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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 14:29

Persuadé qu'il passe à côté du sens de sa vie et frustré de ne pas se sentir en paix avec lui-même, le narrateur, écrivain, s'engage dans une longue tournée autour du monde, notamment en Russie, à la rencontre de ses lecteurs. Au cours de ce voyage, il fait la connaissance d'Hilal, une jeune femme qui semble croire que leurs deux existences sont liées. Tous deux s'apprivoisent, malgré de nombreuses incompréhensions, et atteignent bientôt un autre degré de connaissance à travers l'Aleph, un point bien particulier du train qui les emmène à travers la Russie.

 

aleph.jpg

 

De Paulo Coelho, je ne gardais en mémoire qu'un souvenir bien atténué de L'Alchimiste, une lecture que j'avais considérée étant ado comme un passage obligé mais finalement pas transcendant. Transcendée, je ne le suis pas non plus après lecture d'Aleph. Déçue, ça oui.

 

Reprenons. Aleph s'ouvre sur les états d'âme du narrateur, dont on comprend qu'il s'agit du double fictif de Coelho ; dépité d'être arrivé selon lui à une limite de sa vie au-delà de laquelle il ne sera jamais davantage en état de paix intérieure, il exprime son ressentiment à J., celui qu'il appelle son Maître. Que cette discussion ait lieu après une communion autour d'un chêne sacré, soit (mais ça commençait déjà mal pour moi qui ne confère qu'une confiance limitée aux rites de communion à la nature qui reviennent pourtant tant à la mode).

 

Le pèlerinage qui s'ensuit et qui mène le narrateur aux quatre coins du monde est dû à sa volonté de changer d'air : il rencontrera Yao, un interprète qui l'aidera à accorder la paix du corps à la paix de l'esprit. Mais la rencontre la plus fameuse est celle qui nouera les vies du narrateur et d'Hilal : bientôt, le narrateur acquiert la certitude que tous deux ont déjà été liés lors de l'une de leurs vies antérieures. Alors, d'abord par le fait du hasard, puis parce que tous deux considèrent que ces voyages les aideront à résoudre leurs problèmes actuels, ont lieu des sortes de transe qui unissent le narrateur et Hilal, que l'on voit replonger à l'époque de l'Inquisition.

 

Si je m'arrête volontairement là pour ne pas dévoiler des passages de l'intrigue, plutôt mince, sachez que l'ensemble du livre est à vivre comme un guide, une démarche, une quête vers la paix intérieure. Alors que je m'attendais à lire un roman, l'auteur nous offre un manuel du savoir vivre et bien vivre en accord avec son moi profond. A grands coups de transe, de discussions pseudo-philosophiques et psychologisantes mais aussi d'errements en tous genres du type Hilal-m'attire-mais-j'aime-ma-femme, l'auteur réserve aux plus courageux trois cents pages d'une romance à l'eau de rose que ne renierait pas la maison Harlequin, additionnée d'un manuel un peu louche à la sauce accomplissons-des-rituels-étranges-pour-remonter-le-temps et dont le Maître J. serait le gourou. Très peu pour moi.

 

Un premier rendez-vous manqué pour la rentrée littéraire ! Je remercie pourtant bien volontiers la douce Vivi La Chipie qui m'a permis de recevoir cet ouvrage.

S'il vous tente, je vous propose d'en faire un livre voyageur : peut-être serez-vous davantage séduit(e)(s) que je ne l'ai été !

 

rentreelitt2011.jpg

 




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Published by Neph - dans C
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commentaires

Lylou 10/03/2014 17:17


Je n'ai pas vraiment aimé cette lecture. La spiritualité va un peu trop loin pour moi dans ces pages, et j'ai détesté Hilal, ce qui m'a rendu la lecture difficile.

anthony 16/01/2013 00:23

Il y a des gens plutôt rationnels (hémisphère gauche) et des gens plutôt dominés par l'hémisphère droite.

Ayant lu pas mal de livres de cet auteur, je pense que l'Alchimiste est trop "hémisphère droit" et Aleph est le plus accessible à ceux dominés par le concret, le palpable, le rationnel.

Je pense qu'il faut lire ce roman comme on écoute une musique. Ne pas se poser de questions mais plutôt "sentir". Apprécier le rêve, pressentir le message plutôt ... Cela éviterait les déceptions.

Jeff 30/10/2012 18:54

Je n'est pas encore fini de le lire car j'ai peu de temps pour le faire mais dès que je peux je le dévore (comme ce fut le cas avec "l'alchimiste". Ce n'est pas un livre à l'eau de rose, loin de
là, et si vous n'avez pas aimé c'est parce qu'il théorise une conception de la vie et du chemin qu'elle entreprend qui vous est étranger. Personnellement ayant vécu des faits semblables dans ma vie
personnelle je suis profondemment touché par le récit de l'auteur d'autant qu'il est tombé à pique entre mes mains (sans en avoir eu connaissance avant).
Evidemment celà n'engage que moi...

Neph 04/11/2012 16:23



Chacun son opinion, en effet ! L'important, c'est de pouvoir l'exprimer !



Emilie 01/05/2012 22:10

Assez adepte de Paulo Coelho, l'Alchimiste, Veronika décide de mourrir etc ...
Là j'ai stoppé bien loin de la moitié, pas possible, lourd lourd lourd.
Surtout après "extrêmement fort et incroyablement près" de Foer, la chute a été rude.

Miss 29/12/2011 20:08

Je suis entrain de le lire et franchement j'aime beaucoup son style d'écriture, QUE je trouve limpide... Après on verra ce que j'en aurais à redire dès que je l'aurai fini.

Neph 03/01/2012 12:22



Alors j'espère qu'il t'aura plu, à toi :)