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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 13:52

Rater son avion, c'est une grande première pour Hadley. Elle qui souffre de crises de claustrophobie se voit obligée de patienter à l'aéroport jusqu'au prochain avion pour Londres, trois heures plus tard... Et tout ça pour aller assister, en tant que demoiselle d'honneur, au mariage de son père avec une certaine Charlotte, qu'Hadley ne connnaît pas mais qu'elle déteste déjà. Bref, Hadley a connu des jours meilleurs... Mais un jeune garçon, prénommé Oliver, lui donne un coup de main pour sa valise et se trouve être son voisin dans l'avion : pendant sept heures, de jolis liens se tissent entre eux. A l'arrivée à Londres, il leur faut pourtant se quitter...

 

Amouraupremierragard.jpg

Je ne suis simplement pas d'accord sur le choix de ce petit couple pourtant bien mignon en couverture :

si Oliver pourrait encore convenir, Hadley ne ressemble pas à cette petite brunette !

 

Voilà, vacances + coeur de midinette = livre dévoré en une soirée en solo !

Il faut dire que, chez Hachette jeunesse, les romans destinés aux jeunes filles (et n'allez pas me dire que je n'en fais plus partie, hein !) sont de qualité : déjà,  Mon Bel Amour, de Jacqueline Woodson, m'avait traumatisée en me faisant pleurer comme une fontaine...

 

Heureusement, ici, pas de quoi pleurer, mais plutôt s'attendrir. Hadley a tout d'une jeune fille sympa, de la bonne copine aux malheurs de laquelle on compatirait sans problème. Il faut dire que le mariage de son père avec une marâtre inconnue n'est pas un événement réjouissant... Pour autant, je ne cautionne pas les paroles blessantes d'Hadley à sa mère, tout aussi perdue qu'elle. Toutefois, la réconciliation est de mise dans ce roman qui, sans être à tout prix sentimentaliste, condense quand même des relations familiales plutôt politiquement correctes. Ainsi, tout finit par rentrer dans l'ordre, et ce pour tout le monde !

 

Mais c'est bien la relation naissante entre Hadley et Oliver qui nous intéresse : l'aéroport, lieu propice aux rencontres, est l'occasion pour Oliver d'agir en gentleman en aidant Hadley. D'ailleurs, Oliver n'a aucun défaut (et ce n'est pas faute d'avoir cherché, croyez-moi) : si c'est assez peu crédible, mon éternel côté jeune donzelle au coeur tendre a pourtant flanché et je me suis aussi laissée séduire par ce petit copain idéal et bien sous tous rapports ! D'ailleurs, Hadley semble parfois gentiment nunuchette à ses côtés...

 

Pour résumer, si adolescente vous avez toujours rêvé que ce genre d'aventure amoureuse vous arrive (sans que ça n'arrive jamais dans la vraie vie, soyons réaliste), ce livre est fait pour vous et vous ravira autant que moi ! Une jolie romance, guimauvesque comme on les aime... Ca fait du bien de temps en temps !

 

Merci aux éditions Hachette Jeunesse ! La fiche de ce livre est disponible sur le site Lecture-Academy !

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 12:40

2012 ne marque pas qu'une année d'élections présidentielles françaises, de jeux olympiques londoniens ou de fin du monde généralisée ! C'est aussi l'occasion de fêter les trois ans de mon blog qui, malgré les désaffections temporaires et les envies de déménagement, tient bon la barre et tient bon le vent hisse et ho Santiano.

 

Vous connaissez le principe : tous les deux jours, je vous présente une photo d'auteur à identifier !

 

On commence facile avec ce grand monsieur qui n'a pas que la corde de l'écrivain à son arc !

 

Concours-2012-1.jpg

 

 

Comment participer ?

Si vous pensez avoir reconnu l'auteur, envoyez-moi votre réponse par mail  via la rubrique Contact, en haut à droite de la page d'accueil, en signalant votre participation dans les commentaires afin que je m'y retrouve !


