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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 06:00

Des années passées dans la rue ont affûté les sens de  Kimmie, recherchée par Ditlev Pram et sa bande : elle aussi a été membre de ce groupe ultra-violent et possède des preuves qui peuvent causer leur ruine à tous. Kimmie s'efforce de leur échapper, mais veut aussi les faire payer pour ce qu'ils lui ont fait. C'est sans compter la ténacité du département V, mené par Carl  Mørck et son assistant, Assad : tous deux, aidés par Rose, la nouvelle venue au sein du service, se lancent sur les traces de Kimmie et tentent de déméler le vrai du faux dans cette sordide histoire de meurtres et de torture.

 

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Quelques jours après  Miséricorde, je retrouve avec plaisir le tandem Carl - Assad, toujours aussi explosif ! Leur complicité s'affirme page après page, au point qu'ils fonctionnent à la perfection durant les interrogatoires de témoins.

 

***** Risque de spoilers ! *****

Le mystère qui plane autour d'Assad est toujours aussi épais : nous n'en saurons pas plus dans ce deuxième tome de leurs aventures.

De la même manière, on laisse un peu tomber Hardy, le collègue de Carl devenu paralysé : abandonné à son triste sort, il n'apparaît que très peu dans ce tome. Du coup, on n'en sait pas plus sur l'agression dont lui et Carl ont été les victimes. Cela ne m'a pas vraiment dérangée, mais je me demande si on saura vraiment un jour (ou plus simplement dans le tome 3 !) ou si ce n'est pas du tout à l'ordre du jour !

***** Voilà, c'est terminé ! *****

 

 

L'intrigue m'a passionnée de bout en bout : autant dire que le tome 1 n'est qu'une mise en jambe avant ce volume 2 magistral ! L'horreur n'a ici pas de fin, et Kimmie est un personnage fascinant, à la fois victime et bourreau. On se demande comment elle réussit à agir encore avec un semblant de logique, elle qui semble avoir perdu complètement la tête après les violences qui lui ont été infligées.

Comme dans le premier tome, mais de manière ici encore plus franche, l'auteur nous fait comprendre très tôt qui sont les coupables : c'est le déroulement de l'enquête de Carl et Assad, associée aux tentatives d'évitement des coupables, qui donne tout son sel au roman.

 

Enfin, l'apparition du personnage de Rose, nouvelle venue au sous-sol qui accueille le département V, ajoute encore au dynamisme de l'équipe : Carl est bien entouré !

 

Et bientôt, le tome 3 !


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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 06:30

Parce qu'il est devenu un boulet à traîner pour sa direction depuis qu'il a échappé à une agression sur la scène d'un crime, Carl  Mørck a été relegué au sous-sol du commissariat, sous le prétexte bidon de lui faire gérer un nouveau service, le département V, soit-disant destiné à réouvrir les cold cases. En fait, pas question de lui allouer le moindre petit budget. Mais Carl, qui se voit adjoindre les services d'un homme à tout faire bien mystérieux, Hafez el Assad, se penche sur le dossier de la disparition de Merete Lyyngaard et est bien décidé à faire toute la lumière sur une enquête visiblement bâclée.

 

 

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Lu lors d'un aller-retour en train à destination de Paris (je suis allée voir Stephen King, souvenez-vous !), Miséricorde a tout d'un grand thriller, de ceux qu'on ne peut lâcher.

 

Le duo Carl/Assad joue pour beaucoup dans le plaisir de ma lecture : Assad, embauché comme simple agent d'entretien, manifeste rapidement un véritable intérêt pour le travail de Carl qui, lui, n'est pas très enthousiaste. On le comprendrait à moins : enquêteur de renom, le voilà forcé d'aller travailler en sous-sol, dans un local bien peu motivant. Assad va lui redonner l'énergie qui lui manquait et lui insufler à nouveau l'envie d'exercer son métier.

