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Jeudi 9 mai 2013 4 09 /05 /Mai /2013 18:00

Ce qui aurait pu n'être qu'un accident de la route somme toute banal révèle bien vite son horreur aux policiers : la jeune femme heurtée par la voiture d'un paisible couple de retraités ne souffre pas que de blessures conséquentes à la collision, mais son corps meurtri dévoile des signes de torture. Une fouille approfondie des alentours permet à l'enquêteur Will Trent de mettre la main sur une cachette remplie d'objets destinés à faire souffir, et de découvrir le cadavre d'une deuxième femme, elle aussi torturée.

Avec l'aide de Sara Linton, médecin légiste, et de sa coéquipière Faith Mitchell, Will va s'attacher à découvrir l'identité du bourreau de ces deux femmes. Mais bientôt, deux autres femmes disparaissent...

 

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Il y a peu d'auteurs de thrillers dont j'affectionne particulièrement le style et dont je sais qu'ils ne risquent guère de me décevoir : Karine Giebel côté français, et Tess Gerritsen outre-Atlantique. Une troisième femme (est-ce un hasard ?) serait-elle en passe de s'ajouter à cette courte liste ? A peine Genesis terminé, me voilà déjà plongée dans un deuxième titre ! Mais chaque chose en son temps...

 

Les héros de ce roman sont semble-t-il des familiers pour les lecteurs fidèles de l'auteur : d'autres romans les dépeignent, mais c'est la première fois que la légistes et les deux policiers travaillent ensemble, à la manière d'un cross-over entre deux séries télévisées.

Ces trois héros ne se disputent pas la première place et c'est, je pense, l'une des raisons pour lesquelles j'ai tant apprécié ces personnages : l'auteur ne se centre pas sur l'un d'eux mais s'intéresse à égale mesure aux trois. Chacun d'eux vit avec une douleur ou un défaut qui aura un poids dans la résolution de l'enquête : Sara se bat pour surmonter la perte de son époux Jeffrey trois ans auparavant ; Will dissimule tant bien que mal son quasi illétrisme et Faith apprend qu'elle est atteinte de diabète. Mais contrairement à d'autres romans policiers où les héros traumatisés, usés, marqués, ne vivent qu'à travers leurs soufrrances, nos trois personnages luttent pour passer outre, ce qui les rend humains et attachants. Leur relation, leur façon de se découvrir pour travailler efficacement ensemble, est un point fort du roman.

 

L'enquête qui les occupe s'avère difficile. Moi qui suis une grande adepte de thrillers glauques, je crois avoir trouvé là le summum de ce qu'il m'a été donné de lire en la matière, et ce dans le bon sens du terme !

Je ne peux pas ne pas avouer que j'ai été complètement baladée par l'intrigue : persuadée d'avoir trouvé le coupable une première fois, puis un autre, puis un troisième, je me suis aperçue dans les dernières pages que j'avais eu tout faux... et tant mieux ! Genesis est un roman imprévisible, à confier aux amateurs de serial killers qui n'ont pas froid aux yeux !

 

Merci à Clément du Livre de Poche pour cette lecture riche à tous points de vue... et pour le deuxième titre, qui arrive bien vite !

Par Neph - Publié dans : S - Communauté : La littérature au féminin
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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 15:14

Comme sa mère avant elle, comme sa grand-mère avant elle, Corrag a été arrêtée pour sorcellerie et devrait bientôt être brûlée vive. En attendant que la neige fonde et que son bûcher soit installé en place publique, elle est détenue prisonnière dans une sombre prison écossaise, dans laquelle on la laisse croupir sans soin et sans considération aucune.

Seul le pasteur Charles Leslie lui rend visite, mais seulement pour servir son propre intérêt : loin de vouloir l'absoudre, il ne la questionne que sur Glencoe, une ville des alentours où des massacres, auxquels Corrag auraient assisté, ont eu lieu récemment. Le clan des Mc Donald, fervents partisans du roi Jacques, y aurait été massacré ; Charles lui-même, soutien du roi Jacques et militant dans l'ombre pour son retour sur le trône, cherche, en questionnant Corrag, à trouver des pistes qui lui permettraient d'accuser Guillaume et de le faire destituer.

