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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:15

Ouvrage composite proposé par l'Atelier de l'Agneau, Les Abeilles propose la traduction par Françoise Favretto du livre IV des Géorgiques, de Virgile, accompagnée d'un entretien intitulé "Sur Virgile et l'apiculture".

 

 

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Lors de la dernière édition de Masse Critique par Babelio, voilà un titre qui m'avait interpelée : j'aime garder un oeil sur les dernières parutions qui concernent les auteurs de l'Antiquité, et cette nouvelle traduction m'avait attirée.

 

L'avant-propos du livre nous signale les partis pris de l'auteur, qui s'est centrée sur les abeilles, sujet central du livre IV des Géorgiques, de Virgile, en laissant de côté des extraits commandés à l'auteur et sans intérêt particulier vis-à-vis du propos sur les abeilles. Soit : il est appréciable que Mme Favretto présente ainsi son projet au lecteur qui sait à quoi s'attendre !

 

Le livre IV, après trois autres consacrés aux travaux des champs, aux arbres et à la vigne ainsi qu'aux troupeaux, est un traité d'apiculture : Virgile y expose les lieux de vie propices aux abeilles ("il faut des sources limpides, des étangs aux bords pleins de mousse verte, ou quelque ruisseau se faufilant à travers les herbes. Il faut un palmier ou un olivier sauvage, pour faire de l'ombre au seuil de leur maison."), ainsi que des indications destinées aux apiculteurs pour construire une ruche pratique et favoriser les déplacements de l'essaim. L'auteur décrit ensuite l'affrontement qui peut avoir lieu entre deux essaims : "toutes se mêlent, se réunissent en un immense cercle et précipitées vers leur perte, elles tombent." S'ensuit une longue énumération des qualités attribuées aux abeilles et des remèdes efficaces pour faire perdurer l'essaim affaibli.

La traduction s'accompagne de deux pages de notes pour améliorer la compréhension des points mythologiques délicats ou du vocabulaire savant.

 

A la fin de l'ouvrage, une vingtaine de pages sont consacrées à un entretien mené entre professionnels sur la question de la fiabilité du propos de Virgile et sa survivance dans les pratiques actuelles des apiculteurs. On s'aperçoit que Virgile avait listé de bons réflexes et des astuces toujours mises en pratique, quoiqu'un peu améliorées. La plus grossière erreur commise par l'auteur est le choix du mot "roi" pour désigner les reines pondeuses, erreur déjà rectifiée par les bons soins de la traductrice et reprise au cours de l'entretien. L'entretien s'achève ensuite par l'évocation de chiffres et statistiques sur la situation des abeilles en France à l'heure actuelle et des conseils pratiques donnés à un jeune apiculteur débutant.

 

En tant que lectrice adepte des auteurs classiques, je ne peux que regretter le peu de notes, qui auraient méritées d'être développées et accompagnées de davantage de retour au texte latin original. En tant que lectrice lambda, en revanche, je salue le projet de présenter un texte issu de notre patrimoine culturel et de le mettre en relation avec la situation actuelle des apiculteurs  pour montrer la continuité des pratiques et du souci de préserver l'espèce des abeilles.

 

Merci à Babelio et à l'Atelier de l'agneau pour cet ouvrage instructif, dont The Bursar nous a également parlé !


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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 11:25

Amoureux transis, Janet et Angus rêvent de pouvoir se marier et de vivre à deux. Mais Angus n'est qu'un mécanicien sans le sou, et le père de Janet envisage un parti plus fortuné et ambitieux pour sa fille : il s'oppose catégoriquement à leur union. Angus décide donc d'enlever la belle demoiselle pour qu'ils puissent vivre selon leur gré... Mais alors que Janet est prête à s'enfuir, son père la démasque, la retient et envoie son beau-frère Hugh parlementer avec Angus. Quelques minutes plus tard, Hugh est retrouvé mort, et Angus jure à qui veut l'entendre qu'il n'y est pour rien. L'enquête piétine, et le village se divise entre partisans et opposants d'Angus. L'inspecteur Mac Huntly est dépêché pour débusquer le coupable, mais devra composer avec Imogène Mac Carthery, une autochtone bien décidée à mettre son grain de sel dans une affaire sur laquelle son opinion est faite de longue date.

 

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Pour ma première lecture d'un Exbrayat, j'ai eu le plaisir de trouver d'occasion un épisode des aventures de la fameuse Imogène, incarnée récemment au cinéma par Catherine Frot, dans la collection délicieusement datée que j'affectionne déjà pour les Agatha Christie.

