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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 11:11

Les finances de Porterhouse College sont au plus mal. Cet établissement centenaire de Cambridge est croulant, et ce n'est pas le Maître qui pourrait arranger quoi que ce soit : ancien portier nommé par l'ancien Maître dans son dernier souffle, cloué dans un fauteuil roulant à cause d'une attaque après un repas trop riche, ses collègues le considèrent comme un vieux toqué bon à rien et particulièrement désagréable par-dessus le marché. Heureusement, l'Econome a décidé de prendre les choses en main : il a été approché par Transworld Televisions, dont le grand patron a décidé de devenir mécène en fin de carrière et est prêt à investir des millions à Porterhouse... pourvu qu'il en devienne le manitou. Alors que l'Econome est prêt à lui ouvrir grand les portes de Porterhouse, voilà que les équipes de Transworld venues filmer les lieux font s'écrouler la très vieille Chapelle. C'est en décidant de poursuivre Transworld pour dommages et intérêts que les professeurs de Porterhouse découvrent que l'entreprise sert de couverture pour un trafic international de drogue et blanchiment d'argent !

 

sharpe.jpg

 

De Tom Sharpe, j'avais déjà lu toutes la série des Wilt (en bonne flemmasse que je suis, je ne vous avais parlé que des tomes 1 et 2...) : rappelez-vous, ce pauvre professeur de littérature en lycée technique, qui devait faire face à des élèves rétifs à toute idée de culture, mais surtout à une femme folle à lier !

Nous retrouvons ici l'univers des professeurs d'université dont David Lodge s'est lui aussi fait une spécialité. Mais là où David Lodge confronte ses personnages aux difficultés de la vie quotidienne, des relations homme-femme et du vieillissement, Tom Sharpe n'hésite pas à les plonger dans les pires tourments inimaginables, notamment les plus loufoques.

 

Deux intrigues parallèles s'entremêlent ici, autour de deux nouvelles arrivées à Porterhouse.

D'un côté, M. Hartang, patron de Transworld Televisions, décide de se ranger des voitures, comme diraient les truands : après des années de trafic de drogue à travers le monde, sous prétexte d'aller filmer des pingouins par-ci, des pieuvres par-là, après aussi des années de tourisme sexuel en Asie, il décide de se mettre au vert à Porterhouse, pensant à tort que les murs vieillissants du College lui offriraient une douce retraite. Bien mal lui en prend...

De l'autre côté, le professeur Purefoy Osbert, fou amoureux de Mme N'Dlovo, conférencière spécialiste des questions de sexualité, décide de prouver sa virilité à cette dernière en acceptant une chaire à Porterhouse, sous le prétexte d'enquêter sur la mort du précédent maître. Sa veuve soupçonne en effet qu'il ait été assassiné, et elle ne croit pas si bien dire.

 

J'ai nettement préféré l'intrigue concernant Hartang à celle d'Osbert, qui partait pourtant si bien. Son rôle reste finalement très secondaire, et les épisodes avec Mme N'Dlovo frôlent le ridicule.

En revanche, les chapitres se déroulant à Porterhouse sont un vrai régal : les professeurs et responsables du College m'ont fait penser aux mages de l'Université de l'Invisible chez Pratchett, avec autant de dinguerie ! L'Econome, par exemple, plane autant chez Tom Sharpe que chez Pratchett, produits hallucinogènes en moins. C'est un délice de suivre les aventures de ces Dons, comme on les appelle, vieux monsieurs en total décalage avec leur temps et qui, entre eux, multiplient les quiproquos.

 

A vous de vous régaler (mais oubliez le menu à base de "canards pressés", spécialité de Porterhouse, ça n'apporte rien de bon!) !

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Published by Neph - dans S
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commentaires

Violette 24/11/2012 15:57

je ne connaissais absolument pas mais tu as su me donner envie... les références que tu cites sont alléchantes!

Moka 18/11/2012 14:28

Voilà un titre qui m'est totalement inconnu !

Alex-Mot-à-Mots 15/11/2012 20:21

Un menu de "canards pressés" ? Tu m'intrigues...