux deux. Mais tous deux cachent de lourds secrets enfouis depuis leur enfance, secrets qui risquent de leur mettre des batons dans les roues.

 

 

dévoilemoi  (La couverture qui annonçait d'emblée "Phénomène mondial" a commencé par m'agacer, mais ça, c'était avant que je ne fasse la rencontre de Gideon et que je devienne accro moi aussi à ce... sacré phénomène !)

 

Si lire, comme des millions de demoiselles au coeur tendre avant moi, Cinquante Nuances de Grey ne m'a pas encore tenté, je n'ai pas hésité une seule seconde (et j'ai bien fait, croyez-moi) avant de lire Dévoile-moi. Non pas que je sois plus branchée boutons de manchette que cravate, mais parce que la promesse de possession et d'obsession de la couverture m'a accrochée et que les chiffres de vente américains avaient quand même de quoi titiller ma curiosité : les ventes de la suite de Dévoile-moi, Reflected To You, dépassent allègrement les ventes de la série Fifty Shades ! Bref, j'ai cédé.

 

Oh que j'ai eu raison. J'en palpite encore, figurez-vous. J'ai ouvert ce livre comme j'aurais pu en ouvrir un autre, juste pour lire deux pages, à minuit, un soir de vacances... Sauf que, raté, je ne l'ai pas lâché avant la dernière page, frustrée qu'il n'y en ait pas encore ! Je ne savais pas encore que j'étais devenue accro à Gideon Cross (; quelques jours plus tard (quatre, pour être exacte... oui, je les compte, comme une vraie droguée !), le sevrage est encore difficile.

 

Ai-je donc vraiment envie de partager Gideon avec vous ? Rien n'est moins sûr. Pourtant, je pense très franchement que la sortie du livre en livrairies causera des vagues entières de soupirantes énamourées et de fantasmes en pagaille. Alors, allons-y gaiement.

 

La rencontre entre Eva et Gideon est digne de toute comédie romantique digne de ce nom. Et vas-y que quelqu'un trébuche, que son sac se renverse, que la jeune Eva, toute serviable qu'elle est, donne un coup de main pour ramasser. Et là, c'est le drame : elle voit s'avancer, alors qu'elle est agenouillée, deux chaussures masculines absolument sublimes appartenant au non moins sublime Gideon Cross. La situation de départ a de quoi faire sourire : Eva est d'emblée mise dans une position d'infériorité. Quand je dis "position", rassurez-vous, il y en aura d'autres ! Mais la jolie Eva n'est pas née de la dernière pluie, et quand Gideon lui annonce qu'il veut coucher avec elle, elle résiste, la petite ! Rassurez-vous, elle finit par céder tant la tension sexuelle la submerge dès qu'elle pose les yeux sur lui : il faut dire que Gideon, c'est "le genre d'homme qui donne envie à une femme de lui arracher sa chemise et d'en regarder les boutons voler dans les airs en même temps que ses inhibitions" !

 

Et alors là, c'est parti mon kiki : la tension sexuelle qui s'accumule à chaque regard donne lieu à de multiples scènes de jambes en l'air qui, sans faire rougir à tout prix, ont de quoi émoustiller ! Gideon, en plus d'être séduisant, est évidemment (sinon ce serait bien moins drôle) un dieu du sexe, et Eva n'est pas une oie blanche : ces deux partenaires consentants et expérimentés nous embarquent dans de folles séances de sexe qui durent des heures et des pages, et ils remettent le couvert toutes les deux heures environ(en tout cas c'est l'impression que ça donne !). Sans vous citer des passages particuliers qui feraient classer X cet article, je dois quand même vous avouer que ces scènes ne m'ont pas laissée insensible ou, pire, ne m'ont certainement pas fait rire aux éclats, ce qui peut être le cas de certaines romances aux tendances harlequinesques.

 

Là où j'ai moins aimé, c'est lorsqu'on aborde tous les secrets glauques et louches que traînent les deux personnages depuis des lustres : l'arrière-plan se veut un peu trop dramatique. Que voulez-vous, entre deux scènes très très chaudes, il faut quand même un peu d'action... et les retrouvailles sont encore mieux savourées après une dispute !