 

Je regrette toutefois que l'auteur ait choisi de laisser entendre la lâcheté du comportement de Carl lors de l'agression qui coûte la vie à l'un de ses partenaires et qui paralyse presque totalement un deuxième. Encore un héros avec une faille incommensurable ! Toutefois, je suis curieuse de découvrir dans les prochains tomes si Hardy, le paralysé, va retrouver une part de son autonomie et si l'on va découvrir le mobile et le ou les coupables de cette agression. Et il faut reconnaître que, de cette faille, Carl n'en fait pas une maladie. Ouf !

 

Quant à l'intrigue de ce premier tome des aventures de Carl et Assad, elle m'a complètement absorbée. La disparition de Merete Lyyngaard échauffe les esprits et fait se succéder les suspects. La construction de l'enquête menée par Carl permet que le lecteur soit mené progressivement au pot aux roses, mais sans gâcher notre plaisir : merci à l'auteur ! Et quel sadisme chez le coupable ! Mamma mia, quel thriller !

 

Somme toute, l'ensemble est plutôt classique mais fonctionne bien : voilà tout ce qu'on pouvait attendre !

 

Merci à ma collègue Marie-Ange qui, en plus, m'a prêté les deux tomes suivants ! A très vite pour vous en parler, je ne vais pas pouvoir me retenir de les lire bien longtemps !

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 05:00

Touchée de plein fouet par les bouleversements climatiques et environnementaux de ce siècle, Venise menace de s'effondrer sur elle-même. Alors que les touristes et les habitants de la Sérénissime sont invités à quitter la ville bientôt déserte, une poignée d'irréductibles résiste aux ordres donnés pour vivre au plus près les dernières heures de Venise... et peut-être mourir avec elle. Parmi eux, Marie incarne la femme amoureuse et passionnée. Elle voue un amour et une admiration éternels à Laurent, un photographe spécialisé dans les reportages à risques et spectaculaires. Marie, costumée, va donc inviter Laurent à participer aux derniers bals organisés en petit comité à Venise, mais celui-ci ne se doute pas une seconde qu'il connaît Marie... Et cet oubli risque de lui coûter la vie.

 

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La Venise des amoureux transis et des gondoliers chantant à tue-tête "O Sole Mio" en passant sous le Pont des Soupirs n'est pas celle que le lecteur visite en ouvrant le livre de Valérie Bettencourt. Pour être sombre, elle l'est, la lagune vénitienne : l'incipit nous plonge dans une ambiance proche de la fin des temps pour la Cité des Doges. Des réfugiés par milliers, emportant avec eux mobilier et biens, souvenirs et regrets, se pressent pour quitter Venise, l'abandonnant théoriquement aux seuls faisceaux des lampes torches des autorités italiennes.

 

Pourtant, c'est avec étonnement que l'on voit débarquer des résistants qui veulent coûte que coûte rester à Venise. Nous rencontrons d'abord Laurent : s'il semble être un homme fort et audacieux, il porte en lui des failles qui l'affaiblissent et le rendent plus humain. Puis vient un étrange cortège de personnages costumés, qui invitent Laurent à se joindre pour une dernière mascarade. Drôles de bals en perspective, mais l'auteur entretient à merveille un fantasme bien humain : qui n'a jamais rêvé de n'avoir que pour lui Venise, Paris ou tout autre ville qu'il aime et parcoure avec bonheur ?

 

L'histoire qui lie Marie et Laurent sert de fil directeur aux aventures des derniers vénitiens, mais l'ensemble des participants cache des secrets qui expliquent leur présence en ces dernières heures de la ville. La perte, quelle qu'elle soit, semble toutefois être leur dénominateur commun. On découvrira au fur et à mesure les liens qui les rapprochent et qui structurent la démesure des soirées qu'ils organisent avec force costumes, décors et mises en scène.

 

J'ai parfois été un peu surprise d'un style paradoxalement simple et peu orné de la part de l'auteur dans les dialogues entre les personnages, voire familier, qui contraste avec le faste d'une Venise décrite en long et en large, pour notre plus grand plaisir, dans ses aspects les plus méconnus. A posteriori, je me rends compte que Venise reste bien le décor de l'action et pas un personnage à part entière de l'histoire, mais également que le style concorde fort bien avec la réalité de ces personnages que l'on croise à la frontière des siècles qu'ils veulent recréer alors qu'ils sont eux-mêmes fortement liés à leur propre époque.

