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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 06:00
L'un des premiers livres que j'ai notés sur ma LAL a été celui-là. Repéré chez Yspaddaden dès le mois de mars, revu chez BlueGrey en juin, il se faisait désirer. Alors que je ne l'attendais plus, je l'ai débusqué sur un rayonnage de ma bibliothèque municipale (que vous allez finir par connaître par coeur).



"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

"Pour mon plaisir et ma délectation charnelle" sont les mots prononcés par Gilles de Rais pour expliquer le pourquoi des abominations, crimes, exactions en tout genre perpétrés par lui et ses fidèles serviteurs au cours de sa vie.
Gilles de Rais, chevalier partisan de Jeanne d'Arc, farouche guerrier toujours prêt à guerroyer pour récupérer une terre ou s'en accaparer une, n'est pas célèbre (que) pour ses faits d'armes. Si l'Histoire a retenu son nom, c'est à cause des innombrables meurtres d'enfants dont il est accusé et qu'il reconnaît lors de son procès. Ses écuyers enlèvent des enfants ou les achètent à leurs parents en leur faisant croire qu'ils vont devenir chevaliers et les livrent à Gilles de Rais qui les soumet à des outrages physiques terrifiants avant de les assassiner de sang-froid (et parfois pas dans cet ordre).
Le livre retrace le parcours de Gilles de Rais, depuis son enfance jusqu'à son accession au titre de chevalier, puis raconte ses années glorieuses déjà entachées par de sombres histoires de moeurs, avant d'en venir à la déchéance de notre homme, ruiné et qui s'enfonce dans la débauche la plus sordide.

Au cours de cette lecture, la dualité du caractère de Gilles de Rais, entre culture et paganisme, raffinement et déviance, m'a frappée, mais je n'ai toujours pas réussi à saisir s'il avait conscience de ses actes : il a l'air d'osciller là aussi entre assouvissement aveugle de ses passions et prises de conscience qui pourtant ne sont pas salvatrices.

Contrairement à ce que mon résumé peut vous faire croire, le livre n'est pas centré sur les meurtres sans fin de Gilles de Rais (rassurez-vous, on ne baigne pas dans des flots de sang), mais fait un portrait complet de l'homme pour essayer de nous amener aux racines du mal. Avec moi, ça a été peine perdue : tous les tours et détours de la généalogie de la famille de Rais m'ont paru bien compliqués à démêler, et j'ai déclaré forfait pour identifier certains des personnages... Et je me suis ennuyée.

Je ne renonce toutefois pas à essayer de comprendre un peu mieux le personnage ; d'autres lectures à ce sujet viendront sûrement un jour. En tout cas, j'ai bien envie maintenant de retourner faire un tour au Moyen Âge : cela fait bien longtemps que j'ai fini Les Rois maudits, ma dernière lecture d'un roman sur cette période remonte aux Piliers de la Terre... Il est temps de remonter le temps et de retourner me promener dans cette période à la fois sauvage et foisonnante...
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 10:00
A part ma modeste contribution au Challenge Jane Austen, qui m'a occupée quelque temps avant que je ne me lasse (trop d'Austen tue l'Austen), je me tenais pour l'instant à l'écart de tout challenge pour éviter de faire déborder ma PAL.

Oui, cette petite PAL toute riquiqui dans la colonne de droite est bien la seule, l'unique : son problème est qu'elle varie peu et que je préfère toujours me lancer dans un livre trouvé en bibliothèque ou au CDI, ou reçu grâce à un partenariat. Rassurez-vous, je vais enfin la faire bouger un peu ; j'ai attaqué A Vos Souhaits, de Fabrice Colin (et j'aime beaucoup !).

Pourtant, j'ai craqué ces jours-ci pour les challenges que voilà (je crois que leurs chouettes logos y sont pour quelque chose) :

  • On commence avec le challenge English Classics lancé par Karine :).

Au programme, deux romans classiques anglais avant le 31 décembre 2010. C'est faisable, plutôt deux fois qu'une (mais je ne voudrais pas trop m'avancer non plus !), et ce sera l'occasion de relire Les Hauts de Hurlevent qui me font de l'oeil dans ma bibliothèque... Aaaah, Heathcliff ! Et j'en profiterais peut-être pour relire aussi Jane Eyre. Mais j'aimerais surtout en profiter pour découvrir Wilkie Collins dont j'entends parler depuis mon arrivée sur la blogosphère et que je ne connais pas encore, d'autant que...