Par ailleurs, je précise que ne peuvent participer que ceux qui sont déjà passés par ici et ont déjà laissé au moins un commentaire en ces lieux, ou à des bloggeurs avec qui j'ai déjà échangé virtuellement parlant. Non non non, je n'ai aucune honte à réserver mon concours à des connaissances plutôt qu'à des affamés de concours qui ne viendraient que pour ça !


Le gagnant sera celui qui, au bout des dix portaits, aura reconnu le plus d'auteurs ! Vous pouvez envoyer vos réponses une par une ou en envoyer plusieurs d'un coup si vous le souhaitez.


Et qu'est-ce qu'on gagne ? Le gagnant recevra chez lui un petit colis de ma part contenant des livres, et tout le nécessaire pour passer de bons moments de lecture ! Après Yspaddaden et Myrddin, qui sera l'heureux/heureuse élu(e) ? 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:09

These are the stories of the cops that capture the monsters

and the camera crew that captures the cops*

 

*Jeu de moooots ! Dans cette phrase, to capture : capturer/filmer

(Voici les histoires des flics qui capturent les monstres, et de l'équipe de télé qui filme les flics.)

 

Death-Valley-sur-MTV.jpg "Let's go out and kill something !"

 

En Californie, des hordes de zombies débarquent en ville et sèment la zizanie : les morts-vivants attaquent la population, des jeunes s'amusent à les tabasser... Les loups-garous sont soumis à un couvre-feu les soirs de pleine lune qu'il faut faire respecter, car ils ont la fâcheuse tendance de vouloir s'échapper pour s'attaquer à des jeunes femmes. Enfin, les vampires, en organisant des fêtes qui ont tout pour séduire les étudiants, séduisent pour convertir de futurs suceurs de sang.

 

La brigade de l'UTF (Undead Task Force) menée par le très pragmatique capitaine Franck Dashell a donc du pain sur la planche... d'autant qu'il faut faire bonne mesure devant les caméras de l'équipe de télé qui suit en permanence les policiers, pour réaliser un documentaire sur leur quotidien !

 

Death-Valley-journalistes.jpg

Hi guys !

 

Deux binômes sont suivis au fil de leurs interventions : il y a d'un côté Billy et Joe, le dragueur impénitent et pas très fin associé au père de famille bien sous tous rapports et parfois un peu coincé. On remarquera d'ailleurs à la fin des douze épisodes de cette première saison que l'un et l'autre ont évolué, prenant certaines qualités de leur coéquipier... et parfois un peu ses défauts aussi !

 

Death-Valley-Billy-et-Joe.jpgJoe (à gauche) et Billy (et le perchiste, derrière) faisant face à une zombie qui va passer un sale quart d'heure...

 

De l'autre côté, on rencontre Carla et John-John : l'une est la meilleure tireuse de la brigade, l'autre lui voue une admiration sans bornes... et espère bien la tirer, justement séduire un jour. A ceci près que Carla ne se laisse pas faire !

 

Death-Valley-Carla-et-John-John.jpgLà, ils envisagent de se débarrasser d'une victime mordue par un zombie... Pas de pitié !

 

Pour compléter le tableau, il y a évidemment le commandant Dashell... Rude, sans aucune qualité relationnelle, il n'est pas très diplomate et se montre souvent sexiste. C'est le prototype du mââââle qui se veut dominant et qui sait surtout se montrer ridicule.

 

Death-Valley-Dashell.jpgEn pleine phase de repérage de sa future victime féminine... quel talent !

 

Dashell est d'ailleurs bien loin de s'imaginer que sa nouvelle recrue, Kirsten, est une fliquette hardie au combat et qui va vite prendre de l'assurance. Dans le premier épisode, la scène dans laquelle Kirsten se débarrasse d'un zombie alors que Dashell et Joe discutent risque de devenir culte !

 

Death-Valley-Kirsten-contre-un-zombie.jpg

Mouahahah.