Une fois n'est pas coutume, j'aurais même aimé davantage de détails sur la passion physique qui relie Marie et Antoine et que l'auteur suggère... Mais j'ai imaginé ! Il faut dire que l'histoire de Marie s'y prête à merveille et que l'on se plaît à se demander si l'on pourrait, nous aussi, verser aussi totalement, inconditionnellement dans une histoire d'amour.

 

Merci pour cette belle découverte aux Agents Littéraires, grâce à qui j'ai déjà découvert Damnée, et qui ont le mérite de nous faire découvrir des auteurs prometteurs et encore discrets...

Si vous êtes tentés par une visite de la Sombre Lagune, je me propose de le faire voyager jusqu'à vous, afin que vous rencontriez vous aussi la troublante Marie et l'audacieux Laurent ! Faites-moi signe !


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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 13:25

Deux jumeaux, Jad et Claris, s'apprêtent à fêter leur anniversaire : ils vont avoir treize ans ! Mais cela fera dix ans que leur mère, Sierra, a disparu mystérieusement ; Eben, leur père, semble toujours aussi amer et s'est éloigné progressivement d'eux, sans les avoir vus grandir. Heureusement, les enfants sont bien entourés : entre Chandra, leur bien-aimée nourrice, Ugh, le fils de celle-ci et leur meilleur ami, et Blaise, leur précepteur, les jumeaux ne manquent pas d'affection. Bientôt, les enfants font la connaissance de la famille de l'aveugle Bahir : son épouse, Maya, était la meilleure amie de Sierra. Petit à petit, en compagnie des filles de Bahir et Maya, les enfants se découvrent des dons psychologiques insoupçonnés, qui les laissent songeurs... Mais ces dons, dangereux au possible et interdits dans la cité par leur grand-père Jors, vont les mener vers d'étranges découvertes.

 

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Les Eveilleurs est un livre à mi-chemin entre science-fiction et fantasy pour jeunes ados qui ne se contente pas de présenter au lecteur, ado ou non d'ailleurs, un univers merveilleux dans lequel cohabitent des hommes aux coutumes diverses, des animaux étranges et des esprits enchantés : c'est avant tout une histoire de famille, d'abord mise à mal par la perte d'une mère aimée et aimante, qui ré-apprend petit à petit à se découvrir, se comprendre et agir en cohésion. Les bons sentiments sont de rigueur, même si les jeunes héros nous sont montrés en pleine adolescence et, donc, en proie à des sentiments très contradictoires parfois... Il faut croire que la crise de l'adolescent n'épargne pas les héros de fantasy ! Mais ces caprices sont vite réduits à néant par l'incroyable bon fond des enfants, qui semblent avoir un gène de la famille particulièrement développé. Le lecteur s'amusera à constater que de nombreux romans jeunesse à la mode ces dernières années sont devenues des références dans les siècles à venir !

 

Situé à une époque plus avancée de quelques centaines d'années, le livre nous dépeint une société qui ne connaît plus aucune des avancées technologiques de notre temps : tous les objets servant au développement des liens virtuels entre les hommes ont disparu après avoir été la cause d'une disparition quasi-totale de l'humanité, qui s'est entretuée pour le plaisir de ces drogues virtuelles. Roman "à message", Les Eveilleurs nous montrent à quel point l'amitié et l'entente cordiale vaut mieux que le jeu à outrance et les relations virtuelles souvent vaines. Soit : même si l'ouvrage s'adresse aux ados, je dois dire que j'ai trouvé le procédé plutôt simpliste. J'aurais aimé davantage de noirceur, de mystère plutôt que tant de bons sentiments. De là à dire que je me suis ennuyée, non, mais le tome 2 ne m'attire pas !

 

Merci aux éditions Hachette pour m'avoir permis de lire ce livre !