 

L'histoire commence sur la découverte du jeune couple de tourtereaux, victimes incomprises de la méchanceté de leur entourage : "Ils marchaient la main dans la main, sans mot dire, parce qu'ils avaient de la peine et qu'ils ne comprenaient pas pourquoi le monde - en la personne des parents de Janet - s'opposait à leur amour." Très vite, on comprend qu'on a affaire à un couple gentil et un peu simplet sur les bords, qui se fera facilement manipuler par les adultes qui les entourent.

Voyant que son père est un adversaire coriace qu'il va falloir décider, Janet décide d'aller demander de l'aide à la seule personne qu'elle imagine capable de faire fléchir son père : Imogène.

Celle-ci n'est d'ailleurs pas étonnée que l'on fasse appel à ses talents : "Sans plus attendre, Janet se jeta aux pieds de Miss McCarthery, en la suppliant :

- Sauvez-moi ! Sauvez-nous ! Il n'y a que vous qui puissiez nous aider !

Imogène fut un peu surprise devant ce romantique désespoir, mais elle avait si souvent conscience d'être la réincarnation de Marie Stuart que, sans y prêter attention, elle témoigna d'une grandeur qui [...] réconforta la pleureuse. Prenant place dans un fauteuil, l'Ecossaise aux cheveux roux, solennelle, déclara : "Je vous écoute, mon enfant.""

Imogène est d'emblée présentée comme un personnage haut en couleurs !

 

Le pauvre inspecteur venu de la ville aura du fil à retordre : les villageois n'ont pas confiance en lui et se tournent bien plus facilement vers Imogène que vers lui. De plus, les policiers locaux ont pris de bien mauvaises habitudes ! Et la coutume locale veut que chacun se fasse lui-même justice : ainsi, les scènes de bagarres sont nombreuses et jubilatoires !

"Hors d'elle, Flora Leadburn bondit et avant que Fiona n'ait pu lever le bras pour se protéger, elle lui flanqua une paire de gifles qui assomma sa rivale.

- Encaissez toujours ça, ce sera votre pourboire !

Imogène avait beaucoup de sympathie pour Fiona et détestait cette Flora guindée, à la cervelle de pintade. Elle ne put réfréner l'élan où l'emportait l'amitié et d'un coup de poing bien appliqué sous le menton, elle envoya Mrs. Leadburn au pays des songes. Leadburn avait l'instinct de la propriété et, ne pouvant tolérer qu'on touchât à celle qui faisait partie de ses bien, attrapa Imogène aux cheveux, décidé à savourer à fond une engence dont il rêvait depuis des années. McClostaugh jugea inadmissible qu'on se battît sous les yeux d'un représentant de la loi. Il sauta sur le boucher. A cet instant, Fiona reprenant ses esprits, attrapa la première chose qui passait à sa portée et ce fut la barbe du sergent. Archibald hurla. McHuntly jugea de son devoir de se porter à son secours. Keith, aveuglé par la rage, frappait rageusement de tous côtés, le plus souvent dans le vide."  

J'adore ! On ne sait pas où donner de la tête et on s'amuse de ce village aussi animé et divisé, où les bagarres se règlent aussi vite qu'elles se sont déclenchées. Le dénouement a en plus cette faculté de récompenser aussi bien les efforts de la police, tant bien que mal, que ceux d'Imogène, qui a toujours raison ! Voilà une aventure qui ne fait que commencer entre Exbrayat et moi !

 

Aux lecteurs aguerris d'Exbrayat, les ouvrages qui n'ont pas Imogène pour héroïne sont-ils aussi savoureux ?


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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 14:31

Lorsque son époux Marcus lève la main sur elle, c'est en trop : Lydia Langstone fait ses valises et s'empresse de partir. Elle qui est habituée au luxe et au confort se rend chez son père, un homme rustre et alcoolique, qui vit dans un appartement délabré à Bleeding Heart Square. Rapidement, elle fait la connaissance des autres locataires de l'immeuble, parmi lesquels le troublant Joseph Serridge, qui l'aide à trouver un modeste travail. Mais Serridge dissimule des secrets desquels il vaut mieux se méfier : qui est le mystérieux maître chanteur qui lui envoie régulièrement des coeurs sanglants dans des boîtes de papier ? Lydia doit également composer avec un étrange jeune homme, Rory, qui épie la maison à longueur de journée avant de s'y faire accepter comme locataire... Tous deux vont bientôt enquêter, à la mesure de leurs moyens, sur la disparition inquiétante de Miss Penhow, la propriétaire de l'immeuble : à qui sa disparition pourrait-elle bien profiter ?