 

Les épisodes, d'une vingtaine de minutes chacun, s'enchaînent avec rythme. Et si la série marche si bien, c'est qu'ils allient humour et action sans faiblir. Les déconvenues successives de John-John, les jeux de mots bien graveleux de Billy et la rudesse de Dashell sont autant d'occasions de rire de bon coeur, même si ce n'est pas très fin (mais ça se saurait, hein, si j'étais la prêtresse d'un humour raffiné. D'ailleurs, je crois bien que je suis amoureuse de Billy).


'Videmment, c'est gore aussi. Et quand je dis gore, c'est qu'il n'y a pas d'autre moyen de se débarrasser d'un zombie que de lui éclater le cerveau. Généralement, avec une balle. Sinon, avec ce qui vous passe sous la main ! Bref...

 

Death-Valley-John-John-zombie.jpgSacrée poigne, ce John-John !

 

Vous l'aurez compris, je suis fan ! Merci, Acr0, pour cette découverte haute en couleurs et en boyaux zombiesques !

 

(Captures (encore ?!) d'écran tout droit tirées (par mes soins) du premier épisode.)

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 13:30

Destinée à devenir la Mère de Béthely, celle qui perpétuera la lignée, Lisbeï est élevée dans le but de célébrer un jour la Danse, cérémonie rituelle qui vise à la procréation avec un Mâle. Mais, en grandissant, Lisbeï se révèle être stérile... C'est sa soeur, Tula, dont elle est si proche, qui va remplacer Selva en tant que Mère. Lisbeï, elle, doit trouver sa nouvelle place. L'exploratrice Kélys va l'y aider et Lisbeï, devenue à son tour exploratrice, va de découverte en découverte. L'une d'entre elle, majeure, va peut-être bouleverser les croyances du Pays des Mères, et la vie de Lisbeï par la même occasion.

 


paysdesmeres.jpg

 

Toute nouvelle inscrite sur le Cercle d'Atuan, j'ai été ravie d'accompagner les membres tutélaires du forum dans une de leurs fameuses lectures communes, celle de janvier histoire de bien commencer l'année ! Malgré toute cette bonne volonté, j'ai quand même trouvé quelques désagréments à ma lecture...

 

Le Pays des Mères imaginé par l'auteur fait la part belle aux femmes ; c'est le moins que l'on puisse dire. D'ailleurs, je devrais dire "auteure", même si ce féminin abusif me hérisse le poil : Elisabeth Vonarburg fait de ce procédé la règle grammaticale fondamentale du Pays ! Les accords se font tous au féminin... au point que le mot "chevale" supplante le mot jument ! Il m'a fallu plusieurs bonnes dizaines de pages pour me familiariser avec l'idée, mais les 625 pages du roman ne m'ont pas permis de m'en remettre !

 

Le fonctionnement du Pays des Mères est fondé sur la domination des femmes sur les hommes, relégués au simple rang de procréateurs, et ce pour une faible marge d'entre eux. Les petites filles naissent plus nombreuses que les petits garçons et, en grandissant, les jeunes femmes n'imaginent pas un seul instant se lier d'amitié avec eux, ni même les côtoyer. Drôle de fonctionnement, mis au point après des siècles d'abus perpétrés contre les femmes et que l'on comprend au fur et à mesure l'Histoire du Pays se dessine devant nous :  Harems, Ruches, nombreux sont les systèmes d'Etat abandonnés au profit de celui-ci qui, enfin, fait des femmes le sexe au pouvoir, et ce à tous les rangs et places de la vie quotidienne comme au plus haut de l'Etat.