 

Vous l'aurez compris, je suis conquise, séduite, amoureuse de Gideon Cross. Si bien que, en attendant la sortie du tome 2 en français au printemps prochain, j'ai déjà mis le nez dans la version anglaise !

 

Je ne peux que chaleureusement remercier les éditions J'ai Lu pour m'avoir offert une nuit de lecture sans pause et des fantasmes renouvelés ! Et un coucou à Stephie pour son mardi de folie mensuel ! 

 

mardipermis 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:54

La mort de celle qu'il aimait tant sans jamais avoir réussi à le lui avouer a traumatisé Nicholas Newman. Trois ans plus tard, pas une nuit ne s'écoule sans qu'il soit hanté par des images terribles du corps de son amante, ravagé par les sévices qui ont causé sa mort douloureuse et que lui ont raconté les inspecteurs. Madeleine, qui était plus âgée que lui, a été assassinée, elle qui était si réservée mais si aimante, si discrète et si entière. Son objet préféré, une tour Eiffel en améthyste, a disparu cette nuit-là : quand Nicholas revoit cette tour en arrière-plan d'une photo, ses souffrances reviennent de plus belle, d'autant qu'il semble à son tour pris pour cible, et ce malgré la vigilance de l'inspecteur Christian.

 

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La couverture hypnotique de ce livre m'avait poussé à l'acheter lors de ma dernière virée en librairie, et l'ouvrage n'a patienté qu'une seule et courte nuit sur ma PAL avant que je ne le dévore dans le journée de dimanche : voilà bien longtemps que je n'avais lu à ce rythme !

 

Il faut reconnaître que les premières pages y sont pour beaucoup : la souffrance reconnue par le narrateur depuis la mort de Madeleine est à la fois terrible et touchante, d'autant que Nicholas reconnaît bien vite qu'il n'a pas su l'avouer à celle-ci de son vivant. Cette douleur de l'"après Madeleine" est donc exacerbée par une sorte de culpabilité qui force Nicholas à ne pas laisser s'éteindre le souvenir de Madeleine. Comment comprendre alors les attaques dont est victime Nicholas ? Qui souhaite le voir abandonner rapidement la piste du meurtrier de Madeleine ?

Les attaques en question sont terrifiantes tant elles sont inattendues et violentes : l'acide qui remplace le shampooing à l'hôtel dévaste le cuir chevelu et la peau de Nicholas, ses comptes sont vidés et son appartement mis à sac et dégradé... Le pire consiste toutefois sûrement en cette attaque à coup d'essence lorsqu'il marche dans la rue et qu'on le transforme en torche vive...

 

Par ailleurs, le lien qui rattache Madeleine aux expériences nazies dont on lit les témoignages dans Les Enfants de la nuit se révèle à la fois fascinant et repoussant, surtout que l'ensemble touche à la question de l'intégrité physique des enfants vivant sous l'oeil inquisiteur des nazis. Les comptes-rendus que peut lire Nicholas sont autant de cauchemars aussi difficiles à lire pour lui que pour nous.

 

Seule la fin de l'ouvrage, comme pour trop de thrillers qui finissent par s'essoufler, s'avère pour moi moins réussie, non pas quant à la résolution de l'enquête mais à cause d'un rythme qui ne correspond plus au personnage de Nicholas, tout en contrastes et hésitations.

 

A noter, la suite des aventures de Nicholas Newman dans  Les Enfants de la peur, aux éditions du Cherche-Midi !

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 09:47

Oscar, fils de l'époustouflante Beli, dominicain de sang et américain d'adoption, n'a pas une enfance facile. Ni une adolescence facile non plus, d'ailleurs. Il faut dire qu'il n'a pas hérité du physique dévastateur de sa mère. Personne ne veut de lui, personne ne l'aime, lui qui est un si grand amoureux des femmes. Alors, comment faire ? Oscar s'acharne et s'attache à des femmes toutes différentes, dans l'espoir d'être aimé. Mais Oscar ne vivra pas longtemps... Maudit fuku.

