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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 13:02

Porté disparu lors de la bataille d'Eylau, le colonel Chabert est pourtant bel et bien vivant : il refait littéralement surface en s'extirpant de la fosse commune dans laquelle on l'avait trop hâtivement jeté. Mais après une convalescence longue, son retour en France n'est pas chose aisée car même ses plus proches amis ne le reconnaissent pas... Pire encore, sa femme, le croyant mort, s'est remariée et ne veut plus entendre parler de lui, le privant par la même occasion de sa fortune passée. Commence alors pour Chabert un long combat pour espérer être un jour reconnu.

 

balzac-le-colonel-chabert1.jpg

 

Si l'une de mes collègues n'avait pas inscrit ce Balzac parmi les oeuvres à étudier pour nos classes de 2nde, il y a fort à parier que je ne l'aurais pas relu de sitôt. J'en gardais en mémoire une image peu flatteuse, celle d'un livre ennuyeux avec des soldats et des batailles... Très peu pour moi.

Ma relecture a donc été l'occasion d'un rappel sur les grandes batailles napoléoniennes : Eylau n'a désormais plus (ou presque) de secret pour moi. Balzac, par la bouche de Chabert, en décrit les horreurs dans un passage à glacer le sang : Chabert, ayant eu le crâne fendu lors de la bataille, est jeté à la fosse commune parmi des monceaux de cadavres et s'en sortira en creusant la terre qui le recouvre grâce à un membre humain sectionné. L'horreur de ce passage raconte les tristes heures de cette grande bataille qui, si elle se solda par une victoire française, n'en coûta pas moins la vie à près de dix mille soldats français, et même plus dans le camp prussien.

 

Mais Le Colonel Chabert est également l'occasion pour l'auteur de dépeindre la société de ce début du XIXème siècle, avec dans les premières pages un portrait haut en couleurs d'une étude de notaire et de ses clercs tire-au-flanc et farceurs, et le double-jeu mené par l'épouse de Chabert, qui m'a rappelé l'hypocrisie des filles du pauvre père Goriot dans le livre éponyme. Le Colonel Chabert se révèle être une nouvelle cruelle, construite sur le mensonge et la moquerie et où seuls les représentants d'une honnêteté rare sont Chabert et son notaire.

 

Et une première lecture dans le cadre du challenge repris par Stephie cette année !

challenge-classique.jpg

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Published by Neph - dans B
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commentaires

Choupynette 03/03/2013 15:24

tu ne l'as pas aimé? Je l'ai lu après avoir vu l'adaptation dans la collection Au temps de Maupassant.

Neph 04/03/2013 12:25



Arf, je ne peux pas dire que je l'ai adoré !



Choupynette 26/02/2013 14:10

c'est le texte qui m'a réconciliée avec Balzac!! j'avais détesté (et même pas fini) La peau de chagrin au collège et n'avais plus jamais ouvert un roman de l'auteur. et là, révélation!! j'ai adoré!
De même que La maison du chat qui pelote ou encore Le chef d'oeuvre inconnu. Que des textes courts. bientôt j'essaierai de nouveau avec un roman...

Neph 02/03/2013 20:14



Dis donc, quel courage d'avoir survécu à La Maison du chat... Pfiou !



Constance 36 29/01/2013 19:09

Comme tiger Lily, il semblerait donc que les lecteurs se scindent entre balzaphiles et zolaphiles !!!

Neph 02/03/2013 20:17



J'aurais bien du mal à choisir mon camp !



Stephie 09/01/2013 08:13

J'adore ce roman que j'ai déjà donné à lire avec beaucoup de succès en 3e. Un sujet brûlant ! (Je t'ai ajoutée à ma récap)

Neph 02/03/2013 20:22



Merci ma Stephie ! Arf, j'ai du retard pour février... Qu'il était court ce mois !



Tigger Lilly 07/01/2013 21:42

Ha ouais mais en fait, tu le vends bien. J'ai toujours eu du mal avec Balzac, alors que j'ai dévorée tous les Rougon Maquart de Zola avant mes 18 ans. Si je retente un jour, j'essaierai ptètre
celui-là.

Neph 02/03/2013 20:23



Faut-il vraiment choisir son camp ? Dur dur !