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:42
Et dire que, l'an dernier, j'avais sauté avec enthousiasme sur le challenge Jane Austen qui était, par la même occasion, devenu le tout premier challenge auquel je participais... Depuis, j'ai laissé un peu tomber l'affaire : avoir relu la belle histoire de Raison et sentiments m'était grandement suffisant, surtout après avoir visionné la version filmique avec Emma Thompson et le grand Alan Rickman ***soupir***.

Pourtant, c'est bien avec Jane Austen que je renoue aujourd'hui, le temps d'une lecture commune avec Nanne, Gio et Saraswati.


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"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

A dix-neuf ans, Emma Woodhouse aime jouer les marieuses : elle qui a perdu sa mère et n'a plus que son père malade auprès d'elle, elle a pris sous son aile la jeune Harriet et ambitionne de la marier à un homme bien sous tous rapports. Ainsi, quand Victor Martin demande à Harriet de l'épouser, Emma la pousse à refuser et la destine à devenir un jour la femme de M. Elton, ce pasteur qui possède toutes les qualités d'un gentleman...

Combien de fois ai-je pensé, au cours de ma lecture "Mais Emma, mêle-toi de tes oignons !"
Voilà bien un personnage insupportable... Pourtant, Emma semble animée de la meilleure volonté du monde pour aider et rendre heureuses les personnes qui l'entoure ; mais une fois qu'elle a quelque chose en tête pour Harriet, on ne peut plus l'en dissuader. Etrange phénomène que cette obstination caractéristique à vouloir que l'on agisse selon son goût, alors qu'elle-même a bien du mal à se fixer à une activité qui dure ! Toujours est-il qu'avant d'atteindre plusieurs dizaines de pages, on a déjà envie de lui botter le train pour lui faire passer l'envie de se vanter sans arrêt, de soutenir coûte que coûte son opinion et de faire fi des sentiments de ses proches.
(Quand je pense qu'au test "Quelle personnage de Jane Austen êtes-vous ?", j'avais obtenu Emma, je crois qu'il est temps que je me remette en question !)

En revanche, s'il m'a été impossible d'apprécier le personnage de l'héroïne, contrairement à Northanger Abbey ou à Raison et sentiments, par exemple, j'ai eu un grand plaisir à retrouver l'écriture de Jane Austen : sans concession envers Emma, elle sait nous la dépeindre sous un jour peu flatteur.
On retrouve également l'atmosphère si particulier de ses romans, qui nous donne envie, comme l'héroïne de Lost in Austen, d'aller faire un tour dans ce microcosme de campagne anglaise pour prendre part ou être témoin des relations de voisinage entre membres de la bonne société ou qui croient l'être... Je crois bien qu'il n'y a que chez Austen que j'apprécie de lire des centaines de pages pendant lesquelles la seule action consiste à l'ouverture d'une lettre, ou l'arrivée de telle personne dans la région !

Cette lecture me permet d'avancer dans quelques challenges !

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 14:00
Lorsque l'équipe d'Ulike m'a proposé de recevoir un album de la nouvelle collection éditée par Armand Colin, j'ai très longuement hésité. N'allez pas croire que je n'étais pas intéressée, loin de là : au contraire, les titres proposés me tentaient tous ! Regardez plutôt :



Les hommes-objets au cinéma, les grands pervers au cinéma, les monstres au cinéma... Je ne pouvais décemment choisir ! Du coup, j'ai opté pour la quatrième possibilité, la plus évidente : le péplum !



"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Le titre est explicite : l'album est entièrement dédié aux péplums (mais ne pourrait-on pas plutôt dire pepla, en respectant le genre neutre du latin ?), depuis leurs débuts sur nos écrans jusqu'à leur postérité chez de grands réalisateurs. L'introduction remet déjà les choses en place : le peplum étant d'abord une tunique portée à Rome, on parle d'abord de films en péplums avant de parler simplement de péplums. Le saviez-vous ?

Le livre suit ensuite une avancée chronologique, depuis la naissance du genre à la fin du XIXème siècle : on navigue en même temps de pays en pays, sillonnant la France, l'Italie, les Etats-Unis... C'est donc plus d'un siècle de péplums de tous horizons que l'on nous décrit dans les 120 pages du livre.