 

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Le livre, aussi coloré que l'est sa couverture chez 10-18, s'ouvre sur une définition du fuku, cette malédiction dominicaine qui peut s'abattre sur une famille et la condamner à la malchance ou des catastrophes plus ou moins prononcées... "On dit qu'à l'origine il arriva d'Afrique, charrié par les hurlements des captifs ; que ce fut le fléau mortel des Taïnos, frappant à l'instant où un monde périssait et où un autre surgissait ; que c'était un démon précipité dans la Création par une porte cauchemardesque entrouverte sur les Antilles."

Le fuku, on s'en doute dès le titre du roman, s'est abattu sur les Wao. Le malheur de la famille, c'est la beauté de ses femmes qui les a fait cibles de l'appétit des hommes, et des hommes les plus influents de République Dominicaine. Depuis le grand-père, médecin sous l'ère Trujillo, jusqu'à Beli, la mère d'Oscar, toute la famille s'est trouvée confrontée au bon vouloir des gouvernants, sans autre choix que d'obéir... ou mourir. L'auteur dépeint dans cet ouvrage l'horreur subie par les citoyens dominicains en désaccord avec le régime d'El Jefe et de ses sympathisants, mercenaires à la solde inconditionnelle du chef.

 

Les problèmes d'Oscar ne sont pas de cet acabit. Ce qui préoccupe le jeune garçon, c'est perdre sa virginité avec une jeune femme qui lui plaît. Mais si elles apprécient Oscar en tant qu'ami, elles ne se jettent pas au lit en sa compagnie, alors qu'elles ne sont pas farouches avec d'autres dominicains... Oui mais "Notre héros, c'était pas un de ces lascars dominicains dont tout le monde tchatche - c'était pas un as de la batte ou un bachatchero choucard, ni un bogosse avec un milliard de bombax scotchées au slibard." Attachant mais timide, mignon mais sans entrer dans les cases traditionnelles de la beauté dominicaine, ambitieux mais sans talent, le pauvre Oscar ne vit qu'à travers la figure des femmes aimées : soeur, mère, grand-mère, amoureuses...

 

Les femmes de la famille, étouffantes, imposantes, sont les véritables héroïnes du roman et l'on n'aura aucune peine à comprendre qu'il est difficile d'exister à côté d'elles. Beli est peut-être la plus forte d'entre eux, perdue par sa beauté qui se fane désormais que ses enfants sont grands, mais toujours aussi fière, malgré son manque d'influence sur ses enfants.

 

L'ouvrage, je le découvre à l'heure de cet article, a obtenu le prix Pulitzer à la sortie de son roman en 2008. Porté par une écriture qui en rebutera peut-être plus d'un, caractérisée par un argot espagnol très prégnant mais qui participe de la magie de ce roman très frappant, le livre m'a beaucoup plu : on en apprend énormément sur la dictature Trujillo ; ce qui dérange le plus, c'est de comprendre que tout n'est pas romancé.

 

Je remercie la douce Lady K de m'avoir offert ce roman qui n'avait pas obtenu ses faveurs et de lui avoir permis une nouvelle jeunesse chez moi ! Pari gagné !

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 19:14

"Ton cinéma est la saturation de signes magnifiques qui baignent dans la lumière de leur manque d'explication", Manoel de Oliveira

 

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Godard est un cinéaste que je connais encore fort peu. Ce Dictionnaire des Passions, récemment édité chez Stock, propose de passer en revue les mots, les concepts, les influences, les grands thèmes des oeuvres et de la filmographie de Godard, strictement liée ici à sa biographie.

 

L'abécédaire, depuis A, lettre emblématique des prénoms des heroïnes de Godard, jusqu'à Z pour Zoetrope, les studios de Coppola, dépeind de manière très complète ce que l'on sait ou découvre à propos du cinéaste. Dès le A, j'en apprenais déjà beaucoup : A comme l'accident terrible de moto dont il a été victime en 1971, A comme acteurs, avec qui il se montre exécrable. Pauvre, pauvre Mireille Darc !