Toute l'éducation procède d'une préservation coûte que coûte des enfantes (sic !) qui, fruits des relations règlementées entre Rouges (femmes et hommes en bonne forme et en âge de procréer), sont éduquées loin de leur mère respective : ce terme même est inusité et les enfantes sont élevées par des nourrices. Pire encore : "Les enfantes sont élevées à l'écart, en garderie jusqu'à sept années, comme chez les Juddites les plus strictes. "Mosta", non-personnes, jusqu'à sept années [...] Pratiquement pas d'éducation avant sept années non plus, bien entendu ! "Moins les mosta en savent, moins elles en perdent si elles doivent rejoindre Elli"". Voilà qui est terrifiant : on n'éduque pas les enfant(e)s avant sept ans, des fois qu'ils/elles meurent en bas âge et que leur savoir soit ainsi perdu !

Si des références multiples évoquent au lecteur son propre monde dont il reste quelques traces à l'époque du Pays des Mères, la société mise au point possède des défauts qui m'ont semblé rédhibitoires à l'épanouissement de la majeure partie de ses membres. Par ailleurs, la réglementation absolue des relations charnelles amène à une incompréhension de la sexualité, au point qu'aucune des relations dont on sera témoin dans l'ouvrage n'échappe à l'inceste ou à une violence sous-jacente, physique ou morale et consistant alors en une grande méconnaissance de l'autre. Je crois que cela a été le point le plus difficile à surmonter au fur et à mesure de ma lecture.

 

Seuls les efforts de Selva pour contrecarrer, à sa modeste échelle, des traditions séculaires qu'elle juge douloureuses ou dépassées, ont trouvé grâce à mes yeux. Lisbeï est un personnage torturé, marqué au fer rouge par la séparation forcée d'avec sa soeur Tula : malgré les réussites, jamais elle ne s'épanouit complètement et sans arrière-pensée. Elle grandit et évolue, certes, sans échapper pourtant à un ressentiment qui la dépasse. Lisbeï, une héroïne tragique ? Elle en possède clairement quelques caractéristiques...

 

Les réticences que j'ai mentionnées ont fini par avoir raison de mon intérêt pour l'ouvrage : j'ai traîné pour lire les deux cents dernières pages... Peut-être suis-je encore trop néophyte en terme de SF : en tout cas, la complexité de l'univers mis au point par Elisabeth Vonarburg n'a pas réussi à me charmer, ni ses personnages. Mais ça a au moins été l'occasion de lire l'ouvrage d'un auteur dont j'ai appris qu'elle avait été professeur de français, elle aussi, et même pas très loin de chez moi !

 

Les avis des lecteurs du Cercle : Tortoise, ... [à venir].

 


 


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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 19:21

L'hiver, rude, s'est abattu sur Ropraz et le massif du Haut-Jorat, dans le canton suisse de Vaud. En 1903, aucun progrès du confort moderne ne vient adoucir l'isolement et la claustration forcée des habitants de Ropraz, qui vivent dans une réclusion quasi-totale et marquée par la peur et la méfiance. Alors, lorsque le corps mort de la jeune Rosa Gillieron est exhumé la nuit suivant son enterrement et meurtri à de multiples endroits, la psychose collective débute. Dans les campagnes, on aimerait pouvoir lyncher l'horrible coupable, qui reste pourtant introuvable tandis que deux autres profanations de corps et de sépultures ont lieu coup sur coup. On arrête pourtant un jour Charles Favez pour maltraitance envers des animaux, avant de l'enfermer. Une douzaine d'années plus tard, Favez réussit à se faire oublier... mais jusqu'à quel point ?

 

Le-vampire-de-ropraz.jpg

 

Il est des livres qui vous suivent : ce Vampire-là, je l'avais repéré chez Pimprenelle il y a presque trois ans maintenant ! Il n'a pourtant croisé ma route que le week-end dernier... Ma déception post-lecture est peut-être d'autant plus grande que l'attente avait été longue !