D'abord muets, les péplums ont eu un grand succès. Après une période de déclin, l'arrivée du son relance l'industrie du péplum. A ce stade intensif de production, c'est en effet bien plus qu'un genre mineur : les décors deviennent grandioses et des vedettes spécialisées ès péplum se révèlent, certains étant de "vrais" acteurs, d'autres d'anciens culturistes !

Je suis allée de découverte en découverte grâce à cet album : le péplum muet Cabiria, tourné en Italie en 1913, est qualifié de "film de tous les superlatifs" et marque "l'apogée du Péplum" (notez la majuscule !). Intolérance, en 1916, parvient encore à le dépasser...


Il est amusant aussi de voir les modes défiler chez les actrices : en 1917, Theda Bara, une vraie vamp, campe Cléopâtre, qu'incarnera la très belle Elizabeth Taylor en 1963. Notez la ressemblance dans le maquillage !



Claudette Colbert me convainc moins... Mais ces messieurs sont eux aussi séduisants, à commencer par Kirk Douglas incarnant Spartacus !


Comment ça, le regard bleu acier de Kirk/Spartacus n'est pas la première chose qui vous frappe lorsque vous regardez cette image ? Eh oui, le kitsch, c'est aussi un des éléments constitutifs d'une période troublée du péplum, mais ça a le don de beaucoup m'amuser !
Apparemment, celui-là atteint le summum du kitsch :



Après des années de désuetude, le péplum retrouve une heure de gloire dans les années 2000 avec un film que vous vous devez d'avoir vu, au moins, si vous n'avez pas supporté les innombrables heures des films de Cecil B. DeMille : Gladiator. L'album se termine donc sur cet héritage qui se déploie en ce début de XXIème siècle...

L'observation des nombreux mythes et épisodes fameux qui reviennent souvent dans les péplums, telle que Laurent Aknin les a observés, m'a passionnée. J'ai dévoré cet album, et j'envisage sérieusement de me replonger dans ce genre multiple pour les vacances qui approchent, en espérant que le Père Nowel m'en apporte un ou deux sous le sapin ! Je les regarderai sous un nouvel angle, éclairée par cet album que je trouve à la fois précis et riche.

Merci à Ulike et aux éditions Armand Colin !



Stephie l'a aussi lu, l'a-t-elle autant apprécié ? Quant à Pimprenelle, n'a-t-elle pas été trop effrayée par tous les monstres qu'elle a rencontrés dans son album ?

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 00:30
C'est Manu, du blog Chaplum, qui m'a fait parvenir ce livre lors de l'opération Passe ton livre à ton voisin. Ca fait longtemps, me direz-vous, sauf si vous connaissez vous aussi les affres de la PAL qui déborde ! Et il fallait bien attendre les vacances pour attaquer ce pavé, qui avoisine les 650 pages.


Je trouve la couverture très jolie. Par ailleurs, le regard de la jeune femme, perdu dans le lointain, reflète tout à fait ce l'attitude de l'héroïne, Iris, qui vit dans le luxe mais est ignorée et incomprise.

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Iris Chase
a plus de quatre-vingts ans. Sentant que sa fin est proche, elle décide de raconter à sa petite-fille qu'elle n'a pas revue depuis très longtemps son enfance, son adolescence puis son mariage malheureux avec un riche industriel. Interrompu par des articles de presse, ce récit a pour but premier d'expliquer le geste de sa soeur, Laura, qui s'est suicidée à vingt-cinq ans, cinquante ans plus tôt. Alors que la presse, sous la pression du mari d'Iris, a conclu à l'accident, Iris raconte qu'il n'en est rien, et explique peu à peu pourquoi en dépeignant sa soeur et son caractère si particulier... On lit également des extraits du roman posthume de Laura, un roman de science-fiction intitulé Le Tueur aveugle.

