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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 09:59

Hylas et sa soeur Issi sont des Parias : abandonnés en forêt alors qu'ils étaient tout petits, ils ont été recueillis par des villageois qui, loin de les sauver, les ont exploités pour garder leurs troupeaux. Mais un jour, des guerriers tout de noir vêtus, les Corbeaux, les attaquent : Hylas est séparé d'Issi et n'a d'autre recours que de prendre la mer pour échapper à ses poursuivants. Même la protection de son ami Télamon, fils du gouverneur, ne parvient pas à lui garantir la sécurité. Mais l'embarcation de fortune d'Hylas dérive et le jeune garçon échoue sur l'île de la Déesse. Il y fait la rencontre de Pirra, qui se cache pour échapper au mariage forcé qu'a conclu pour elle sa mère, la Grande Prêtresse. Il leur faut quitter l'île, mais comment ?

 

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Je me suis toujours montrée très sceptique envers la littérature de jeunesse prenant pour cadre l'Antiquité, redoutant plus que tout la caricature d'une époque trop souvent malmenée pour l'adapter aux desiderata des auteurs. Or, Michelle Paver nous offre avec Le Temps des héros un véritable travail de recherche et déploie sous nos yeux un paysage à la fois soigné et captivant, dans lequel les héros agissent avec une grande fluidité : les montagnes grecques, l'île de la Déesse et la Lykonia surgissent clairement devant nous. Pour le décor donc, la réussite est totale.

 

Le roman est loin de disposer de ce seul atout : les personnages principaux, trois jeunes adolescents, ont chacun un caractère bien affirmé, se démarquant ainsi de trop nombreux héros de littérature de jeunesse, souvent trop lisses. Ils n'agissent pas que selon leur bon sens, mais aussi en fonction de leurs sentiments, leurs colères, leurs réflexes, et se rendent ainsi très attachants. Seule la mise en route de l'intrigue m'a au départ moins convaincue : les premières attaques des Corbeaux m'ont paru trop peu claires, tout comme l'importance donnée au poignard d'Hylas, mais l'ensemble se lie bien vite et forme un roman construit et, il faut bien le dire, vraiment prenant.

 

Là où j'ai haussé un sourcil dubitatif, c'est lorsqu'Hylas, à la dérive, se lie avec le dauphin qu'il nomme Esprit. Je n'ai jamais été une grande fan de Flipper, voyez, ni n'ai jamais rêvé de nager avec un dauphin. J'ai donc senti se profiler, aussi clairement que l'aileron du dauphin, le côté cucul de la chose. Et pourtant ! Je reconnais avec honnêteté que j'ai aimé suivre ces passages, et ce même lorsque l'on a accès aux pensées d'Esprit. Dit comme ça, ça sonne un peu niais, mais je peux vous assurer que ce n'est justement pas le cas.

 

Pour une fois donc, voilà un roman jeunesse à l'inspiration mythologique que j'ai trouvé fort bon et qui, je l'espère, ravira bien d'autres lecteurs. D'autant que, mes chers amis, il s'agit d'un premier tome... La série s'annonce bonne !

 

Merci aux éditions Hachette !


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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 15:02

Vedette du grand écran aujourd'hui octogénaire, Mad s'est retirée en Cornouailles où elle vit en compagnie d'Emma, sa petite-fille, et de six jeunes garçons âgés de trois à dix-huit ans, qu'elle a tous adoptés. Loin de couler des jours paisibles, Mad est une excentrique qui n'a pas sa langue dans sa poche, ni ses deux pieds dans le même sabot ! Aussi, quand un navire rempli de Marines vient aborder dans la baie sous prétexte d'un traité unissant l'Angleterre aux Etats-Unis, elle décide d'entrer en résistance, entraînant avec elle tous ses garçons et les hommes du voisinage, au grand désespoir d'Emma.