  • Cryssilda a lancé un challenge Wilkie Collins ! (Admirez comme je maîtrise l'art subtil de la transition)

Un titre au minimum avant le 31 décembre 2010 et je fais d'une pierre deux coups !

  • Enfin, je ne pouvais pas passer à côté du challenge J'Aime les Classiques de ma copine Mariel :

Cette fois, le programme est un peu plus conséquent, mais ce sera un bon coup de fouet pour les lectures nécessaires pour le boulot ! Il s'agit donc de lire un classique par mois pendant un an à partir de décembre ! J'ai déjà prévu La Machine infernale de Cocteau, Un Coeur simple de Flaubert, L'Art d'aimer d'Ovide, Thérèse Raquin de Zola. Le reste viendra ensuite !

Et j'aimerais terminer sur un petit coup de pouce pour le blog d'une ancienne camarade d'Ioufm devenue elle aussi bloggeuse : elle commence tout juste et je souhaite une longue vie à son petit blog qui, je l'espère, deviendra grand ! C'est juste ici, chez Carolivre !
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 17:56
Ah, la magie des petits cinés de campagnes, qui reçoivent tous les films avec "quelques" semaines de retard : pour vous dire, en ce moment, on a Inglorious Basterds (vu en août, pour ma part...).

Mais ça ne gâche pas mon plaisir : on peut en profiter pour aller voir les films manqués lors de leur sortie nationale. Du coup, j'en ai profité pour aller voir Very Bad Trip, film à propos duquel j'avais lu les avis de The Bursar, Cachou et Trillian.


"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Doug va se marier. Il embarque ses amis proches dans un enterrement de vie de garçon à Las Vegas : attention, loin d'eux l'idée d'aller baver sur des strip-teaseuses ; ils ont prévu une soirée marrante agrémentée de jeux au casino, mais décrètent qu'ils ont passé l'âge de partager la même chambre... Alors bon, on s'attend à une bonne soirée, sans plus.



Mais le lendemain, les choses se corsent : les amis se réveillent pour trouver des poules dans le salon de leur suite d'hôtel, un tigre dans la salle de bains, un bébé sur le sol qui se met à pleurer... L'un a même perdu une dent.



Et aucun d'entre eux ne se souvient de ce qui s'est passé la veille. Pire : le marié a disparu. Et comme les Ricains ont toujours la bonne idée de faire leur enterrement de vie de garçon deux jours avant le mariage, le compte à rebours commence pour retrouver Doug.
En remontant le fil des événements, les hommes retrouvent la mère du bébé, que l'un d'entre eux a épousée dans une chapelle express ; Mike Tyson vient récupérer son tigre ; ils sont arrêté par la police, découvrent un Chinois enfermé nu dans leur coffre, avisent un de leurs matelas juché sur une statue, se voient réclamer quatre-vingt mille dollars... Et toujours pas de trace de Doug.

Cet enchaînement de situations à la fois dramatiques et comiques m'a fait immédiatement penser à un livre dont je vous ai parlé il y a quelques jours, SMS de Bénégui. Le livre m'avait plu, le film m'a fait mourir de rire.

Certes, il ne faut surtout pas essayer de se mettre à la place de la mariée, qui se prépare et se morfond pour son homme qui n'arrive pas.


Ca, c'est trop horrible. (J'ajoute que l'une d'entre vous aura très sûrement reconnu en la personne du père de la mariée un des acteurs de l'énormissime série Arrested Development !)

Mais les aventures des trois gugusses qui cuvent encore leur cuite de la veille sont irrésistibles quand ils essaient de retrouver le futur époux. On a, de gauche à droite, le mec-qui-fait-peur (il n'a pas le droit d'approcher trop près d'une école... Hum) qui prend la garde du bébé (mais celui-ci n'a pas l'air trop malheureux, z'avez vu l'affiche ?), puis le-beau-gosse bien content de se débarrasser de sa propre femme pour le week-end, et le dentiste-propre-sur-lui complètement phagocyté par une mégère imbuvable :


Le marié n'a pas une importance primordiale là-dedans : sa disparition est prétexte à un véritable enchaînement de situations cocasses qui, bien qu'elles soient complètement abracadabrantes, tiennent vraiment bien la route.