 

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Bleeding Heart Square, malgré son nom romantique à souhait, s'avère être un quartier sordide et peu fréquentable : Rory n'est-il pas attaqué par de dangereux voyous qui le blessent gravement dans le seul but de l'intimider ? La brave Lydia, qui y a trouvé refuge chez son père, longe les murs : il faut dire que son époux fait des pieds et des mains pour la voir revenir au bercail.

 

Si Lydia est présentée comme le personnage principal, de nombreuses figures secondaires tournoient autour d'elle au fur et à mesure que leurs histoires se croisent : la belle Fenella, Dawlish l'engagé, l'agent Narton, Mme Renton, le capitaine Ingleby-Lewis... Il n'y a que le personnage de Fimberry qui me soit apparu comme véritablement secondaire et sans grand intérêt, sinon celui de s'intéresser à la légende du nom de Bleeding Heart Square. Les autres personnages permettent de constituer un arrière-plan particulièrement intéressant à l'enquête de Lydia et Rory, notamment sur la question de la montée du fascisme et des sympathisants d'extrême-droite (dont fait partie Marcus Langstone) à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Plutôt que thriller, le livre s'apparente davantage à un roman policier foisonnant, dans lequel les enquêteurs amateurs progressent pas à pas. Des aperçus du journal intime de Miss Penhow sont donnés à voir entre divers chapitres : ils nous éclairent sur la raison de la disparition de cette dame respectable, mais intriguent de par la façon qu'a l'auteur de les présenter, en utlisant la deuxième personne du pluriel. La révélation tant attendue laisse encore planer sur le roman achevé un voile de mystère qui continue à nous interroger alors que le livre se referme : voilà qui est intelligent !

 

Merci aux éditions du Cherche-Midi, en la personne de Solène Perronno qui, décidément, sait me faire plaisir !

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 13:49

Lancé l'an dernier, le Challenge King a rapidement fait des émules : nous avons été pas moins de 74 participants à vouloir se replonger dans les oeuvres du maître de l'épouvante, celui-là même qui nous avait parfois fait passer de longues nuits blanches...

 

Sur les 74 participants, beaucoup n'ont réussi qu'à voir un film ou lire un livre, faute de temps ou de courage : il faut dire que le clown de Ca était particulièrement effrayant...

 

challenge stephen king

 

Mais nous avons été 20 à achever le Challenge dans son intégralité, souvent largement d'ailleurs ! Bravo à tous les vaillants participants : c'était le premier challenge que j'organisais, et votre enthousiasme m'a donné du coeur à l'ouvrage ! Plusieurs d'entre vous auraient aimé voir le challenge se prolonger : ce n'est pas dans mes projets, mais je vous invite à reprendre le flambeau ! Etant donné que je n'ai pas chroniqué tout ce que j'ai lu ou vu, paresse oblige, je me ferai un plaisir d'en parler chez vous !

 

Au cours du challenge, ce ne sont pas moins de 35 romans et nouvelles différents qui ont été lus, ainsi qu'une BD ! On dénombre également trois séries et 17 films, et même un livre audio ! Bravo pour cette diversité de choix, qui a permis aux autres challengeurs de découvrir des pépites parfois méconnues !

Vous pouvez retrouver l'ensemble des lectures et visionnages des participants  ici ! A ce propos, je salue la performance de Mr. Zombi, le challengeur le plus productif, à qui je me ferai un plaisir d'envoyer une modeste récompense pour son implication dans le challenge (Mr. Zombi, envoie-moi ton adresse via le formulaire de contact !) ! J'aurais aimé remercier tout le monde ; certains ne sont pas loin du tout d'égaler son score !

 

Bravo encore une fois et merci ! Continuez à vous faire peur !

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 15:16

Aujourd'hui, j'avais prévu de terminer officiellement le Challenge King et de récapituler l'ensemble des participations ; malheureusement, la grippe me cloue au lit et/ou au canapé et la fièvre m'empêche de lire longtemps ou de rester devant l'ordinateur. Il va falloir attendre encore quelques jours !

Que les retardataires en profitent pour rédiger leurs derniers articles !

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 18:47

Jonathan Stride, policier cinquantenaire, voit surgir cinq ans après le décès de son épouse des traces du temps de leur adolescence : revenue à Duluth, Tish, une camarade de lycée devenue journaliste, l'invite à se pencher à nouveau sur une affaire de meurtre irrésolue survenue en 77, l'année de leurs dix-huit ans.