 

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Si Mad est la figure de proue de ce roman, c'est bien Emma qui en est le coeur : jeune fille âgée de vingt ans, elle aime profondément sa grand-mère originale et les garçons qu'elle surveille et éduque également. On la sent tout particulièrement liée à Joe, le plus grand, qui gère les travaux domestiques. Pourtant, l'arrivée des Américains, et plus précisément du lieutenant Sherman, sème le trouble dans son coeur : faut-il rester sage et envisager l'avenir avec Joe, si brave mais peu instruit, et qui l'aime de tout son coeur, ou se laisser aller au goût du risque avec Wally Sherman, qui apporte avec lui son lot de dépaysement ? Telle est la question centrale qui préoccupe Emma... et qui trouvera réponse de manière fort brutale et trop peu subtile à mon goût.

 

Mais les soucis d'Emma viennent aussi des garçons restants qui, au contact de Mad, ont perdu le sens commun de la mesure... ou ne l'ont jamais acquis. Le point de non-retour est atteint avec la mort du caporal Wagg, jeune Marine abattu d'une flèche en plein front par le petit Andy, qui semble ne pas avoir bien saisi la frontière entre le jeu et la réalité. Cet accident a été pour moi l'un des éléments les moins convaincants du roman : difficile de croire qu'aucun des adultes mis dans la confidence ne s'affole ou ne réagisse ! Pire encore, tous marchent de front pour dissimuler le cadavre, sans sermonner Andy tout fier d'avoir tué son premier "gibier". Si, dans un film d'horreur, le tout pourrait me divertir, ici tout cela me rebute un peu...

 

Pourtant, il faut reconnaître que Mad a de quoi surprendre. "Mad", ce n'est pas que le diminutif de "Madame", c'est aussi l'adjectif qui s'applique tant à Madame qu'à la situation ubuesque dans laquelle Daphné du Maurier plonge ses personnages. Bien loin de Rebecca et de   L'Auberge de la Jamaïque, le roman pourrait s'apparenter à de la science-fiction, dans le domaine de l'anticipation. Dans le contexte de l'Angleterre au dernier quart du XXème siècle, l'Angleterre qui connaît des difficultés économiques signe un traité commun avec les Etats-Unis, bénéficiant de sa force militaire, politique et financière. Mais ce qui ne devait au départ qu'être un accord de coalition se transforme bientôt en une véritable occupation de terrain, où les autochtones sont rationnés, privés de leur liberté de circulation et d'expression. L'Angleterre n'est plus vouée qu'à devenir le parc d'attraction grandeur nature des Etats-Unis !

 

Plus qu'un simple roman destiné à divertir des lectrices aimant les romances, Mad propose donc une amorce de réflexion à un problème politique qui, s'il reste du domaine de la fiction, n'en est pas moins présenté de manière plausible. Voilà qui conforte mon idée selon laquelle Daphné du Maurier, qui nous offre ici un roman complexe, est bien loin du domaine de la sous-littérature (comme ma maman* se l'est entendu dire dans les années 70 par une professeur en plein aveuglement !)

 

Et à part ça, jsuis bien contente d'être de retour !

 

*Bisous maman !


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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:19

Parce que l'envie de bloguer a disparu depuis quelques semaines, et que je préfère qu'elle reste un plaisir, ce blog est en pause pour une durée indéterminée. Je reviendrai lorsque je l'aurai retrouvée (l'envie). Je passerai quand même lire mes blogs chouchous, commenter de temps en temps et surtout, surtout, je vais lire.

 

Bref, ce blog est en pause.

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 16:53

Lorsqu'un incendie dans la bibliothèque de la petite abbaye de Ruac révèle l'existence d'un manuscrit caché dans un mur, Luc Simard, l'équivalent français d'Indiana Jones, sent qu'il est sur une piste fameuse : l'ouvrage, fruit des écrits d'un moine, Barthomieu, âgé de deux cents ans (!) révèle l'existence d'une grotte que Luc se met en tête de découvrir. Mais les habitants de Ruac ont des raisons de vouloir préserver ce lieu et voient d'un très mauvais oeil les fouilles qui s'organisent. Dans l'équipe de recherches, les morts se succèdent et Luc n'est pas au bout de ses surprises.

 

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Dans Le Testament des templiers, Glenn Cooper change radicalement de thème par rapport à son premier roman,  Le Livre des morts, qui a assis sa renommée en France. Un point commun subsiste toutefois : l'habilité de l'auteur à nous transporter d'une époque à une autre, entre le Ruac version 2012 des fouilles archéologiques et le Ruac du XIIème siècle en compagnie de Bernard de Clairvaux ou d'Abélard. Mieux encore, on retourne même au Ruac de trente mille ans avant notre ère, pour découvrir le peuple du clan des bisons, dont les chefs successifs ont contribué à la splendeur de la grotte.