 

De manière plutôt claire, le Haut-Jorat vaudois de Chessex, c'est la montagne enneigée qui coupe du reste du monde ses habitants chez Giono dans Un Roi sans divertissement. Chez Chessex toutefois, le sordide n'est jamais loin, et jamais le décor n'est poétisé ou personnifié. D'ailleurs, il est même évacué au profit de l'horreur, comme une circonstance atténuante aux crimes les plus abjects : "Dans ces déserts, le symptôme du vampire durera tant que cette société sera victime de la crasse primitive : saleté des corps, promiscuité, isolement, alcool, inceste et superstition qui infestent ces campagnes et créeront d'autres foyers d'exactions sexuelles et d'horreur sans merci."

 

Pourtant, même si j'apprécie le glauque en terme de thrillers, ce livre-là n'était pas loin de me mener à la nausée. Nécrophilie, pédophilie, zoophilie, tout y passe et mon coeur, que j'ai pourtant bien accroché, n'a pas apprécié les détails donnés par Chessex qui, loin d'écrire un roman, raconte ce fait d'hiver* comme une chronique.

 

Seule la fin, qui établit une possibilité fort dérangeante quant à la postérité de Favez, m'a réconciliée avec le livre, que je n'étais pas loin d'abandonner et que je n'ai terminé qu'à cause de sa brieveté. Comme d'habitude, avant de voir si je décide d'aimer ou non Chessex, il me faudra lire un deuxième ouvrage du sieur en question. Ca tombe bien, son Goncourt attend dans ma PAL !

 

*Oh, ça va, j'ai survécu à ma lecture, j'ai bien le droit à un jeu de mot tout pourri...

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:54

La mort de celle qu'il aimait tant sans jamais avoir réussi à le lui avouer a traumatisé Nicholas Newman. Trois ans plus tard, pas une nuit ne s'écoule sans qu'il soit hanté par des images terribles du corps de son amante, ravagé par les sévices qui ont causé sa mort douloureuse et que lui ont raconté les inspecteurs. Madeleine, qui était plus âgée que lui, a été assassinée, elle qui était si réservée mais si aimante, si discrète et si entière. Son objet préféré, une tour Eiffel en améthyste, a disparu cette nuit-là : quand Nicholas revoit cette tour en arrière-plan d'une photo, ses souffrances reviennent de plus belle, d'autant qu'il semble à son tour pris pour cible, et ce malgré la vigilance de l'inspecteur Christian.

 

delaney.jpg

 

La couverture hypnotique de ce livre m'avait poussé à l'acheter lors de ma dernière virée en librairie, et l'ouvrage n'a patienté qu'une seule et courte nuit sur ma PAL avant que je ne le dévore dans le journée de dimanche : voilà bien longtemps que je n'avais lu à ce rythme !

 

Il faut reconnaître que les premières pages y sont pour beaucoup : la souffrance reconnue par le narrateur depuis la mort de Madeleine est à la fois terrible et touchante, d'autant que Nicholas reconnaît bien vite qu'il n'a pas su l'avouer à celle-ci de son vivant. Cette douleur de l'"après Madeleine" est donc exacerbée par une sorte de culpabilité qui force Nicholas à ne pas laisser s'éteindre le souvenir de Madeleine. Comment comprendre alors les attaques dont est victime Nicholas ? Qui souhaite le voir abandonner rapidement la piste du meurtrier de Madeleine ?

Les attaques en question sont terrifiantes tant elles sont inattendues et violentes : l'acide qui remplace le shampooing à l'hôtel dévaste le cuir chevelu et la peau de Nicholas, ses comptes sont vidés et son appartement mis à sac et dégradé... Le pire consiste toutefois sûrement en cette attaque à coup d'essence lorsqu'il marche dans la rue et qu'on le transforme en torche vive...

 

Par ailleurs, le lien qui rattache Madeleine aux expériences nazies dont on lit les témoignages dans Les Enfants de la nuit se révèle à la fois fascinant et repoussant, surtout que l'ensemble touche à la question de l'intégrité physique des enfants vivant sous l'oeil inquisiteur des nazis. Les comptes-rendus que peut lire Nicholas sont autant de cauchemars aussi difficiles à lire pour lui que pour nous.