Cet été-là, alors que Brian et Cindy se préparaient à leur première fois ensemble, la soeur de Cindy, Laura, se faisait assassiner sauvagement sur une plage voisine. Le coupable, un vagabond de passage, désigné d'office, quitte la ville brusquement. L'affaire s'arrête là, faute de mieux... Trente ans plus tard, Jonathan découvre de nouvelles preuves qui le laissent penser que son épouse lui cachait de sombres secrets.

 

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Voilà un page turner redoutable ; rien de bien original, loin de là, dans l'intrigue ou son traitement, pourtant. Dès le départ, j'ai même pensé que l'auteur faisait un peu trop dans le mélo pour la psychologie de ses personnages : Jonathan a perdu son épouse d'un cancer, et son père d'un accident lorsqu'il avait quinze ans ; sa nouvelle compagne a perdu son premier mari, assassiné ; la mère de Tish a été tuée lors d'une prise d'otage ; la mère de Cindy et Laura était décédée trop tôt elle aussi... Aucun personnage ne semble épargné d'un drame personnel à partir duquel il s'est construit : on touche à la caricature du thriller.

 

Même l'intrigue reposant sur le voyeur qui sévit de nos jours parait au départ un peu fine : elle se corse et s'améliore lorsque la jeune Mary, handicapée mentale, fait son entrée. L'ensemble des passages la concernant, notamment les derniers, ainsi que ceux de ses parents, sont touchants et plus persuasifs que les autres.

 

Il est intéressant de constater que l'ouvrage alterne entre un récit à la troisième personne, qui se centre aussi bien sur Stride que ses partenaires ou les parents de Mary, et des passages pris en charge par Tish, qui écrit un roman sur le drame de son amie Laura. Ces passages, qui apparaissent au départ d'une utilité discutable, révèlent leur importance au fur et à mesure que son récit avance.

 

Comme je le disais d'emblée, malgré ces remarques, ce fut une lecture plaisante et rythmée : si je craignais au départ un ensemble un peu mou, à l'image des mauvais Higgins Clark, je suis revenue sur mon opinion en avançant dans le livre et ai même, je le confesse, écrasé une larme au moment de l'épilogue. Nul doute que Brian Freeman, sans avoir réinventé les codes du genre, se réserve un succès probable avec un livre efficace !

 

Merci à la Librairie Dialogues pour cette lecture en avant-première (sortie le 10 février) !

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 12:20

Plus de vingt ans après la Révolution et après la chute du Premier Empire, la France voit revenir à sa tête la famille des Bourbons représentée par Louis XVIII, Louis XVI ayant été guillotiné et son fils ayant succombé dans les geôles parisiennes...

Hector Carpentier, jeune médecin parisien à la suite de son père, est soupçonné du meurtre d'un certain Leblanc qu'il semble ne pas connaître, mais il se trouve que le défunt portait sur lui l'adresse de Carpentier et semblait se rendre au domicile de ce dernier. Le sulfureux Vidocq prend l'enquête en main et, s'apercevant rapidement que le jeune Carpentier est aussi blanc que neige, le prend sous son aile pour qu'ils démasquent ensemble le véritable coupable. Mais les deux hommes sont entraînés dans une affaire secrète bien plus large que ce simple meurtre : le jeune Louis XVII ne serait peut-être pas mort en 1795, et le pouvoir lui reviendrait désormais à la place de Louis XVIII...

 

 

Thriller, nous dit la couverture... N'exagérons rien...

 

Louis Bayard, qui n'a de français que le nom et probablement aucun rapport avec le chevalier éponyme sans peur et sans reproche, se lance et nous lance avec La Tour noire dans la reconstitution de Paris au début du XIXème. Les descriptions de la ville nous donne à voir une cité sombre, humide, peu avenante... idéale en somme pour être le théâtre d'un meurtre énigmatique : "Nous sommes lundi 23 mars, le jour du printemps pour être exact, quoique la nouvelle semble ne pas avoir atteint Paris. Depuis environ une semaine qu'à la façon d'un invité malveillant une bruine glacée s'est installée ici, les différences normalement établies entre l'air et l'eau sont noyées dans un bruit d'éclaboussures. On n'entend que ça : les siennes à soi, celles de la promeneuse derrière soi et du piéton devant. Partout ce bouillonnement noir et liquide fait de nous les grenouilles d'un royaume englouti."