 

Voilà un vrai bon roman ésotérique, aux accents de thriller : les chapitres consacrés aux flash-backs du XIIème siècle sont convaincants au possible, au point que l'on s'interroge sur la part de vérité historique contenue dans l'intrigue. Là où les mauvais bouquins pècheraient par un excès qui les rendrait moins que plausibles, Le Testament des templiers se distingue par la qualité inverse ! Ainsi, Bernard de Clairvaux, Héloïse et Abélard, les Templiers et même les nazis participent de la légende de Ruac avec efficacité.

 

Le héros, Luc, a de nombreux points communs avec le Will Piper du Livre des Morts : un séducteur (im)pénitent, avec une bonne descente et des états d'âme qui font de lui un homme souvent fragile, érudit mais également et surtout homme de terrain ; il nous évoque vraiment un Indiana Jones des années 2010 !

Quelques points en revanche m'ont laissée dubitative : quel est l'intérêt de sa blessure à la main ? Quel est le but de la surveillance exercée par Gatinois ? Ces détails, sous-exploités à mon sens, n'apportent pas grand-chose à une intrigue déjà rondement menée.

 

L'ensemble est efficace et les apports fantastiques, loin de gâter l'ouvrage, le subliment pour rendre l'ensemble crédible : le tout baigne le lecteur dans une ambiance parfois mystique, où le plus incroyable a fini par me faire rêver ! Qui pour aller boire une tasse de thé à Ruac avec moi ?

 

Merci beaucoup à Solène Perronno, des éditions du Cherche-Midi, qui a su frappé juste avec un livre aux multiples qualités !


422 pages de plus au compteur du Challenge S.T.A.R de Liyah !

STAR

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 16:13

Pongo Twistleton se trouve dans une position délicate : après avoir perdu au jeu, il doit éponger ses dettes, mais il se trouve à court de liquidités et décide, pour éviter qu'une brute épaisse ne lui fasse passer un sale quart d'heure, d'aller réclamer de l'argent à son oncle Lord Ickenham. S'apprêtant à demander à son ami Horace Davenport, celui-ci lui a refusé tout prêt : Valerie, la soeur de Pongo, venait justement de rompre ses fiançailles avec lui. Lord Ickenham, pas disposé non plus à lui prêter de l'argent, fomente un complot consistant en l'usurpation de l'identité du psychiatre Roderick Glossop pour s'introduire au château de Blandings, chez Lord Emsworth, et sauver le cochon préféré de celui-ci, que l'oncle d'Horace, Lord Dunstable, a prévu de dérober... Lord Emsworth, reconnaissant, pourrait alors verser à Pongo et à son oncle la somme tant désirée. Mais évidemment, rien ne se passe comme prévu !

 

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Si j'adore les Wodehouse (et que vous commencez à le savoir), ce volume-là a peut-être bien été celui dont l'action, particulièrement étoffée, a été la plus difficile à résumer ! Les multiples usurpations d'identité, les quiproquo, les oncles par paquets m'ont parfois embrouillée au point que j'avais du mal à retenir qui est qui.

Mais le plaisir éprouvé à lire un Wodehouse se renouvelant sans cesse, celui-là ne fait pas exception, et j'ai retrouvé en l'oncle Fred, l'oncle de Pongo, de nombreux traits de caractère m'évoquant Wooster dans d'autres volumes. Un régal !

 

Ce sont encore une fois des relations amoureuses qui sont à l'origine de l'intrigue. Valérie, soeur de Pongo et nièce d'Ickenham, s'offusque qu'Horace l'ait fait suivre pour la surveiller et rompt leurs fiançailles : "C'est une fille remarquablement intelligente.

- Remarquablement. J'ai parfois pensé que ce serait une chose admirable si elle s'étranglait."