Les articles qui m'ont le plus intéressée sont ceux qui concernent les grands qui ont influencé Godard, et le panel est large : Aragon, Marguerite Duras, Hitchcock... et tant d'autres ! Il l'avoue lui-même dans une citation reprise à l'article bien nommé Citations : "Une phrase sur deux n'est pas de moi".

Un article m'a étonnée : on trouve rapidement dans l'ouvrage, à la lettre B, l'article... Biographie ! C'était bien le seul élément que je pensais ne pas y trouver, croyant découvrir Godard à travers le prisme de l'alphabet seulement. Biographie, c'est un peu facile...

 

L'ouvrage n'oublie pas de saluer les grands collaborateurs et assistants de Godard et d'appuyer sur le rôle déterminant des actrices qu'a aimées le réalisateur. J'ai eu envie, pour terminer cet article, de vous faire partager quelques photos d'Anna Karina, la sublime.

 

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Et comment croire que Godard ne fut jamais récompensé au festival de Cannes ? Bien des a priori ou manques sont résolus par ce dictionnaire, qui réjouira davantage, selon moi, les aficionados de Godard que ceux qui, comme moi, ne sont pas des spécialistes.

 

Merci à la librairie Dialogues pour cette première lecture en partenariat !

http://librairiedialogues.files.wordpress.com/2010/04/capture-d_ecran-2010-05-27-a-10-14-261.png

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 22:06

 "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?" , vers d'Aragon, a inspiré à l'auteur le titre évocateur de son roman.

 

C'es t l'hiver. Il a neigé ; le froid est mordant ; c'est la nuit. Kitty Genovese rentre chez elle après une soirée passée à travailler dans le bar dont elle est manager. Elle gare sa petite voiture et cherche un bref instant ses clés dans son sac. Alors qu'elle n'a que quelques mêtres à parcourir pour être au chaud chez elle, elle repère un homme derrière elle, immobile dans la nuit. Cette présence lui paraissant suspecte, Kitty se met à courir. Elle doit seulement tourner au coin du bâtiment pour entrer sous le porche et être en sécurité. Mais l'homme court lui aussi. Cet homme, c'est Winston Moseley. Il assène à Kitty deux coups de couteau avant d'être effrayé par un voisin alerté par les cris de la jeune femme et de s'enfuir.

Le voisin en question, depuis l'immeuble d'en face, voit Moseley s'enfuir et Kitty se relever, et retourne donc dans son lit. Par les autres fenêtres qui se sont éclairées, aucune autre aide ne se fait entendre. Mais Kitty avance difficilement et s'écroule dans le hall de son immeuble. Winston Moseley revient sur ses pas et la frappe de nombreux coups de couteau supplémentaires, puis la viole avant de prendre la fuite. Dans l'immeuble, plusieurs habitants ont tout entendu mais n'interviennent pas. Une femme, seule, laissant son bébé sans surveillance, se jettera à l'aide de Kitty dès qu'elle sera mise au courant par un coup de fil d'un voisin de palier. Il est trop tard pour faire quoi que ce soit, et elle ne peut plus que bercer Kitty qui agonise pendant que les secours arrivent, immédiatement après avoir été prévenus, mais seulement trente minutes depuis le début de l'agression fatale à Kitty.

 

decoin.jpg

 

 

Est-Ce Ainsi Que Les Femmes meurent ? est un roman que j'attends depuis le premier avis lu à son sujet sur la blogosphère. Je me le suis procuré dès sa sortie en poche et je l'ai lu très rapidement, bouleversée par la tragédie vécue par Kitty Genovese.

 

Didier Decoin nous présente ce fait divers avec talent : il fait preuve d'une grande retenue dans la description des faits, qui nous touchent en nous donnant l'impression de les voir se dérouler sous nos yeux au ralenti. Ainsi, le récit de la mort d'Anna Mae, une des premières victimes de Moseley, est racontée avec beaucoup de pudeur.