 

Seule la fin de l'ouvrage, comme pour trop de thrillers qui finissent par s'essoufler, s'avère pour moi moins réussie, non pas quant à la résolution de l'enquête mais à cause d'un rythme qui ne correspond plus au personnage de Nicholas, tout en contrastes et hésitations.

 

A noter, la suite des aventures de Nicholas Newman dans  Les Enfants de la peur, aux éditions du Cherche-Midi !

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:13

Jeune homme désargenté, qui avait pour gagne-pain inhabituel que de faire les poches des noyés qu'il repêchait de la Tamise, Tim Cratchit a trouvé refuge dans une maison close : il y est hébergé en échange de cours de lecture destinés à la mère maquerelle des lieux. Mais Tim est hanté par une vision cauchemardesque, qui le perturbe jour après jour, celle du cadavre d'une très jeune fille, abandonné en pleine rue. Voilà ce qui explique pourquoi Tim essaie de protéger Philomela, une jeune demoiselle, bien trop jeune justement pour être livrée à elle-même dans les rues de Londres, proie facile pour les pervers en tous genres. Mais pour protéger Philomela d'un trafic plus que malsain, Tim va devoir lutter contre des hommes de pouvoir, bien plus influents que lui.

 

lheritagedickens.jpg

 

La quatrième de couverture prévient le lecteur que le personnage principal, Tim, est le héros du Conte de Noël, de Dickens. N'ayant moi-même pas lu ce livre, je n'ai pu juger des qualités de reprise dont l'auteur avait fait preuve, mais Tim m'est apparu comme un personnage attachant, d'autant plus qu'il assume des défauts particulièrement humains. L'un d'entre eux, qui me parle encore plus peut-être parce que je pense en être affligée, me l'a rendu sympathique : le pauvre Tim se sent affligé de responsabilités quasi parentales à propos des enfants qu'il prend sous son aile et envers tout un chacun en général. Ah, materner n'est pas facile tous les jours, ni aisé à assumer !

Par ailleurs, on sent quand même que Tim souffre des relations complexes que le lient à sa famille : c'est flagrant avec son oncle (le fameux !), envers lequel il se sent redevalbe, et avec son frère. Le plus douloureux reste sans nul doute les visions qu'il pense avoir de son père, récemment décédé, et qu'il a l'impression de croiser de temps à autre, au détour d'une rue. Les lettres qu'il lui écrit sont terriblement émouvantes.

 

Le sujet du roman n'est pas des plus simples : le trafic des jeunes filles, petites filles même, s'avère difficile à appréhender et la scène des mariages forcés puis des nuits de noces entr'aperçues au travers d'une fenêtre a de quoi glacer les sangs. Heureusement, l'enquête peu conventionnelle de Tim, aidé d'un gamin des rues lui aussi attachant, permet de se lancer à la poursuite des terribles bourreaux de ces pauvres petites filles : chacun des bâtons mis dans les roues de Tim est un crève-coeur pour le lecteur en pleine empathie !

 

Après avoir déjà lu  La Tour noire, du même auteur, il y a à peu près un an, il me semble clair que l'auteur s'impose définitivement dans le créneau des romans policiers sur fond historique, et ce d'autant plus brillamment que l'auteur navigue aisément entre Paris et Londres !

 

Merci à Solène des éditions du Cherche-Midi pour cet envoi encore une fois réussi !

D'autres avis de lecteurs eux aussi charmés chez Gruikman, Karine :) et Keisha.


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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 13:45

Jeune cadre dynamique à l'époque où cette expression n'existait même pas, Harry White symbolise le gendre idéal dans toute sa splendeur : il est jeune, beau mec, travailleur, ambitieux, aimable avec ses parents et sait se faire aimer de tous, collègues compris. Seule ombre au tableau : Harry ne souhaite pas fonder de famille, et surtout pas s'embêter avec une jeune femme qui voudrait l'emprisonner dans une relation étouffante et problématique. Du coup, Harry White ne sort qu'avec des femmes mariées. Il cumule les aventures d'une nuit, d'un après-midi, d'une heure, jusqu'à l'overdose, et le malaise qui le consume va le mener vers une auto-destruction qui semble inévitable et qu'il ne s'explique pas.