 

Chacune des disputes qui opposent les personnages, notamment sur des questions d'argent, a beau être virulente, elle se conclut toujours par une formidable démonstration de flegme britannique : "La question est posée de savoir si Ricky était excusable, dans ces circonstances, de dire à M. Pott qu'il était un abominable menteur et que seul le fait d'être une informe petite déjection qu'aucun homme soucieux de sa dignité ne voudrait toucher avec une perche, lui évitait d'avoir le cou tordu. M. Pott, qui trouvait que Ricky était sans excuse, se leva avec humeur.

- Jeune Gilpin, dit-il, je vous souhaite le bonsoir."

 

D'ailleurs, Lord Ickenham sent qu'il aurait tort de ne pas reconnaître sa stratégie : "Vous m'accusez d'avoir usurpé l'identité d'un autre, n'est-ce pas, et d'abuser de l'hospitalité de Lady Constance en pénétrant chez elle sous un faux nom. Vous affirmez délibérément que je suis un menteur et un imposteur ?

- Exactement.

- Eh bien vous avez raison, mon cher, tout à fait, reconnut Lord Ickenham.

 

Je crois bien que Lord Ickenham a de toute façon été mon personnage favori du début à la fin. Admirez la perspicacité qu'il met dans l'élaboration de son rôle supposé de psychiatre : "Vous amenez la conversation sur les oiseaux, par exemple, et si le type déclare qu'il est un canari, saute sur la cheminée et se met à chanter, vous sentez qu'il y a quelque chose qui ne va pas."

Il n'est jamais tendre avec Pongo, qu'il aime pourtant tendrement. Il le présente ainsi à une jeune femme : "Voilà Pongo, Polly, dit-il en rejoignant la jeune fille. Il est possible qu'il ait une idée. Il a failli en avoir une il y a trois ans."

 

Vous l'aurez compris, après ces citations : un Wodehouse n'est jamais décevant ! Voilà qui me donne envie de retrouver mes chers Jeeves et Wooster !

 

D'autres Wodehouse en ces lieux :

Ca va, Jeeves ?, P.G. Wodehouse

Jeeves, au secours !, P.G. Wodehouse

Pas De Pitié pour les neveux, P.J. Wodehouse


Et quelques pages comptant déjà pour le Challenge S.T.A.R. organisé par Liyah :

67 (de la page 168 à la page 235) plus exactement, lues le vendredi 6 avril !

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 12:48

Lorsque Lola Gallagher, détective new-yorkaise, est appelée pour une fusillade dans un parc, elle ne s'attend pas à ce que la victime... ne soit pas tout à fait morte. La jeune femme, pourtant touchée par balle, vit toujours ; malheureusement, le choc l'a rendu amnésique. En retraçant son parcours pour tenter de comprendre qui elle est et pourquoi on a pu attenter à sa vie, Lola se heurte donc à des difficultés multiples : comment aider la jeune femme et mettre la main sur ses agresseurs si celle-ci ne peut l'aider ? Lola décide alors de faire appel à Arthur Draken, un psychanalyste renommé aux méthodes controversées, pour faire émerger des souvenirs inconscients.

 

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Me voilà très ennuyée pour parler de ce livre qui mêle allègrement très bonnes idées et méthodes originales avec des répliques et des personnages allant, selon moi, du détestable au ridicule.Je m'explique :

 

L'intrigue, dévoilée en quatrième de couverture, permet de retracer ce qui correspond probablement à l'ensemble des tomes à paraître dans la première saison de cette série. De la même manière que pour des séries télévisées, le concept est décliné en saisons et en épisodes : là, les auteurs ont su adopter un rythme convaincant qui conviendra au plus grand nombre ! D'autres codes dignes des séries policières américaines sont eux aussi employés : une équipe soudée autour d'une inspectrice de choc, un expert médical travaillant en lien avec l'inspectrice, un chef qui rouspète mais qui ne croit pas vraiment à sa propre autorité... On entre dans un domaine qui, s'il n'est pas inédit en télé, annonce un vrai changement dans les policiers publiés en feuilletons.

 

Là où je suis encore séduite, c'est dans les quelques révélations, attendues ou non, au fil des pages : par exemple, ce que l'on apprend au sujet des consultations médicales effectuées par Lola est tout bonnement malin ! Il ne s'agit pas d'un véritable coup de théâtre, mais bien d'une surprise complètement inattendue : d'ailleurs, on devrait apprendre d'autres choses encore par l'indiscrétion d'un collègue de Lola.