Pour faire simple, on se régale. Les acteurs, dont j'ai déjà oublié les noms d'ailleurs, sont très à l'aise et ajoutent un atout de plus à un scénario bien ficelé. Notons quand même la présence de la jolie Heather Graham :


Pour finir, si vous aussi vous avez la chance (si si, c'en est une !) d'avoir un mini ciné près de chez vous, n'hésitez plus ! Et sinon, DVD !
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 06:00
C'était une lecture hautement imprévue, que j'ai pris quand même après avoir dépassé mon quota de livres à la bibliothèque (mais je vous l'ai dit, je les ai à la bonne, et eux aussi !). Cela fait déjà quelques mois que je croise cette jolie couverture sur vos blogs et j'avais envie de m'y mettre aussi, après avoir fait comme vous connaissance avec cette nouvelle édition grâce à la série Millenium.


"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Patrick Hedström
est inspecteur de police en Suède. C'est l'été et il fait une chaleur torride. Sous un soleil de plomb sont retrouvés le corps d'une jeune femme dénudée et deux squelettes. On identifie très vite ces trois victimes et Hedström doit faire face à une vague de panique : un serial killer aurait repris son activité plus de vingt ans après ses premiers meurtres. Les soupçons se tournent très vite vers la famille Hult, descendants d'un célèbre prédicateur et surtout charlatan nommé Ephraïm. L'un de ses fils, Johannes, avait été dénoncé par son frère Gabriel lors des disparitions des premières jeunes femmes et s'était suicidé. Les fils de Johannes, deux voyous à la manque, sont à leur tour soupçonnés, tout comme le fils de Gabriel, Jacob, qui semble avoir hérité de son grand-père de grandes qualités en matière de rhétorique. L'enquête avance petit à petit mais la pression augmente lorsqu'une jeune fille, Jenny, disparaît à son tour... Hedström met tout en oeuvre pour essayer de la retrouver à temps...

Je n'ai pas commencé la lecture avec le bon tome : j'ai découvert après coup qu'il existe un premier tome (La Reine des Glaces) qui met en scène Patrick Hedström et sa compagne Erica Falk. Pourtant, ne pas les avoir rencontrés avant ne m'a pas du tout dérangée dans ma lecture. Je suis curieuse de le lire quand même un jour, car ce couple m'a bien plu. Je lirai aussi la suite, Le Tailleur de pierre, qui vient de sortir.

En attendant ces prochaines lectures, ce volume m'a séduite par son rythme : l'auteur ne se contente pas d'alterner les passages vus selon l'inspecteur ou vus selon le suspect principal/le meurtrier. Ici, on a constamment l'alternance entre chaque personnage : Erica, Hedström, les collègues d'Hedström, la famille Hult au complet... et même les jeunes femmes enlevées à la fin des années 70 sont le centre de la narration chacun leur tour. On remarque d'ailleurs que certains détails de la vie des uns ou des autres ne sont pas exploités dans la suite du livre, on imagine donc qu'on les retrouvera dans le volume suivant.
J'ai trouvé que les personnages étaient très étoffés et l'intrigue m'a intéressée. Pas tenue en haleine, pas passionnée, mais j'avais l'impression de chercher, comme Hedström. De piétiner, comme lui, de faire des découvertes importantes, etc : j'étais partie prenante de l'histoire. Et ça, j'aime ça. C'est assez rare pour être signalé. C'est différent d'être tenue en haleine et d'avaler les pages le plus vite possible pour vite savoir : là, on réfléchit. Et quand, grâce au système de narration dont je vous ai parlé, on découvre un élément avant Hedström, on a quasiment envie de le lui souffler.

Vous trouverez ici, sur l'article dédié à ce livre sur Blog-O-Book, tous les autres bloggeurs qui en parlent également !
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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 06:00
Ca faisait bien longtemps que je ne vous avais pas parlé d'un Pratchett. Il s'agit déjà du tome 18 sur déroulant sur le Disque-Monde, et on retrouve dans celui-ci nos amies sorcières.