 

"Elle fit ce que Moseley exigeait, elle lui tendit tous les dollars qu'elle avait dans son sac. Elle était très calme, elle ne mit aucune agressivité dans son geste, aucune impatience dans son regard, elle était juste impatiente d'en finir.

Alors il tira sur elle.

Elle reçut deux balles dans l'estomac.

Celui ne lui fit pas très mal, enfin beaucoup moins que ce qu'elle aurait imaginé si on lui avait annoncé le matin même qu'elle finirait sa journée, et sans doute aussi son existence, avec deux balles dans le corps.

Le choc l'envoya valdinguer en arrière, avec une telle force qu'elle eut l'impression de décoller du sol, et elle retomba assise dans la neige."

 

Débarrassée de toute sordidité, l'agression de Kitty ne choque pas seulement par la sauvagerie de Moseley, mais également par l'absence quasi totale d'aide offerte à la jeune femme mourante alors même que de nombreux témoins l'ont vue ou entendue subir les coups terribles de son agresseur. Didier Decoin nous met ainsi face à des voisins de prime abord tout à fait aimables (page 33 : "Les gens ont toujours été particulièrement solidaires et serviables à Kew Gardens") mais qui restent à l'abri derrière leur porte ou leur fenêtre : "D'après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d'autres qui avaient pris le temps d'enfiler une robe de chambre. Aucun n'a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite. Pas même un coup de téléphone. Non, même pas ça."

 

Alors on réfléchit. A chaque fois qu'un témoin est évoqué avec la raison qui justifie tant bien que mal sa non-intervention, on est mis face à nos propres réactions : qu'aurait-on fait dans cette situation ? Dans ce qui sera appelé par la suite le cas du témoin, on comprend que plus des témoins potentiels seraient susceptibles d'intervenir, plus ils se reposent sur ce que feront les autres.

Sans condamner les témoins inactifs, Didier Decoin pose la question de la responsabilité de chacun dans le meurtre de Kitty Genovese. Le coupable est-il celui qui frappe ou celui qui laisse faire ?

 

Mais le sentiment prédominant reste évidemment l'empathie profonde pour la pauvre Kitty, victime d'une mort injuste et si facilement évitable, dans le fond. L'auteur en dresse le portrait d'une jeune fille simple, joyeuse, amoureuse, vive puis prise au piège d'un prédateur. Voilà un des passages la décrivant que j'ai beaucoup aimé : "Il lui arrivait de porter une robe de percale blanche qui lui descendait assez bas sous les genoux, presque aux chevilles en fait, et dont le bustier découvrait ses épaules. Elle avait dû l'acheter à l'occasion d'un mariage, c'était une robe à la fois sérieuse et juvénile, délicate, sans doute coûteuse à entretenir, pas ce genre de toilette qu'on enfourne dans la machine à laver du coin de la rue, c'est pourquoi Kitty ne la portait qu'exceptionnellement, le 4 Juillet ou pour Thanksgiving, ou pour assister à une fête où il y avait des danses, elle virevoltait sur le trottoir pour nous montrer comme sa robe s'évasait bien, une grande corolle blanche, elle nous faisait penser à Natalie Wood dans West Side Story, même si, dans le film, la robe blanche bien empesée et qui tournoie, c'est plutôt celle de Rita Moreno."

 

Kitty Genovese a vécu, réellement. Elle est morte en 1964 à New York, tué par Winston Moseley, toujours incarcéré à cette date. On trouve d'elle quelques photos, notamment celle qui a peut-être inspiré la description précédente.

 

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Vous aurez compris que le livre m'a bouleversée. L'histoire de Kitty Genovese hante les esprits et j'y repense beaucoup. Le livre a trouvé une place définitive dans ma bibliothèque, tout comme dans celle des bloggeuses qui l'ont lu avant moi.