De la même manière, les quelques pages qui suivent la fin de ce volume présentent de manière très fine des éléments du deuxième épisode, à paraître le 25 avril : on nous en dit suffisamment peu pour ne rien dévoiler de crucial, mais juste assez pour susciter l'envie ! Il n'est pas question de donner les premières pages du tome 2, ni le premier chapitre, mais bien de courts extraits pris dans ce qui semble être au moins la première moitié de l'oeuvre ; là encore, on se croirait à la fin d'un épisode de série qui nous appâte avec quelques images de l'épisode à venir ! Voilà qui est particulièrement bien pensé.

 

En revanche, et c'est là que le bât blesse, il m'a semblé que les personnages peinaient à se défaire de clichés un peu tenaces : les coucheries évoquées entre Lola et l'un de ses collègues me semblaient déjà superflues, mais qu'ils y reviennent à coup d'allusions ni discrètes, ni très fines et ça devient lourd...

Dans leurs répliques "professionnelles", les policiers ne sont pas non plus très fins. Alors que Lola et son collègue Phillip décryptent une vidéo prise de la jeune femme juste avant le drame et qu'ils comprennent qu'elle révèle des indices, ils regrettent qu'elle ne résolve pas carrément l'enquête à leur place : "Peut-être disait-elle que l'enlèvement y aurait lieu...

- Ou qu'il y serait préparé, proposa Detroit.

- C'est dommage qu'elle ne nous donne pas la date de l'enlèvement, ni le nom de la victime potentielle...

- Et encore moins celui des gens qui la poursuivent !

- Oui. Ca laisse encore pas mal d'inconnues." (page 151)

Certes. Mais c'est votre boulot, les gars !

 

Je crois que le pire est incarné par Arthur Draken, le fameux psychiatre qui file un coup de main à Lola et qui nous est donné à voir lors d'une consultation avec une richissime cliente qui l'ennuie ferme. Il l'écoute, mais son esprit vagabonde et il imagine ce qu'il pourrait répondre à sa vieille cliente : "Après le décès de votre mari, vous n'avez jamais désiré un autre homme ?

- J'ai soixante-et-onze ans, docteur Draken !

- Vous en aviez soixante-trois quand il est mort... Et, de toute façon, une femme n'a-t-elle plus le droit d'éprouver du désir à soixante-et-onze ans ?

- Vous parlez de désir... charnel ?

Oui, bien sûr, je parie que la nuit tu rêves de te taper un gang de laveurs de carreaux, petite cochonne ! (page 103)

[...]

"A l'époque, les enfants n'avaient pas tous ces moyens de distraction qu'ils ont aujourd'hui, vous savez !

Ah bon ? Oh, la Seconde Guerre mondiale, c'était quand même super fun, non ?" (page 106).

L'ensemble se passe, à mon avis, de commentaire : ces remarques ont beau n'être pas formulées ou être pleines d'ironie, elles tombent à plat et n'ont même pas l'intérêt de faire un bon mot. On oublie. Et j'ai bien peur que ces répliques et les clichés qui entravent les personnages, s'ils ne m'ont pas empêchée d'apprécier le reste du tome 1, ne me rebutent suffisamment pour que je ne continue pas plus avant.

 

Je remercie pourtant bien sûr les éditions J'ai Lu !

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 19:43

Quand Emma avait raconté il y a quelque temps sa virée bouquiniste provinciale du dimanche, j'avais sauté sur l'occasion pour lui proposer de la rejoindre lors de la prochaine... Ce n'est pas souvent que j'ai l'occasion de croiser une copine blogueuse dans les parages ! 

En plus, nous lisons en ce moment ensemble l'intégrale 2 du Trône de fer ; voilà qui aide à créer des liens !

 

Ainsi donc, ce matin, elle m'a fait découvrir un antre absolument démoniaque et, après une expédition de spéléo dans des rayonnages branlants à la recherche de trésors, un grimpage en escabeau qui s'est soldé par une rencontre très chaude avec l'ampoule brûlante au plafond, la vision enivrante de Julio Iglesias en polo au bord de la mer...

