Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 13:14

Rester mariés des dizaines d'années, ça use. Irene et Gary ont eu ensemble deux grands enfants, qui ont quitté le foyer : maintenant, il ne reste plus qu'eux à la maison, malgré les visites fréquentes de leur fille et la proximité géographique des deux enfants. Alors, pour Gary, c'est l'occasion de réaliser son grand rêve de toujours : construire une cabane isolée, près du rivage, pour y finir ses vieux jours. Si son épouse était d'accord, au départ, c'était pour venir pendant la belle saison, sans plus. Alors que les différends se font jour, Irene semble atteinte d'un mal inconnu et ses migraines atroces laissent chacun démuni. Comment retrouver la quiétude, tant physique que morale, au milieu de tant d'incompréhensions ?

 

desolations.jpg

 

D'emblée, j'ai choisi mon camp : ce n'est pas demain la veille qu'on ira me faire couler des jours heureux sur une île glaciale et quasi désertique aux confins de l'Alaska. Pourtant, loin de se contenter d'une banale histoire de couple qui ne se comprend plus après des dizaines d'années passées ensemble, David Vann pousse le récit jusqu'à amener le lecteur dans un état de total investissement dans le cadre et l'ambiance de son récit. Il y a fort à croire que le même récit transposé ailleurs que dans les glaces du grand Nord n'aurait pas eu le même effet. Et, pour le coup, les frissons ressentis à la lecture ne viennent pas que du climat local de Caribou Island. 

 

Irene, toute d'abnégation revêtue, partait avec toute ma sympathie en ce début de lecture : comment ne pas admirer cette femme qui sacrifie sa volonté pour aider son conjoint à accomplir le rêve de toute une vie ? Finalement, c'est chose aisée : aucun personnage n'est admirable dans Désolations, et le titre reflète autant le paysage des lieux que l'épaisseur des relations humaines entre les personnages. Gary, le mari, agit cruellement, en loup solitaire, comme s'il voulait faire payer à sa femme ses propres choix d'il y a trente ans. Irene, l'épouse, se montre tout aussi fermée sur elle-même malgré quelques tentatives d'apaisement accomplies par pur intérêt. Quant aux enfants, entre abus de drogues et adultères divers et variés, le tableau n'est pas rose. L'issue du roman se révèle à la hauteur du drame qui se joue entre des personnages devenus incapables de la moindre considération.

 

La lecture de Désolations ne s'avère pas de tout repos, mais la rencontre avec David Vann (puisque je dois être l'une des rares à ne pas avoir lu Sukkwan Island) me paraît concluante !

 

Je remercie Hérisson pour ce partenariat qui me permet de signer ma deuxième lecture dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire (en retard, humpf).

rentréelitt2011Plein d'avis chez les copines Karine, Pimprenelle, Stephie, Choco, L'Irrégulière, Craklou, Lasardine, **Fleur** et Calypso.  

Partager cet article
Repost0

commentaires

E
Aucun personnage n'est admirable,ça,c'est bien vrai.
Répondre
S
Je l'ai lu. Difficilement de le lâcher avant la fin. Difficile aussi d'écrire mon billet.
Répondre
N
<br /> <br /> Oui, n'est-ce pas ? On ne sait pas par où attaquer !<br /> <br /> <br /> <br />
E
Je vais vraiment attendre avant de lire celui-ci... Sukkwan Island n'était déjà pas de tout repos ! Bien torturé le David !
Répondre
N
<br /> <br /> Que donnera alors son prochain livre ? Pourvu qu'il s'apaise un peu, un jour !<br /> <br /> <br /> <br />
M
Non, c'est moi la dernière : j'avoue que même si j'en entends parler en termes élogieux de cet auteur, je ne suis plus trop attirée, à cause des avis partagés et puis du reste...
Répondre
N
<br /> <br /> Il ne ressemble vraiment pas à ce que j'avais pu déjà lire, en plus !<br /> <br /> <br /> <br />
N
J'ai largement préféré Sukkwan island ! Celui ci m'a déçue !
Répondre
N
<br /> <br /> C'est, semble-t-il, l'avis de la majorité ! Mais moi qui ai déjà été marquée par celui-là, que vais-je devenir après lecture du précédent ?<br /> <br /> <br /> <br />