 

demon.jpg

 

Je crois pouvoir affirmer que Le Démon est sans conteste l'un des plus grands romans que j'ai pu lire ces dernières années, si ce n'est au moins depuis l'ouverture de ce blog. Rien que ça. Je m'explique.

 

L'incipit donne le ton de l'ouvrage et de ce à quoi se résume la vie "sentimentale" (et c'est un bien grand mot, peut-être un gros mot) de Harry : "Ses amis l'appelaient Harry. Mais Harry n'enculait pas n'importe qui. Uniquement des femmes... des femmes mariées." Et vlan. Premier coup de poing d'un livre qui vous en assène des quantités, l'entrée dans le roman est aussi violente que la sexualité de son héros, quoique le terme d'anti-héros n'a peut-être jamais si bien porté son nom. Pourtant, Harry n'a rien d'un homme méchant, mauvais ou méprisable : il séduit les femmes en douceur, en sachant leur plaire, en sachant les écouter et les faire se sentir femmes en une entreprise de séduction charmante que leurs époux ont oublié depuis belle lurette. D'ailleurs, toutes celles qu'il emmènera jusqu'au lit (leur lit, bien entendu) sont consentantes et ravies de l'expérience, puisqu'en plus Harry est un amant hors-pair.

 

Là où le bât blesse, c'est sur la quantité astronomique des femmes que Harry "fréquente" à usage unique, au point qu'il finit par arriver en retard à son travail ou négliger l'anniversaire de sa grand-mère bien aimée. Harry est en effet un jeune homme absolument délicieux et aux multiples qualités, choyé par ses parents et apprécié de son patron, auprès desquels d'ailleurs il aime se retrouver le temps d'un dîner, d'une réunion, d'un séminaire. Et les débordements de sa sexualité, impossible à mener à satiété, inquiètent d'abord Harry, qui lutte aussi passionnément pour les réfréner que pour les assouvir.

Tout bascule à partir du moment où les envies de Harry prennent le pas sur son quotidien. Son mariage inattendu et sa vie de famille naissante ne réussissent pas à contrebalancer ses pulsions frénétiques de sexe, qui pourtant ne le satisfont pas ! Un mal être qui le dépasse l'habite et le rend malade sans que personne parmi ses proches ne parvienne à l'expliquer, et lui-même encore moins.

 

"Et Harry continua de travailler, enfermé dans son bureau, son oasis, son havre de paix, son refuge, enviant ceux qui étaient libres d'aller et venir à leur guise et priant le ciel pour qu'il puisse rester dans son bureau jusqu'au moment où quelqu'un viendrait le chercher pour le ramener chez lui, et passerait de nouveau le prendre le lendemain matin pour l'emmener au travail ; mais il savait qu'il ne pouvait s'empêcher de sortir de temps à autre, qu'il ne pouvait renoncer à ses virées dans ces bars dégueulasses où il levait quelque loque humaine répugnante pour y déverser son poison et ensuite essayer de vomir la pourriture infernale qui lui rongeait les tripes... Oh Seigneur, quelle pourriture ! Cette pourriture noire et suppurante qui le dévorait, et cette puantueur qui se dégageait de ses propres entrailles et lui emplissait les narines."

 

Les palliatifs trouvés par Harry pour oublier son malaise sont à la fois risibles et touchants, tant ils semblent ridicules et inefficaces. Seul le dernier surpasse ses envies dévastatrices, mais le mèneront finalement à sa perte avec une violence inouïe mais dont on se dit qu'elle était, finalement, inévitable.