 


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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 10:59

A soixante-dix ans passés, Robert Zimmerman, plus connu sous son nom de scène, Bob Dylan, se penche sur le chemin parcouru depuis son arrivée à New York en 1961. Débarquant du Midwest, il multiplie les rencontres, se laisse influencer par les styles de ses prédécesseurs, chante, joue, chante et chante encore. Dans le premier volume de ses Chroniques, il raconte aussi bien des souvenirs d'enfance que ses débuts, ses enregistrements, ses périodes de doute...


"Je suis né au printemps 1941. La Deuxième Guerre mondiale faisait rage en Europe et l'Amérique devait bientôt y prendre part. Le monde volait en morceaux, et déjà le chaos fichait son poing dans la figure des nouveaux venus. Si l'on était arrivé à cette époque, si l'on vivait avec les yeux ouverts, on sentait le vieux monde disparaître et le nouveau balbutier. Comme si l'on avait remis l'horloge à l'heure où av. J.-C. est devenu ap. J.-C." (page 43)


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Si vous m'aviez demandé qui était Bob Dylan avant la lecture de ce livre, je vous aurai sûrement dressé le portrait d'un vieux chanteur aux cheveux longs, une légende de son temps aux tubes innombrables, sans pouvoir vous en citer trois de suite (j'ai déjà honte, ne me fouettez pas). Je me trompais, évidemment. "J'étais, disait-il [John Hammond, dénicheur de talents], l'héritier d'une longue tradition : jazz, blues et folk. Pas une espèce d'enfant prodige qui voudrait changer le monde avec son gadget à la mode." (page 14)


A travers ces Chroniques, ce n'est pas tant son oeuvre que Dylan raconte mais sa "construction" en tant que chanteur. On comprend la force, la puissance et l'importance qu'a pour lui la folk : "Les folk-songs, pour moi, ce n'était pas du divertissement. Elles traduisaient des réalités différentes, elles me servaient de précepteur, de guide vers une république d'un  autre ordre, une république libérée." (page 52), ou encore "D'une dimension plus éclatante, la folk music dépassait la réalité et l'entendement. Elle vous tirait par le petit doigt, et elle était capable de vous engloutir complètement. Je me sentais chez moi dans ce royaume mythique. On y rencontrait des archétypes, dessinés à traits vifs, des personnages métaphysiques couverts d'une peau humaine, débordant d'un savoir inné et d'une sagesse profonde, exigeant chacun une forme de respect. J'adhérais à tout l'éventail et je pouvais le chanter. Cette vision de la vie était plus vraie que la vie elle-même. Elle y était magnifiée. La folk music était tout ce dont j'avais besoin pour exister." (page 313) Dylan se révèle poète tant dans ses écrits que dans ses chansons. 

 Il explique comment tel ou tel titre lui est venu mais l'essentiel du volume est consacré aux rencontres déterminantes ou influentes sur sa vie et son style. Ces rencontres, parfois simplement auditives (il raconte comment l'écoute de certains chanteurs l'ont laissé sans voix), amènent petit à petit Bob Dylan à savoir qui suivre, qui écouter, qui reprendre. Woody Guthrie occupe, hante la majorité du livre, vénéré par Dylan. Et puis, après l'influence des autres, Dylan crée son propre style : "Quant à moi, tout en conservant les harmonies simples du folk, j'ai superposé une imagerie neuve, une autre manière de voir, des slogans et des métaphores qui, par leur ordonnance propre, ont formé quelque chose d'inconnu jusque là." (page 95). La colère gronde lorsqu'on veut le faire passer pour le porte-parole d'une génération.

 

Malgré la présence d'un lexique à la fin de l'ouvrage, les références à des titres folk du patrimoine américain ou à des chanteurs folk des années quarante à soixante restent absolument obscures pour une novice comme moi, mais on plonge dans un univers tellement dépaysant et mélodieux, lointain mais en même temps si bien raconté qu'on regretterait presque de ne l'avoir pas connu que tous ces chanteurs inconnus nous deviennent presque familiers. Dylan nous emmène avec lui à Manhattan, bar après bar, à la rencontre de toutes ses idoles, tombées dans l'oubli ou reconnues mondialement, à l'heure où elles ne chantaient encore que pour leur public new-yorkais.

