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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 12:22

Poétesse sexagénaire, Mia est mariée depuis trente ans avec Boris, un scientifique. Oui, mais Boris a récemment décidé de quitter Mia pour l'une de ses collègues de travail, bien plus jeune que son épouse. Mia perd les pédales et est internée pour quelque temps, histoire de retrouver pied. Et puis elle s'en sort et va passer l'été à la campagne, proche de sa mère placée en maison de retraite, pour se reposer et écrire pour avancer.

 

Un-ete-sans-les-hommes.jpg

 

 

Passer un été sans les hommes n'est pas synonyme de détente ni d'amusement, chez Siri Hustvedt. Son héroïne, Mia, qui n'a d'héroïne que le nom, passe un été peu glorieux, entre questionnement et... questionnement.

 

Elle a de quoi être perturbée, Mia. Son Boris, dont elle connaît les moindres détails, l'a quittée et demande de "faire une pause". Pour Mia, rien de plus cruel : elle eût préféré être virée pour de bon plutôt que de rester en suspens, attendant de savoir le sort auquel Boris pourrait la réserver. Cette pause est bien vite personnifiée et devient la Pause, cette étrangère dont il faut taire le nom et qui lui a pris son mari. En voilà, une idée brillante : on comprendra alors que l'avenir de Mia se joue sur la relation Boris/l'autre, et à laquelle Mia ne peut rien.

 

On s'attendrait à ce que Mia agisse. Seulement, Mia réfléchit. Après avoir sombré quelques jours dans une folie furieuse, qui semble d'ailleurs bien étrange pour le lecteur auquel Mia se présente davantage comme un être doux et peu enclin à se laisser aller à quelque excès, elle se retire du monde et profite de la campagne pour faire le point. A aucun moment Mia ne prend sa vie en main : sa réflexion consiste à faire se compléter les références philosophiques démontrant l'égalité de l'homme et de la femme. Intéressant, mais vain : Mia n'en tire que de faibles arguments qui l'aident à peine à savoir que faire avec Boris. Si elle s'érige en femme savante, Mia n'en est que faible lorsqu'il s'agit d'interroger son mari... Peut-être la dernière phrase résume-t-elle sa résolution ? Peut-être.

 

J'ai beaucoup aimé le personnage d'Abigail, pensionnaire comme la mère de Mia d'une maison de retraite : alors que le corps ne suit plus, Abigail sait montrer et démontrer à Mia qu'elle a su être une forte femme, qui a su prendre en main le cours de son existence et en est toujours fière à la veille de sa mort.

En revanche, j'ai trouvé vain l'échange entre Mia et M. Personne : à quoi cela pouvait-il bien rimer ? En quoi Mia tire-t-elle le moindre intérêt de ces mails énigmatiques et parfois insultants auxquels elle s'attache pourtant ?


Finalement, de nombreux points m'agacent avec Un Eté sans les hommes : la lecture n'a pas été désagréable ni dénuée d'intérêt, mais on aurait presque envie de changer un paquet de choses là-dedans pour y trouver son compte...

 

LEcture commune initiée par Hilde, dont vous retrouverez l'avis sur son blog ! Par-là, l'avis de Praline.

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Published by Neph - dans H
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commentaires

pom' 22/09/2011 13:21


je l'ai réservé à la biblio, j'espère qu'il me plaira


Neph 06/11/2011 19:57



Bonne lecture !



keisha 19/09/2011 09:39


Pour ma part, je reste sur une bonne impression. Mais c'est intéressant, on n'a pas du tout les mêmes opinions sur notre lecture!


Neph 01/10/2011 13:01



C'est ce qui fait le charme de nos lectures !



Lilibook 14/09/2011 21:41


Des avis mitigés, alors je ne sais pas si je le lirai. En tout cas il est à la biblio où je suis...alors on verra.


Neph 01/10/2011 12:51



Ca limite les dégâts si jamais il ne te plaît pas !



lili 05/09/2011 19:26


comme toi, j'ai adoré Abigail et ses travaux manuels !


Neph 01/10/2011 12:34



C'est un des rares souvenirs positifs qu'il me restera de ce livre !



Malice 05/09/2011 08:30


Bon, en effet je vois que je ne suis pas la seul !;-)


Neph 01/10/2011 12:33



C'est un signe !