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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 01:30

A dix-sept ans, c'est avec beaucoup de retard et pas moins d'effarement que Carrieta White découvre qu'elle vient d'avoir ses règles pour la première fois. Sanglotant dans les douches collectives du gymnase de son lycée, elle est tournée en ridicule par ses camarades, toutes plus cruelles les unes que les autres. Parmi elles toutefois, Sue Snell, prise de remords, décide de s'amender et demande à son petit ami, Tommy, de conduire Carrie au bal de fin d'année.

 

Carrie.jpg

 

Grâce au film qui en a été tiré, Carrie est peut-être l'un des King les plus connus. Avant d'être un film, voilà un roman qui, bien que court, instaure un climat étrange et nous met mal à l'aise.

 

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas à Castle Rock que se déroule l'histoire mais à Chamberlain, une petite ville dont on sait très vite qu'elle va être mise à mal par l'issue meurtrière de la vengeance de Carrie. L'histoire ne semble pas très originale, au départ : à dix-sept ans, Carrie a toujours été la tête de turc de ses camarades et va essayer de s'en détacher, voire de s'en venger. Là où Stephen King réussit le tour de force de rendre son histoire accrocheuse, c'est en démarrant son histoire par la scène terrible des douches, durant laquelle Carrie est livrée à la cruauté la plus vile, la plus primaire de ses camarades, sans pouvoir se défendre contre cette meute, sans savoir ce qui lui arrive. La position du lecteur devient délicate, entre la volonté de défendre cette ado maltraitée et l'étonnement mêlé de dégoût pour cette fille si empotée et qui semble si abêtie.

 

Les sentiments éprouvés pour Carrie restent ambivalents tout au long du livre, sans qu'on puisse totalement la défendre, la condamner ou tout simplement la comprendre, bien que l'on comprenne quand même qu'elle ressente l'envie de se défendre et de se venger. Le personnage de sa mère, Margaret White, constitue presque une excuse au comportement de Carrie : Margaret, croyante fondamentaliste, est convaincue du peché dans lequel baigne sa fille et n'a de cesse de vouloir la soustraire au monde et la punir pour la moindre bêtise que celle-ci aurait pu faire. Obligée de prier à de multiples reprises, battue et enfermée des heures durant dans un placard pour "réfléchir", le petite Carrie vit sous le regard d'un Christ en croix de plus d'un mètre de haut dans son salon. Carrie a une idée bien particulière de la justice du Christ, en laquelle elle commence par croire pour se venger : "Et est-ce que maman n'a pas dit qu'il y aurait un Jugement dernier (le nom de cette étoile sera détresse et ils seront flagellés avec des scorpions) et un ange armé d'un glaive ? Si seulement ça pouvait arriver aujourd'hui et si Jésus apparaissait non pas avec un agneau et une houlette de berger, mais avec un rocher dans chaque main pour écrabouiller les ricaneurs et les railleurs, tonner contre le mal, l'extirper, le détruire - un dieu terrible de justice et de colère. Et si seulement elle pouvait être Son glaive et Son bras."


Mais la vengeance de Carrie contre ceux qui l'ont offensée s'exercera non pas grâce à Dieu, mais grâce à des facultés mystérieuses qu'elle s'efforce de cultiver en cachette. En effet, Carrie est douée de télékinésie : prenant petit à petit confiance en elle, elle s'affirme devant sa mère et use de ses pouvoirs pour la tenir à distance. Le récit entier est enchevêtré de témoignages, d'études de spécialistes et de rapports sur ces phénomènes télécinétiques. Ceux-ci, parfois nombreux, ont tendance à étouffer les souvenirs des survivants du massacre final. Cet épisode-là est évidemment perturbant, se déroule à une vitesse folle et l'on ressent la panique qui s'empare de la ville. Par ailleurs, Carrie, qui était devenue étrangement belle, se révèle fascinante autant qu'inquiétante.

 

La lecture de Carrie a été rapide mais laisse des traces bien présentes à l'esprit. C'est également une étape de plus dans le  Challenge Stephen King !

 

challenge stephen king

 

Pour lire d'autres avis sur Carrie ou sur les autres livres du King de l'horreur, voyez le récapitulatif du challenge !




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Published by Neph - dans K
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commentaires

Grimmy 04/10/2010 00:17


Ah Carrie, j'en ai encore la chair de poule en me souvenant de la scène final du bal. Brrrr. Ca laisse des traces, ce type de lecture.


Neph 11/10/2010 11:18



Il est balèze pour ça, King. Trèèès balèze.



Eléa 03/10/2010 19:43


Voila bien un des rares SK que je possède, mais que je n'ai pas lu ni vu en film .. il me faudra remédier à ça.


Neph 11/10/2010 11:17



Oh oui alors, il est temps de t'y mettre !



Hilde 12/09/2010 15:30


C'est loin d'être mon préféré mais je me souviens encore de certains passages que tu évoques. Brrr ;-)


Neph 18/09/2010 14:23



Hihi, ça laisse des souvenirs !



Manu 08/09/2010 19:23


Un des seuls romans de Stephen King que j'avais aimé.


Neph 14/09/2010 19:40



Je suis sûre qu'en cherchant bien tu en trouverais d'autres !



Restling 05/09/2010 20:15


Un des 1ers Stephen King que j'ai lus (il y a fort fort longtemps, ça me rajeunit pas tout ça ^^) et il m'avait beaucoup marquée.


Neph 14/09/2010 19:35



Hihi, quel que soit nôre âge, Stephen King est un souvenir de jeunesse !