 

 

 

Merci à l'équipe de Livraddict pour ce partenariat avec les éditions Folio !

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 14:00

Les quatre volumes de Twilight avaient été ma seule et unique incursion dans le domaine de la bit-litt. Ce n'est pas un genre que j'affectionne particulièrement, mais mon âme d'adolescente enamourée n'est jamais bien loin, et Twilight n'avait pas été une lecture désagréable. Ainsi, lorsque les éditions De La Martinière Jeunesse  m'ont proposé de lire en avant-première les épreuves de ce qui s'annonce comme un autre roman du genre, j'ai accepté, dans l'idée de constater si la bit-litt n'est qu'un effet de mode... ou pas. 

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Parlons d'abord couverture : elle joue sur tous les registres qui marchent ! Fond noir, police de caractères soignée et déliée, couleur intrigante, et motif mi-sexy, mi-mystérieux... Tout est là, mais le résultat n'a rien, à mon sens, de bien extraordinaire ; on pourra toujours se dire que l'ensemble devrait séduire son public cible, à savoir les jeunes filles ados.

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !" 

Grace Divine est une jeune fille plutôt populaire, mais pas que : bonne élève, toujours prête à seconder son père pasteur pour aider les plus démunis, elle est bien sous tous rapports. Elle est en plus courtisée par un beau mec de l'équipe de hockey : en bref, elle cumule. Mais un caillou vient se mettre dans les rouages de cette petite vie bien tranquille : Daniel, son béguin de jeunesse, est de retour en ville. Trois ans plus tard, il avait disparu, laissant sur le carreau le frère de Grace, Jude, qui avait été retrouvé couvert de sang. Pourquoi revient-il troubler la vie de Grace ? Pourquoi est-il devenu si rude, si impoli ? Pourquoi habite-t-il et traîne-t-il dans un quartier si mal famé, en compagnie de gens peu recommandables ? Pourquoi les parents de Grace semblent-ils ne plus vouloir entendre parler de lui ? Dans le même temps, des morts atroces ont lieu en ville : il semble qu'une bête se soit acharnée sur des victimes que l'on retrouve déchiquetées... Grace, bien malgré elle, se sent entraînée dans des eaux troubles.

Dans l'ensemble, ce n'est pas mauvais : ça se lit vite, tous les ingrédients sont là dans la rubrique mystère & puberté, et les personnages sont assez sympathiques. Dans le détail, je serai moins tendre : l'auteur surfe sur la vague de ce qui fonctionne sans réinventer quoi que ce soit. Les personnages ne reposent que sur des clichés : une héroïne quasi-parfaite (un peu trop d'ailleurs pour qu'on puisse s'identifier à elle) , une bonne copine qui aime les potins, un frère beau mec un peu tourmenté sur les bords (et même au milieu), le sportif lui aussi beau mec mais qui a oublié ses neurones, l'ancien amour de jeunesse qui revient en dissimulant sa beauté pour ne montrer que son côté rebelle...

Quant à l'intrigue, c'est bien (trop ?) simple : le frère s'oppose à ce que la soeur fréquente le rebelle revenu en ville, mais on ne sait pas pourquoi... La teneur du secret n'est pas non plus à la hauteur de ce qu'on attendrait : à chaque nouveau rebondissement, il n'est pas difficile de deviner quelle sera l'étape suivante. On reste dans le manichéisme le plus basique tout au long du roman, à notre grand regret. Quant à la fin, j'ai du mal à en comprendre toute la subtilité, si subtilité il y a. 

M'enfin, dans l'ensemble, je ne peux pas dire que je me sois ennuyée, puisque je suis allée sans problème jusqu'au bout de ma lecture. Le problème, c'est sûrement moi : le livre remplira sans nul doute ses promesses auprès de jeunes ados, de la même tranche d'âge que l'héroïne, et connaîtra très sûrement un grand succès. L'efficacité fera mouche !

 

Je remercie encore une fois les éditions De La Martinière Jeunesse !

 

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