"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Agnès Crettine
n'a pas été vraiment gatée par Dame Nature. De plus, trop gentille, elle finit toujours par se faire marcher sur les pieds. Mais elle décide un jour d'enfin écouter ses propres désirs et part pour la grande ville, Ankh-Morpork, accomplir son rêve : elle veut devenir chanteuse d'opéra. Manque de bol, son physique qui la dessert la force à rester dans l'ombre d'une certaine Christine, une jolie petite sotte qui n'a aucune voix.
Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg, qui ont toujours vu en Agnès une future sorcière, décident d'aller la chercher et en profitent pour enquêter sur les meurtres en série qui ont lieu à l'Opéra, entre deux visites chez l'éditeur du livre de cuisine aphrodisiaque de Nounou...

Encore une fois, ce fut une pure parenthèse de bonne humeur que de rejoindre le Disque-Monde et ses habitants farfelus. Les sorcières me sont décidément de plus en plus sympathiques. Ce tome-là est même un peu plsu épais que les autres, pour faire durer le plaisir ! Je serais très brève, je risque sinon de répéter tout ce que j'ai dit à propos des autres tomes. Comment être originale dans mon argumentation ? Je crois que rien que le fait d'être encore fan après dix-huit tomes parle de lui-même ! Je vous invite à découvrir dans la catégorie P toutes mes autres lectures de Pratchett ici chroniquées !
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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 06:00
Tous les jours, quand je me connecte sur mon blog, je peux admirer mes statistiques de connexion Overblog, qui examinent les visites des gens qui passent par ici (combien de visites par jour, sur quel article en particulier, d'où viennent les visiteurs...).

Parmi toutes ces informations, l'une me fait particulièrement plaisir : je constate toujours avec bonheur quelles recherches saugrenues peuvent avoir mené des Internautes en ces lieux. Bien entendu, chacun est le bienvenu, mais certains doivent être particulièrement déçus...

Certains s'attendent notamment à ce que je leur fasse leurs devoirs ; plus de dix recherches par jour concernent des commentaires de texte du roman d'Andrée Chedid, Le Message, commenté ici. Ne rêvez pas !

Si l'on vient me voir, c'est aussi notamment pour des questions de cuisine :

  • la mayonnaise a tourné
  • lapin embroché
Mais on vient aussi me voir pour me parler de ses z'hobbies, de mode et de loisirs en tous genres :

  • coiffure garçon ado (je ne saurais que vous conseiller la fameuse coupe mulet)
  • test virtuel sur la chasse (vaut mieux s'entraîner avant...)
  • trouver du travail à san francisco
  • ta déjà entendu fantôme qui parle (Et Casper alors ?)
  • les plus tristes photos de solitude (SOS Amitié sinon ?)
En cas de particularités physiques étonnantes, vous pouvez venir ici aussi :

  • unisourcil.com
  • grande oreille (oui, au singulier, c'est plus drôle)
Mais, avouez-le, vous venez chercher ici un peu d'érotisme (ou plus...), et cela n'a rien à voir avec mon article sur Marcel Facteur, de Françoise Rey, qui, à ma grande surprise, n'a pas occasionné de visites farfelues :
  • sacré décolleté
  • cuisses hospitalières
  • illustrations érotiques
  • roi du X
  • une animatrice dans des moments intimes
  • rencontre hot à rennes
  • parodie l'amour est dans le pré version porno
En tout cas, vous savez à qui vous avez affaire : "brune amusante" et "jeune fille sexy", c'est tout à fait moi ! En revanche, avec "air niaise", vous n'y êtes pas du tout !

M'enfin, que vous soyez là par hasard ou par goût (il y en a !), tout est bien résumé dans "accros.com"...
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 06:00
Ils vont finir par s'en lasser, de lire mes remerciements à tout bout de champ. Encore une fois, je remercie l'équipe d'Ulike pour l'envoi (rapide, qui plus est) de ce livre, lu et chroniqué dans le cadre des Chroniques de la rentrée littéraire.