650 pages pour expliquer qu'un accident n'en est pas un, c'est beaucoup. Surtout lorsque la victime s'est jetée d'un pont... Je dis ça, je dis rien. Pourtant, la lecture est fluide grâce à la multitude de voix qui se croisent : Iris qui raconte sa vie actuelle de vieille femme grabataire, Iris racontée par elle-même enfant puis jeune adulte, les journaux, le roman de SF. Au sein de ce même roman, le narrateur change. Je n'ai pas vraiment compris la nécessité de ces passages de SF au sein d'un livre qui s'en serait fort bien passé, d'autant que ça ne nous apprend rien sur Laura ni, a posteriori, une fois le livre lu en entier, sur l'ensemble des personnages.

Iris est une héroïne complexe. Petite fille, elle veille sur sa soeur et se montre lucide par rapport à Laura, sensible et influençable. En grandissant, les rôles s'inversent et les différences se font flagrantes lors du mariage arrangé d'Iris : elle se laisse diriger par sa belle-soeur Winifred et semble n'être plus qu'une éponge, alors que Laura s'affirme et vole de ses propres ailes. C'est à la mort de Laura qu'Iris coupe les ponts avec son mari et Winifred, et on sent dans son récit rétrospectif qu'elle est devenue une femme forte, même si elle est désormais impuissante à son âge, et surtout terriblement seule. C'est un véritable appel qu'elle lance à sa petite-fille, un cri d'amour venant d'une femme dont on sent qu'elle n'a jamais été aimée pleinenement par quiconque...

Quelle douleur que cette solitude... Margaret Atwood n'hésite pas à dépeindre la vieillesse sous un angle difficile : la maladie, l'affaiblissement du corps. Pourtant, rien n'empêche Iris d'écrire, elle qui veut absolument donner sa vérité à sa petite-fille Sabrina. Seule survivante d'une époque disparue, Iris révèle une vérité que l'on ne soupçonnait pas, et la fin éclaire le livre d'une nouvelle lumière.

Allie a elle aussi aimé, alors que Brize l'a trouvé long.

Merci encore, Manu ! Une belle découverte.
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 11:46


Voici un nouvel épisode de mon avancée dans le challenge Austen, et pas des moindres : ce Mansfield Park est un sacré pavé !


Je trouvais cette couverture sacrément laide, et puis je m'y suis faite. J'étais bien plus réjouie que cette jeune dame de séjourner à Mansfield pendant ma lecture ; elle, elle boude...

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Faisons simple : A l'âge de dix ans, la jeune Fanny Price, fille aînée d'une ribambelle de mioches, est recueillie par son riche oncle et sa tante, Sir et Lady Bertram. Lady Bertram est d'un caractère plutôt placide, tendance mollassonne, et Sir Bertram intimide tout à fait Fanny par son sens des convenances. Les cousines de Fanny, Maria et Julia, ne se préoccupent pas vraiment d'elles. Ce n'est donc pas toujours la fête au château, d'autant que la soeur de Lady Bertram, Mrs Norris, fait de Fanny sa Cendrillon. Heureusement, Fanny trouve en la personne de son cousin Edmond une grande source de réconfort : il est le seul à témoigner envers elle d'aimables sentiments. Très vite, Fanny s'attache tendrement à lui.

Mais l'arrivée dans le voisinage d'Henry Crawford et de sa soeur Mary va troubler cette vie paisible. Henry Crawford commence par charmer Maria, pourtant promise à un autre, et le doux Edmond s'amourache de Mary, qui le méprise parce qu'il est destiné à devenir simple pasteur. Pour la jeune Fanny, qui a maintenant dix-huit ans, c'est un coup dur : elle est si timide, si vertueuse qu'elle n'ose exprimer tout haut ses sentiments, qu'il s'agisse de prévenir les mauvaises conduites ou d'avouer à Edmond qu'elle l'aime.