 

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et une quête infructueuse de Passion Intense, voici mon butin !

 

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A gauche, un vieil exemplaire de Virgile avec des notes sur les deux premiers livres de L'Enéide,

un tome de la très chouette collection Découvertes Gallimard sur la Rome Antique et un Guide Bleu très customisé sur la Grèce.

 

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Eleusis

 

A droite, trois David Lodge (le bon filon !), deux épisodes des aventures d'Imogène d'Exbrayat, un Agatha Christie dans ma collection kitsch préférée, un Daphné du Maurier inconnu au bataillon, un ouvrage de chez Rivages noir et le premier Sacha Guitry de ma bibliothèque !

 

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Tout ça pour la modique somme de quinze euros, je valide ! Emma, elle, a été plus raisonnable...

 

Merci encore, Emma, pour la très chouette journée ! Tiens, ça me fait plaisir... Miam !


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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 17:52

La vie familiale et professionnelle d'Henry Wilt ne s'est toujours pas assagie : désormais père d'une flopée de fillettes depuis que son épouse a donné naissance à des quadruplées qui tiennent davantage de furies que de petites filles modèles, voilà qu'il doit accueillir en plus une étudiante à qui sa femme loue une chambre au dernier étage. Comme s'il n'avait pas déjà assez de femmes autour de lui ! Mais lorsqu'il s'aperçoit que cette Irmgard est une beauté, Wilt change d'avis et envisage de faire sienne la jeune et jolie étudiante. Wilt court au devant des ennuis... surtout que cette étudiante n'en est pas une et qu'elle cache en réalité des activités bien plus dangereuses !


 

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Pauvre, pauuuuuuvre Wilt ! Rappelez-vous de l'intrigue du premier tome, qui fut l'un des coups de coeur de mon année 2011 : alors qu'Eva a disparu dans la nature, Wilt est accusé de l'avoir assassinée alors qu'il ne s'est débarrassé que d'une poupée gonflable !

Ici, le sous-titre de l'oeuvre annonce la couleur : Wilt 2 ou Comment se débarrasser d'un crocodile, de terroristes et d'une jeune fille au pair !

 

Cette fois encore, le danger vient pour Wilt de la cellule familiale, qui évoque bien davantage pour lui une cellule de prison... Entouré de cinq femmes qui lui mènent la vie dure, il se console au travail. Et ce n'est pas peu dire : les étudiants de lycée pro sont hermétiques à tout savoir d'ordre culturel, et il doit envisager une sanction contre un professeur ayant filmé avec une classe un épisode de... sodomie de crocodile. Rien que ça !

On comprendra alors que notre gentil Wilt, désabusé et découragé, se tourne vers la jeune et fraîche Irmgard pour trouver un peu d'affection : il va être servi ! Eva, en comparaison, est d'une douceur incomparable... C'est dire ! 

 

Dans ce deuxième tome, si j'ai regretté que Wilt se montre plus grossier que dans mon souvenir du premier tome (ce que la situation ne justifie pas toujours malgré le ras-le-bol général de Wilt), j'ai encore plus adoré les situations loufoques auxquelles seul Wilt, accompagné de sa guigne légendaire, peut se retrouver conforonté. Les plus marquantes, entre autres scènes croustillantes, resteront pour moi l'état de siège de la maison familiale, Wilt coincé contre son gré avec Irmgard et l'assaut lancé contre la maison par Eva, qui croit que son mari la trompe ! Mais le personnage le plus drôle, à son insu, reste le desespéré inspecteur Flint, à qui Wilt reste coincé au travers de la gorge depuis le tome précédent !

 

Inutile de préciser que j'ai hâte de savoir ce que l'auteur a reservé à Wilt dans les deux tomes restants !


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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 12:02

Hier, alors que je baguenaudais en librairie pour trouver leurs petits présents à Cachou et Laura M. (mesdames les gagnantes, vos enveloppes sont parties aujourd'hui ! prévenez-moi lorsqu'elles arriveront à destination !), j'ai craqué pour quelques achats pour moi...