J'ai reçu cette fois SMS de Laurent Bénégui.


"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Vous avez tous connu des journées où l'on se dit qu'on aurait mieux fait de rester couché. On ne trouve plus ses clés, on oublie un document important pour le boulot, on cherche désespérément la chaussette semblable à celle qu'on a déjà enfilée... Ce n'est rien à côté de la journée qui commence pour Laurent : sa maison prend l'eau lors d'une tempête, puis son fils lui vomit dessus lorsqu'il le conduit à l'école, puis il reçoit un message destiné à sa femme et comprend que celle-ci le trompe... Là, c'est déjà grave. Mais ce n'est pas tout. Il se fait ensuite voler son portable, son fils disparaît, sa maison brûle, sa femme le quitte, le comptable de la boîte qu'il dirige se fait la belle avec la caisse. Et pire encore, mais je ne vous dirais pas tout !

SMS est le premier roman de la rentrée littéraire à m'avoir enthousiasmée. J'ai beaucoup ri au début des mésaventures de Laurent, puis compati, puis cherché avec lui des solutions plus ou moins catholiques. Mais, si les malheurs s'enchaînent, on ne perd à aucun moment le sourire. Ce livre a la grande force d'allier à la fois situations cocasses et rebondissements multiples, rire et rythme. Laurent, qui subit toutes ces catastrophes en un temps record, passe du rang du type médiocre dans tout ce qu'il entreprend à celui de héros face à des problèmes qu'il n'a jamais souhaités et qu'il n'a surtout pas vus venir.

Laurent m'a été éminement sympathique (sauf dans le cas du vol du téléphone portable, mais je ne peux entrer dans les détails !) : d'un coup tous ceux qui gravitent autour de lui semblent avoir maille à partir avec lui. On ne peut s'empêcher de se demander ce qu'on ferait dans son cas. Et aller se recoucher ne résoud rien !

Ce fut un vrai bonheur que cet instant en compagnie de Laurent, qui ne s'étale pas plus longtemps que sur quelques jours : le livre se lit rapidement. Je l'ai dévoré pour savoir comment tout cela allait se terminer, et la fin ne m'a pas déçue. Laurent Bénégui, dont vous constaterez qu'il porte le même prénom que son personnage, a signé là un petit bijou habilement ficelé et fort agréable à lire et sans prise de tête, une vraie parenthèse de bonne humeur malgré les péripéties malheureuses de son héros. Merci, M. Bénégui, de m'avoir réconciliée avec cette rentrée littéraire ! Et, puisque ce n'est pas votre coup d'essai, j'irai très vite faire un tour du côté de vos précédents ouvrages...
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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 06:00
C'est The Bursar qui m'a torturée mis le couteau sous la gorge tagguée pour ce questionnaire qui concerne nos rapports secrets aux livres. Après tant de suspense, voici les questions... et mes réponses, quand même.

A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?
Je ne me souviens plus du titre de l'ouvrage, mais c'était un petit livre carré à la couverture cartonnée, tout comme les pages, et qui devait compter dix pages à peu près ! Il y avait un lion, et... c'est tout. Ma maman me le racontait souvent et, selon la légende (oui oui), je le connaissais par coeur et faisais comme si je le lisais.
Et sinon, mes premiers vrais souvenirs de lecture, ce sont les histoires de J'aime Lire que j'ai déchiffrées toute seule ! Les couvertures ressemblaient à ça, à l'époque :


Et je ne vous parlerais jamais assez de Lulu chez les zogs-zogs :



Quel est le chef-d'oeuvre "officiel" qui te gonfle ?
La Chartreuse de Parme. Puissance mille. Je suis une adepte inconditionnelle du Rouge et le noir. Il paraît qu'on aime soit l'un, soit l'autre, mais pas les deux ! Mais je l'ai quand même dans ma bibliothèque...



Quel classique absolu n'as-tu jamais lu ?

Les Confessions. Je reviendrais sur le cas du sieur Rousseau plus tard... au risque de désespérer une grande adepte de ce monsieur parmi nous.


Quel livre, jugé unanimement mauvais, as-tu honte d'aimer ?
Alors là... Joker. Je ne vois pas du tout.