J'ai... adoré. La galerie des personnages dépeints par Austen est particulièrement diversifiée : Sir Bertram, sévère mais juste, la molle Lady Bertram, l'acariâtre Mrs Norris, la douce Fanny, la peste Mary Crawford, le Dom Juan Henry, le fils prodigue Thomas Bertram, Edmond le bon garçon... Il y en a pour tous les goûts ! Tant de fois j'aurais voulu intervenir pour secouer Fanny et lui dire "maisvaluidirequetul'aimespunaisequesssstattends ?", ouvrir les yeux d'Edmond et rabattre son caquet à tata Norris ! Et quand je m'investis autant, c'est bon signe (même si j'ai l'air folle^^)


Si le style d'Austen ne me déçoit jamais, j'ai en plus apprécié à sa juste valeur tout l'humour déployé dans ce roman, et l'ironie (si, si, je vous assure) avec laquelle elle juge ses personnages : Lady Bertram et Mrs Norris en font particulièrement les frais. En revanche, c'est la première fois que je remarque que tant de mots sont mis en valeur par l'emploi de l'italique, ce qui m'a plutôt ennuyée au début de ma lecture. Et le style indirect libre, ça va bien deux minutes...


Quelques avis de copines bloggeuses en passant : Ori, The Bursar, Chinchilla, Pimpi
Si je vous ai oublié(e), n'hésitez pas à me le préciser !

Et bientôt, mon avis sur l'adaptation, qui s'annonce désastreuse... Je n'en dis pas plus !
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 11:42

 

 

Il fut une époque où, vaillante lycéenne en série littéraire, j'étais prête à tout lire et à tout découvrir. Mais n'allez quand même pas croire, chers lecteurs, que cette époque soit si lointaine :)C'est grâce à une de mes profs d'anglais de seconde et de première que j'ai commencé à vraiment lire en anglais, avec les oeuvres de Francis Scott Fitzgerald. Ainsi donc, j'avais profité d'une journée à Paris pour aller choisir chez Gibert quelques bouquins en anglais pour m'exercer, et Northanger Abbey faisait partie de ceux-là. La tranche a été si maltraitée qu'on peine à lire le titre dessus, mais j'aime tellement cet exemplaire que je n'ai pas prévu d'en acheter un autre, ni de le lire en français.

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

L'histoire commence par un portrait peu flatteur de Catherine Morland pendant son enfance, celle qui deviendra notre héroïne : pas jolie, pas douée pour les études, plus prête à se rouler dans les prés qu'à devenir une jeune fille correcte... C'est pas gagné, dirons-nous.
Heureusement, l'adolescence la rattrape et elle grandit enfin pour devenir une jeune fille charmante. Les Allen, un couple de gens riches du voisinage, sans enfant, la prennent sous leur aile et lui proposent de passer en leur compagnie quelques semaines à Bath. Voyant dans cette proposition tout ce que ce séjour pourrait lui apporter comme nouvelles rencontres et comme amusement, Catherine accepte.

 

Si au départ elle ne connaît personne et se promène simplement avec sa bienfaitrice, elle ne tarde pas à faire la rencontre d'un jeune homme charmant et dont la conversation lui plaît énormément, Mr Henry Tilney. Mais dès le lendemain de leur rencontre, il demeure introuvable... Catherine fait d'autres rencontres, notamment celle d'Isabella Thorpe et de son frère John, mais également celle de la soeur d'Henry, Eleanor. Mais les Tilney doivent bientôt quitter Bath et rentrer chez eux : ils proposent à Catherine de se joindre à eux et de passer quelque temps à Northanger Abbey.


Ce lieu sera pour Catherine l'occasion de se rêver comme une héroïne des romans gothiques qu'elle affectionne, au point d'être intimement persuadée qu'un meurtre y a été commis... De fil en aiguille, des amitiés se défont tandis que d'autres se renforcent.



Mon résumé ne traduit pas du tout l'ironie mordante dont Jane Austen fait ici preuve. Suivre Catherine dans ses journées de détente à Bath est un vrai plaisir puisque, par petites remarques subtiles, on apprend les défauts des uns et des autres, leurs travers. On observe le fond des relations humaines avec bien plus d'acuité que ce roman ne laisse présager, et certains phrases sont drôlissimes ! Bref, une lecture encore une fois très agréable avec l'avantage de la VO, cette fois ! Et encore une belle histoire d'amour, qui se conclue quand même un peu vite à mon goût.