 

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Vous connaissez mon amour pour Wodehouse : je n'ai pas pu résister à un petit Folio à deux euros regroupant des nouvelles sur le thème du golf. Zazie dans le métro, ce sera pour réviser le programme à venir de Terminale L... Bye bye De Gaulle, bonjour Zazie ! Mais "doukipudonktan" ? Quant à L'Aiguille creuse, c'est un cadeau de ma libraire pour me remercier de ma razzia folio-esque.

 

Mais le coup de coeur absolu a été cette très jolie édition poche, toujours chez Folio, de Candide, illustrée par le grandissime Quentin Blake, le dessinateur inoubliable des Roald Dahl chéris de mon enfance ! Peu importe le fait que j'ai déjà un bon paquet d'exemplaires divers et variés de Candide chez moi, il me fallait celui-là ! 

 

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Quelques illustrations parmi tant d'autres pour vous montrer cette merveille :

 

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Peut-être l'une de celles que je trouve les plus réussies ! L'horreur de la guerre des Bulgares et des Abares apparaît fort clairement dans le tas de victimes, de membres ensanglantés au premier plan, tandis que Candide quitte la bataille dans des couleurs qui correspondent à la manière dont il ressent la scène, comme un spectacle... "Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer."


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Le nègre de Surinam, aux deux membres amputés par un esclavagiste, interrogé par Candide.
"Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? - Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage."

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La rencontre avec le bon vieillard, adepte d'une sage philosophie de vie.
« Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ? - Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin. »

Une nouvelle édition, qui est l'occasion rêvée de re-découvrir le texte ou de s'y replonger !

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 20:13

Lara a tout d'une ado parmi tant d'autres : amoureuse du mec le plus canon du lycée, et accessoirement un des meilleurs sportifs de l'équipe de homeball, elle ne supporte pas sa soeur qui le lui rend bien. A ceci près que, lorsque sa soeur tente de la noyer au fond du lagon de leur île perdue dans un coin mal connu du globe, Lara se voit ouvrir les portes d'un monde souterrain insoupçonné, celui des Ecriveurs. Initiée par son mentor, Will, Lara s'entraîne désormais, à son plus grand étonnement, à gérer, guider, aiguiller la vie de personnes diverses et éparpillées sur la planète...

 

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Frédéric Mars a plus d'une corde à son arc : il nous avait déjà ravis avec  Non Stop, un policier haletant dans lequel les victimes devenaient armes de destruction ; voilà qu'il nous régale avec un ouvrage totalement différent mais tout aussi prenant, Les Ecriveurs ! Moi qui commence à prendre goût à la littérature jeunesse, je suis servie !

 

Lara m'a été d'emblée éminement sympathique : l'auteur évite avec elle tous les clichés du genre ; on est bien loin d'une héroîne écervelée, niaise ou peu dégourdie ! Lara n'a pas la langue dans sa poche et n'hésite pas à prendre des initiatives dans un monde qu'elle connaît pourtant peu, voire pas du tout ! D'ailleurs, elle va faire trembler son mentor plus d'une fois... Seule sa particularité dans la graphie ne m'a pas vraiment convaincue, d'autant que le système, s'il est maîtrisé par Lara, m'a semblé bien rébarbatif.


Quant au sujet, quelle idée ! Si je n'avais jamais imaginé ma propre vie écrite par d'autres, comme le sous-entend "l'avertissement aux lecteurs sensibles (c'est-à-dire... à tous)" écrit par Lara elle-même, je vous avoue que je m'imagine désormais bien en écriveuse ! Le mythe du démiurge n'est pas loin, et l'intrigue prend de l'ampleur lorsque l'on comprend que Lara risque d'être prise pour cible par une vaste organisation fort louche, et à propos de laquelle il n'est pas difficile de penser qu'elle va essayer de contrôler les vies de manière bien moins éthique que ce qui est enseigné dans le Hometone souterrain !


Voilà donc un roman d'apprentissage version fantasy ; qu'en dire de plus, à part : "La suite, la suite !" ? Croisons les doigts pour que l'auteur poursuive sur sa lancée, en inventant une suite à la fois surprenante et haletante !

 

D'autres avis chez Stephie, Heclea, Lael, L'Irrégulière et Nelfe (je n'ai lu que le premier Harry Potter, alors je n'ai pas été frappée !).

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