Quel est le livre que tu as le sentiment d'être seule à aimer ?

Décidément, The Bursar, tu me gâtes avec ce genre de questions. J'aime tout un tas de livres, et je suis sûre que tout le monde les aime aussi. Ou que je trouverais bien quelqu'un d'autre qui les aime autant que moi !

Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?
Là, je vous renvoie vers le livre dont je vous ai parlé hier, Le Chemin des âmes.



Quel livre aimerais-tu faire lire à ton pire ennemi pour le torturer ?
Encore faudrait-il que j'ai un ennemi, ou plusieurs, pour pouvoir trouver lequel est le pire de tous ! Et ensuite, je lui ferais lire du Rousseau. Je maintiens son pouvoir soporifique.

Quel livre pourrais-tu lire et relire ?
Pour me faire pardonner d'avoir seché sur deux réponses, en voici trois d'un coup :




Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?
Les Liaisons dangereuses ! 


Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes ?
Bonne question... Ca m'est déjà arrivé de pleurer en lisant un livre, mais impossible de me souvenir en lisant quoi. J'étais jeune !

Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique ?
Euh, pfff... Joker ?
...
...
...
Oui !

Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Phèdre. Et puis plutôt le trio cité juste au-dessus, carrément !

De quel livre attends-tu la sortie avec la plus grande impatience ?
Je n'en attends aucun. J'en ai bien assez dans ma PAL pour l'instant !

Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi ?
J'ai beaucoup aimé la version des Liaisons dangeureuses avec Malkovitch et Close.


Vous allez finir par croire que je suis monomaniaque... Pour le plaisir (le mien surtout), je taggue Armelle, Chinchilla et Mariel !




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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 06:00

C'est grâce aux partenariats que Blog-o-book offre aux bloggeurs que j'ai reçu Le Chemin des âmes. Je les en remercie avant même de commencer à vous parler du livre tellement il m'a plu : jamais je ne l'aurais ouvert sans leur offre, et je serais passée à côté d'un roman magnifique.

 


"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Niksa
est une vieille Indienne comme on en fait plus : détentrice de pouvoirs magiques ancestraux, elle vit seule dans une forêt profonde du Canada. Apprenant un jour que le seul parent qui lui reste, son neveu, est décédé à la guerre entre 1914 et 1918, elle décide alors de s'occuper du seul ami qu'il avait et qui, lui, revient vivant des batailles françaises. Sur le quai de la gare, elle attend Elijah, mais c'est son neveu qui descend du train. Lui aussi la croyait morte et, s'il est vivant, il a perdu un jambe et est très mal en point, complètement dépendant à la morphine. Niksa décide alors de le ramener chez elle, pour qu'il trouve le repos sur sa terre natale. Pendant les quelques jours de voyage en canoë qui les séparent du camp, Niksa raconte à celui qu'elle appelle Neveu des histoires de sa propre jeunesse et l'histoire de sa vie. Neveu, qui s'appelle Xavier, l'écoute et se remémore quant à lui toutes les batailles qu'il a menées en France avec Elijah.

Quelle belle histoire... L'alternance des voix, entre Niksa et Neveu (que j'ai moi aussi tendance à appeler comme ça, du coup !) est très naturelle et permet de balayer des univers très divers, entre la quiétude des forêts enneigées du Canada et les champs de bataille de France. Ils se recoupent parfois, quand Xavier, loin de son pays et à l'écart du reste de la garnison, évoque des épisodes marquants de son enfance ou de sa vie de jeune adulte là-bas.

Le style de l'auteur m'a subjuguée : Boyden a le don de rendre son récit, pourtant lointain, si vivant, si beau, si marquant. Alors que je ne suis pas très familière de cette période historique, et que je ne connais que peu de choses des Indiens nord-américains, j'ai été transportée et charmée. On a l'impression d'être aux côtés de Niksa, de ressentir sa solitude dans la forêt, ou de Xavier, et de subir comme lui cette guerre nouvelle, ultra violente et meurtrière. Jamais de complaisance chez Boyden, ou de vulgarité, ou de violence verbale. Tout est dit, sans trop en faire.
Et malgré cette guerre, le récit m'a paru calme, serein. L'atmosphère du voyage en canoë, du campement autour du feu le soir, de la tranquilité des forêts canadiennes m'a complètement enveloppée et j'étais avec eux. Niksa nous apprend des termes indiens qui sont tous très beaux, fluides, et qui renforcent l'idée que nous faisons partie intégrante du voyage. La guerre ne vient pas gâcher tout cela : les premiers épisodes sont violents mais Xavier, qui devient sourd en entendant les bombardements d'obus à côté de lui, nous la raconte en l'atténuant.