Il ne fait pas bon se promener dans les rues parisiennes...

 

Vidocq y règne en maître absolu, se fondant dans la masse et harponnant les malfrats à la petite semaine qui tentent d'y survivre. Un pied parmi les brigands, mais un autre à la Sûreté où il est le chef d'une brigade à son image. L'épisode de sa rencontre avec Carpentier est ahurissant de réalisme : s'étant déguisé, il se défait petit à petit de ses frusques devant les yeux du jeune médecin complètement ébahi : "Ce n'est rien comparé aux changements qui affectent son corps. Il se défait ! Les lambeaux s'échappent de sa manche vide, son bras valide fouille dans le creux de sa poitrine et, miraculeusement, un second bras apparaît à la place du moignon. "Une hydre aux membres qui repoussent" pensé-je, émerveillé, en le regardant. [...] Il grandit. Comme s'il découvrait subitement six pouces de vertèbres enfouis dans une épine dorsale qu'il déploie sans encore en connaître la longueur. Devant mes yeux, l'invalide et minuscule vieillard de ma rue est devenu un solide gaillard de cinq pieds, deux pouces et six lignes. Carré, fier, sec, comme issu d'un relevé géologique, avec des reliefs musculeux bordés de graisse, elle-même immergée dans des strates de chair." C'est à proprement parler Vidocq qui devient le point central du livre et autour duquel gravite les autres personnages, à commencer par Carpentier.

 

Ainsi, il faut voir en La Tour noire un livre policier, dont Vidocq serait l'enquêteur principal secondé par Carpentier, qu'un thriller à part entière (pour un thriller pur et dur, allez faire un tour vers mon précédent article !). L'enquête en elle-même m'a plu, sans me passionner pour autant : le personnage de "celui-qui-pourrait-être-Louis-XVII", par exemple, m'a semblé trop peu fouillé... Peut-être est-ce dû à l'amnésie que lui a conférée l'auteur ! En revanche, j'ai aimé pouvoir faire revivre Carpentier père par la découverte de ses écrits par son fils.

 

A mon sens donc, pas le "meilleur thriller de l'année" mais un policier agréable, envoyé par la très attentionnée Solène Perronno des éditions du Cherche-Midi, que je remercie chaleureusement !

 

D'autres avis chez mes camarades Yspaddaden, Karine :), Gruikman, Madame Charlotte...

 

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 10:45

Quand l'organiste de l'église qu'il fréquente régulièrement est retrouvé mort, allongé dans une mare de sang, Lionel Kasdan, flic à la retraite, décide de reprendre du service. L'affaire s'étoffe bientôt lorsque les analyses révèlent que la victime serait morte de douleur et que les empreintes de pas trouvées sur la scène de crime s'avèrent être des empreintes d'enfants... Kasdan se voit rejoint par Cédric Volokine, enquêteur à la Brigade des Mineurs et spécialiste des cas de pédophilie, qui voit dans ces traces de pas la possible marque d'une histoire de vengeance. Mais Kasdan et Volokine se retrouvent entraînés dans les méandres d'une organisation bien plus complexe que ceux qu'ils sont en mesure d'imaginer...

 

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Six ou sept ans s'étaient sûrement écoulés depuis ma dernière lecture d'un Jean-Christophe Grangé, mais il ne m'a pas fallu plus d'une vingtaine de pages pour retrouver l'ambiance si particulière aux romans de l'auteur.

Le tableau commence déjà en la personne de l'enquêteur principal, Lionel Kasdan : présenté comme un Arménien d'une soixantaine d'années, au visage buriné et marqué par les stigmates de ses expériences passées en tant que flic et militaire, il n'est pas sans évoquer au lecteur le choix de Jean Reno, qui incarnait au cinéma le héros des Rivières pourpres, premier succès de Grangé.

Le roman dévoile au fur et mesure de l'avancée de l'enquête des parts sombres de la vie passée de Kasdan : d'abord présenté comme un veuf bien débarrassé de sa femme qu'il n'aimait plus, il apparaît finalement comme traumatisé par les circonstances de la mort de celle qui fut son épouse pendant des années ; si on le voit en parallèle en prise avec les souvenirs de sa carrière militaire, qui consistent en des flashs ou des rêves violents de massacres, on finit par comprendre qu'il n'en fut pas l'instigateur mais une victime indirecte.

De la même manière, Volokine lui aussi révèle un profil particulier : la première scène dans laquelle il apparaît le montre en prise avec ses démons intérieurs puisqu'il lutte contre le manque d'héroïne en cure de désintoxication.