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:54

Puisque c'est dans cette édition que j'ai découvert Jane Austen quand j'étais ado et que j'arpentais avec ardeur les rayonnages de la bibliothèque municipale, c'est celle-ci que j'ai choisie il y a peu pour me relancer dans sa lecture.

 J'en conviens, la couverture est un poil laide, l'unisourcil de la demoiselle et sa robe tapisserie tendance rideau peuvent prêter à sourire ; mais je suis ravie de voir cet ouvrage trôner fièrement dans ma bibliothèque à moi !

Contrairement à ce qu'annonce la couverture, c'est Raison et sentiments qui est le premier roman du livre ; en toute logique, c'est par là que j'ai commencé.

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"


A la mort de son époux, Mrs Dashwood et ses trois filles, Elinor, Marianne et Margaret, se voient chassées de leur demeure par John Dashwood, fils d'un premier mariage de feu Mr Dashwood, et par son acariâtre épouse, Fanny.

Les quatre femmes doivent se contenter d'un cottage un peu défraîchi sur les bords mis à leur disposition par un membre éloigné de leur famille, sir John Middleton. Pour lui montrer leur gratitude, elles fréquentent son salon et son entourage.

Il est temps de nous pencher un peu plus sur ces soeurs et leur personnalité : nous n'avons que peu d'occasions de croiser Margaret, mais ce sont les histoires croisées des amours contrariées d'Elinor et de Marianne qui nous occupent. Là où Elinor se montre posée, discrète, polie, Marianne se révèle impétueuse, passionnée, sentimentale, et leurs deux natures complètement différentes leur feront affronter les contrariétés de manière tout à fait opposées.

Un jour, au cours d'une promenade tout à fait romantique dans la lande, à rêvasser sous la pluie en divaguant entre les bruyères, dans un état d'esprit qui n'aurait déplu ni à Emily Brontë ni à Chateaubriand, Marianne tombe et se blesse à la cheville. Heureusement, le prince charmant passait par-là sur son fougueux destrier, en la personne d'un gentleman nommé Willoughby... Marianne et lui sympathisent et voient l'un dans l'autre le même caractère passionné, ce qui ne plaît que fort peu au Colonel Brandon, très épris de Marianne qui l'ignore royalement. Pourtant, après des semaines de flirt réciproque entre Marianne et Willoughby, il la quitte brusquement et se rend à Londres : Marianne le croise un soir lors de vacances chez des amis, et il la snobe, accompagné d'une jeune beauté. Marianne tombe de haut et se laisse dépérir, mettant sa vie gravement en danger...

Elle est soutenue par Elinor qui, de son côté, est éprise d'Edward Ferrars. Cependant, alors que ses sentiments paraissaient partagés par lui, elle apprend qu'il doit en épouser une autre. Mais, contrairement à Marianne, elle souffre en silence, soucieuse de ne pas causer de peine supplémentaire à son entourage. Après moult péripéties et rebondissements en tous genres, tout finira par être pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles... mais pas forcément comme on l'avait imaginé !

Oui, je suis une ado attardée : j'aime les histoires d'amour. Deux pour le prix d'une avec Elinor et Marianne, j'étais servie ! Mais quand elles s'agrémentent d'une galerie de portraits aussi savoureux que ceux que peint Jane Austen, c'est un régal : je pense notamment à l'ironie avec laquelle elle nous présente Mrs Jennings et surtout sa fille, Charlotte Palmer !
Des personnages qui se croisent, des quiproqui, des relations qui se transforment aussi vite en amitiés qu'en inimitiés : on a du mal à croire qu'un microcosme tel que celui dans lequel vivent les soeurs Dashwood puisse faire naître tant d'intrigues. Et pourtant, Jane Austen nous enchante et nous entraîne à la suite de ses personnages sans que je trouve rien à redire à son style. De l'amour et de l'ironie, du mordant ; j'ai hâte de me plonger dans Orgueil et préjugés...
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Published by Neph - dans A
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