Enfin, c'est une très belle histoire d'amour entre Niksa et son Neveu, elle qui l'a arraché à l'orphelinat et lui sert de pilier dans la vie, et est un rempart pour tous les Indiens contre ceux qu'ils appellent les Wemistikochiw, les Blancs. C'est également une histoire d'amitié, cette fois complexe, entre Elijah et Xavier, le premier attiré par la nouveauté, l'héroïsme au combat, la vie des Blancs, et le second qui se languit de son pays.

Vous aurez compris que j'ai été conquise malgré quelques réticences au début concernant l'époque et le sujet, qui furent vite réduites à néant. Il rejoint directement mes vrais coups de coeur de l'année et je ne peux que vous le recommander plus que chaudement.

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 18:38
Mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas ce qu'on dit lorsqu'on rattrape un retard abyssal ? Ici, je l'emploierai avec plaisir puisque la journée d'hier m'a permis d'enfin visionner un film de Godard, que j'avais raté/évité jusqu'à ce jour bienheureux. Et ce fut l'épiphanie...


Et en sachant que mon cinéma de campagne vend des affiches par dizaines, j'ai bien envie d'aller voir s'ils ne disposeraient pas de celle-là. La suite au prochain épisode !

"Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !"

Michel Poiccard
est un voyou à la petite semaine, qui imite Bogart dans ses meilleurs films noirs. Après avoir volé une voiture pour rejoindre une femme à Paris, il prend la route et, pris en chasse par des motards, tue l'un d'entre eux. Il est ensuite ardemment recherché par la police mais déambule dans Paris à la recherche d'un homme qui lui doit de l'argent et supplie sa chère Patricia de coucher à nouveau avec lui...


Je m'arrête volontairement là pour ne pas trop en dévoiler.
Quelle révélation que ce film ! Si je ne suis pas très adepte du Belmondo qui se caricature lui-même dans de nombreux films, celui des débuts me touche beaucoup. Mais j'ai surtout été scotchée par la très belle, à la fois enfantine et envoûtante, Jean Seberg. En cherchant d'ailleurs quelques infos sur elle, j'ai appris qu'elle avait été l'épouse de Romain Gary... C'est fou.


Le film n'est pas l'éloge du petit voyou qu'est Belmondo : il sert entièrement la cause de Patricia dès la scène dans la chambre de l'hôtel de Suède. Annonçant qu'il choisirait le néant lorsque Patricia lui soumet une citation tirée de Faulkner, Michel préfigure son comportement final quand, plutôt que de vivre sans Patricia, il préferera ne pas fuir la police et s'offrir au feu des policiers. Dès cet instant, Patricia, qui se sait enceinte (et l'a confirmé en se regardant dans une vitrine alors qu'elle est seule), ne peut prévoir sa vie avec lui et leur enfant.



Et que de différences entre le cinéma à la papa et cette nouvelle façon de filmer instaurée par les cinéastes de la Nouvelle Vague, Godard (et Truffaut) en tête ! C'est très amusant (si si !) de trouver les faux raccords (celui des auto-stoppeuses au début est flagrant), les jump cut visibles à l'oeil nu alors qu'ils étaient auparavant camouflés... Ils donnent au film un rythme fou, inédit pour l'époque. Est-ce encore perceptible maintenant, alors que nous sommes plus qu'habitués à ces méthodes filmiques ? Et puis c'est un régal que de voir les passants se retourner sur la caméra lors des promenades et déambulations du couple.



Alors oui, il était temps que je m'y mette. Et maintenant, j'ai envie de le montrer à toutes mes classes de lycéens et post-bac... Vont-ils adhérer ? Seront-ils charmés ? A voir...


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