 

Ainsi, Volokine, flic surdoué, beau mec, junkie en rémission, et Kasdan, vieux flic torturé et hanté par des souvenirs traumatisants, s'associent pour mener une enquête tout sauf officielle et usent de méthodes pas toujours recommandables.

Le meurtre de l'organiste, problème inaugural du roman, est vite suivi d'éléments problématiques qui confèrent à l'enquête un tour effrayant : la cohorte d'enfants tueurs qui officieraient en costumes en vogue à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale m'a plus d'une fois donné des frissons... Plus l'enquête avance, plus l'ensemble se corse, sans jamais toutefois tourner au ridicule. On avance et on s'enfonce dans la complexité, dont l'acmé se révèle être l'implication possible d'anciens nazis responsables de tortures en Amérique du Sud et qui seraient venus perpétuer leurs horreurs en France.

 

Les 635 pages de l'édition de poche de Miserere m'ont tenue en haleine plusieurs jours ; j'étais heureuse, attachée à Volokine et aux affres d'une enquête terrible, que le livre ne soit pas plus court (même si la fin ne m'a pas autant convaincue que le reste)...

 

Par ici, les avis de Stephie et Miss Alfie.


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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 11:22

Pas d'article lecture en ces lieux depuis trois semaines... Argh, quelle mauvaise façon de commencer l'année. Me revoilà, dear lecteur en détresse !

 

Henry Wilt, bientôt trente-cinq ans et marié depuis douze ans à la tempêtueuse Eva, exerce le si beau métier de professeur. Oui, mais en lycée technique, pour des élèves qui se sentent peu concernés par la découverte de la littérature en une heure par semaine. En outre, Wilt se voit chaque année privé de toute promotion de carrière pour des raisons budgétaires : Eva lui fait le reproche constant de son manque d'ambition, tandis qu'elle a des rêves de grandeur... Wilt lâche prise : alors qu'Eva se lie d'amitié avec un couple d'intellectuels très libérés sexuellement, Wilt peaufine le projet de tuer son épouse... Quand Eva disparaît avec les Pringsheim après une soirée arrosée et mouvementée, Wilt est arrêté par la police et subit un interrogatoire sans fin destiné à le faire avouer ce qu'il n'a pas commis...


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Le titre complet de l'oeuvre est le suivant : Wilt 1, ou Comment Se Sortir D'Une Poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore : riche programme qui nous est annoncé dès le titre, donc !

Pauvre, pauvre Wilt, avons-nous envie de dire lorsque nous comprenons le calvaire qu'il vit au quotidien : harcelé par une épouse terrifiante d'énergie et d'enthousiasme qui voudrait absolument le voir exercer une activité plus glorieuse que celle de simple prof, miné par l'éternelle non-promotion à chanque fin d'année scolaire, harassé par les élèves de Viande 1, Plâtre 2 et autres réjouissances manuelles qui ne voient aucun intérêt dans l'apprentissage de la culture, Wilt est à plaindre. Et plutôt deux fois qu'une.

 

Ainsi, lorsque sa femme le ridiculise une fois de trop quant à sa virilité décroissante, le placide Wilt fait le projet de se débarrasser d'elle : s'entraînant à jeter dans une fosse le corps pneumatique d'une poupée gonflable, il est arrêté et convaincu de meurtre sur son épouse : victime d'abord, Wilt se révèlera un adversaire coriace des policiers chevronnés qu'il ne tarde pas à faire tourner en bourrique : j'adore !

 

Tom Sharpe se montre délicieusement caustique envers les enseignants, les policiers, les femmes, l'église... Tout y passe, et l'on en redemande, d'autant que Wilt se révèle vraiment à la fin de l'ouvrage : voilà qui donne envie de lire la suite !

 

D'autres avis que le mien chez Heclea, Emily, Soundandfury, Bambi Slaughter, Petite Fleur...

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 11:24

En 2011, ré-inventons nos vies ! 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51AG40W3KSL.jpg

 

 "On se ferait bien un petit challenge "estime de soi", non ?

- Non.

 - Mince..."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Parce que moi je prendrais celui-là ..."http://www.decitre.fr/gi/38/9782890445338FS.gif  

 

 


 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/0/0/0/9782742935000.jpg

 

 

 

Peut-être n'y a-t-il pas de manuel rêvé pour réussir son année...

A vous de l'inventer !

 

 

Bonne et heureuse année 2011 !

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