Dimanche 4 décembre 2011
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Les Lachaunaye n'ont jamais travaillé. Ah ça non, jamais ! Et maintenant que la
famille bourgeoise se retrouve ruinée, il est hors de question de travailler pour subsister... Rien que l'idée même du travail leur arrache
les hauts cris ! Georges Lachaunaye, très pieux, se rend à l'église, en espérant que le Bon Dieu saura trouver une solution. Rapidement,
Georges a une illumination : pourquoi ne pas utiliser l'argent déposé par les fidèles dans les troncs d'église ? Commence alors une tournée
bien organisée par toute la famille dans les églises de Paris... Mais l'inspecteur Cucherat, dévoué à la surveillance des églises, veille au
grain ; il est bien décidé à mettre le grapin sur les voyous qui pillent l'argent destiné à la réfection des églises.
Il est des acteurs et des réalisateurs dont on connaît peu de choses : mettre l'ignorance de leurs carrières sur le compte de mon jeune âge, voilà qui commence à être difficile... Un dimanche pluvieux m'a donc semblé être l'occasion rêvée
pour pallier (un peu) mon inculture en cinéma patrimonial. J'ai commencé ma lourde tâche avec Un Drôle de paroissien, mettant en
scène le facétieux Bourvil aux prises avec Francis Blanche, le tout sous la caméra de
Jean-Pierre Mocky.
Bourvil incarne ici un personnage absolument imbuvable, paresseux au possible et
fier de l'être.
Son allure de jeune garçon de bonne famille vient compléter le tableau et, lorsqu'il se tourne vers le vol pour éviter de devoir
travailler, il devient une tête à claque de compétition.
Son épouse Juliette, en plus, est issue d'une famille de fromagers-crémiers qui ont travaillé toute leur vie et qui tentent bien de la
raisonner sur la paresse de son époux. Mais, comble de la mauvaise influence des Lachaunaye, Juliette est prête à se servir gratuitement dans
le magasin de ses parents pour faire vivre sa belle-famille !
(La raie au milieu, un choix capillairement discutable)
Le fonctionnement de cette belle-famille est absolument effrayant : tous vivent très la rgement au-dessus de leurs moyens et n'hésitent pas à quémander ou à
parasiter leurs amis proches, ce qui leur semble sûrement moins terrible que de travailler. Pire encore, le père, Matthieu, dissimule à sa famille de la nourriture qu'il dévore dès qu'il se
trouve seul ! Matthieu est à ce propos incarné par Jean Yonnel, dont j'ignorais tout jusqu'à ce film, et j'ai été scotchée de découvrir sa
carrière illustre à la Comédie Française.
Georges s'adjoint dans sa filouterie le concours de Raoul, un ami dentiste,
incarné par Jean Poiret. Raoul, séduisant, beau parleur, endosse la charge de guetter les apparitions de la police ou de quelque autre
fâcheux, qui viendraient entraver la bonne marche de la récolte de fonds illégale de Georges... Raoul non plus n'est donc pas très recommandable : pourtant dentiste, il préfère l'argent facile
que peut lui procurer Georges de par ses délits.
Mais le plus drôle, dans ce film, ne réside pas que dans les progrès que font les deux compèers pour moderniser leur attirail du
parfait voleur : c'est bien l'enquête maladroite que mène l'inspecteur Cucherat et son équipe pour arrêter les deux hommes. La scène la plus
marquante reste d'ailleurs, outre les déguisements fameux qu'endosse chacune des deux équipes pour échapper à la vigilance de l'autre, le moment où Cucherat suit Bourvil déguisé en homme d'église
et lui réclame de l'entendre en confession !
Voilà donc un film gentillet, drôle et sympathique pour redécouvrir autrement Bourvil que dans La Grande Vadrouille, Jean
Poiret autrement que dans La Cage aux folles et Blanche que dans Les Tontons flingueurs, films qui sont généralement les seuls que nous connaissions, nous enfants des années 80
qui soupiraient de dépit devant les "vieux films" que regardaient parfois nos parents.
Pour me faire pardonner, quelques dimanches par mois seront maintenant consacrés au
cinéma de papa-et-maman, voire papy-et-mamie, trop vite oublié de ma part et dont je confesse ma trop grande méconnaissance. Aucune contrainte de décennie, aucune contrainte de langue, aucune
contrainte que ce soit pour découvrir des films "cultes" (pas sûre que celui sus-cité soit concerné, d'ailleurs !) à côté desquels je suis passée. Vous êtes les bienvenus si vous souhaitez me
rejoindre dans ce nouveau rendez-vous ! Et en prime...
Oh, le joli logo !
Mango est la première à me rejoindre avec un Franck Capra cultissime !
Vos avis, vos impressions...