 

Cette lecture ne m'a pas laissée de marbre, loin de là : j'ai été absolument bouleversée par la lecture de la vie de Harry, atteinte par ses failles et sa chute, et happée par un vide aussi effrayant que le sien en le suivant vers l'horreur. Je crois bien ne jamais avoir rien lu de tel... Cette remise en cause de l'American Way of Life, à travers l'exemple de Harry, est bien évidemment retrouvée chez Bret Easton Ellis dans American Psycho, que j'ai pensé relire un instant en refermant ce livre, mais que j'ai peur de trouver bien fade à côté de la puissance évocatrice de Selby Jr. C'est dire. A part me procurer rapidement Last Exit To Brooklyn, adapté au cinéma avec le troublant Requiem For A Dream, je ne vois pas.

 

L'avis de Marion vous convaincra peut-être également, je l'espère, de vous jeter sur ce chef-d'oeuvre, que je peux faire voyager jusqu'à vous si vous le souhaitez !


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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 13:14

Rester mariés des dizaines d'années, ça use. Irene et Gary ont eu ensemble deux grands enfants, qui ont quitté le foyer : maintenant, il ne reste plus qu'eux à la maison, malgré les visites fréquentes de leur fille et la proximité géographique des deux enfants. Alors, pour Gary, c'est l'occasion de réaliser son grand rêve de toujours : construire une cabane isolée, près du rivage, pour y finir ses vieux jours. Si son épouse était d'accord, au départ, c'était pour venir pendant la belle saison, sans plus. Alors que les différends se font jour, Irene semble atteinte d'un mal inconnu et ses migraines atroces laissent chacun démuni. Comment retrouver la quiétude, tant physique que morale, au milieu de tant d'incompréhensions ?

 

desolations.jpg

 

D'emblée, j'ai choisi mon camp : ce n'est pas demain la veille qu'on ira me faire couler des jours heureux sur une île glaciale et quasi désertique aux confins de l'Alaska. Pourtant, loin de se contenter d'une banale histoire de couple qui ne se comprend plus après des dizaines d'années passées ensemble, David Vann pousse le récit jusqu'à amener le lecteur dans un état de total investissement dans le cadre et l'ambiance de son récit. Il y a fort à croire que le même récit transposé ailleurs que dans les glaces du grand Nord n'aurait pas eu le même effet. Et, pour le coup, les frissons ressentis à la lecture ne viennent pas que du climat local de Caribou Island. 

 

Irene, toute d'abnégation revêtue, partait avec toute ma sympathie en ce début de lecture : comment ne pas admirer cette femme qui sacrifie sa volonté pour aider son conjoint à accomplir le rêve de toute une vie ? Finalement, c'est chose aisée : aucun personnage n'est admirable dans Désolations, et le titre reflète autant le paysage des lieux que l'épaisseur des relations humaines entre les personnages. Gary, le mari, agit cruellement, en loup solitaire, comme s'il voulait faire payer à sa femme ses propres choix d'il y a trente ans. Irene, l'épouse, se montre tout aussi fermée sur elle-même malgré quelques tentatives d'apaisement accomplies par pur intérêt. Quant aux enfants, entre abus de drogues et adultères divers et variés, le tableau n'est pas rose. L'issue du roman se révèle à la hauteur du drame qui se joue entre des personnages devenus incapables de la moindre considération.

 

La lecture de Désolations ne s'avère pas de tout repos, mais la rencontre avec David Vann (puisque je dois être l'une des rares à ne pas avoir lu Sukkwan Island) me paraît concluante !

 

Je remercie Hérisson pour ce partenariat qui me permet de signer ma deuxième lecture dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire (en retard, humpf).

rentréelitt2011Plein d'avis chez les copines Karine, Pimprenelle, Stephie, Choco, L'Irrégulière, Craklou, Lasardine, **Fleur** et Calypso.  

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 20:11

martine-partouze.jpg

 

Avouez-le, vous aussi, vous avez cherché avec quoi rimait 2012...

 

Bonne année à tous !

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