Or, bien heureuse de trouver une oreille pour l'écouter, Corrag décide de raconter sa vie tout entière à Charles, et pas seulement les massacres. Elle lui conte son enfance, sa fuite vers les Highlands, sa cabane dans la montagne, les soins qu'elle prodigue aux malades et sa rencontre avec Alasdair, l'homme qu'elle a tant aimé.

D'abord rétif au récit de la supposée sorcière, Charles se laisse bientôt gagner par le charme de son récit...

 

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Voilà un livre dont le sujet m'intéressait beaucoup : bien avant d'avoir ri aux éclats avec les mésaventures des sorcières qui flottent ou ne flottent pas dans le film des Monty Python, Sacré Graal !, je me régalais déjà d'histoires de sorcellerie, de possession, de magie.

Dans ce roman, la jeune Corrag est dès sa naissance marquée par le sceau de la sorcellerie, car son prénom mélange à la fois le prénom de sa mère, Cora, et hag, qui veut dire gueuse. De nombreux qualificatifs insultants sont jetés aux oreilles de Corrag, petite fille, à cause des choix de vie de sa mère mais surtout de l'incompréhension de leurs voisins ou des gens qu'elles croisent. Certains sont même capables de mentir et de maltraiter des animaux pour les accuser toutes deux. La mort de sa mère et de sa grand-mère, racontée par Corrag, est saisissante : l'une a été noyée, l'autre pendue, et on réserve le bûcher à Corrag.

 

Mais selon quelles preuves ? Aucune. En racontant son histoire, on comprendra que Corrag n'est coupable que de vivre différemment, en accord avec les saisons, en osmose avec la nature, les animaux, et en se tenant prudemment à l'écart des hommes et de leurs vices. La seule pratique "magique" qu'elle évoque consiste en soins qu'elle prodigue grâce à la connaissance des plantes et de leurs bienfaits. Les passages de description de ses escapades pour trouver des plantes, pour gagner les Highlands, pour observer les animaux... sont légion et sont emplis d'une vraie poésie.

 

Pourtant, j'ai été ennuyée par la fin du roman, qui ne m'a guère convaincue : l'histoire d'Alasdair et Corrag reste sous-développée, alors qu'on s'attend à une folle intrigue amoureuse. Les massacres de Glencoe, dont le récit est attendu pendant la grande majorité du roman, sont expédiés bien rapidement, et l'on ne saura pas vraiment si le révérend Charles Leslie aura tiré profit de ses entrevues avec Corrag. Les 450 pages du roman manquent cruellement d'actions(s), mine de rien. Pour moi, c'est un peu dommage...

 

Merci à Silvana, des éditions J'ai Lu, pour la découverte de la belle écriture de Susan Fletcher malgré tout !

Petite Fleur et Theoma ont toutes deux lu ce roman.


Par Neph - Publié dans : F - Communauté : La littérature au féminin
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Mardi 9 avril 2013 2 09 /04 /Avr /2013 14:24

Après avoir économisé pendant des lustres, Manda, Kylah, Chell et Kay retrouvent leur amie d'enfance, Finn, pour des vacances qu'elles s'imaginent idéales. Accompagnées d'Ava, une amie londonienne de Finn, les jeunes femmes ont bouclé leurs gigantesques valises et n'ont plus qu'à se décider au dernier moment sur la destination vers laquelle s'envoler... Mais à l'aéroport, les bourdes s'enchaînent et Manda perd son passeport. Entre compromis et perte de temps, la bande de six va devoir commencer par quelques jours à l'hôtel, à l'aéroport !

 

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Comme dans Les Amants passagers , tout commence à l'aéroport... sauf qu'ici, on y reste !

 

J'ai lu les 515 pages de ce roman en oscillant constamment entre envie de meurtre et compassion extrême : Manda est un personnage terrifiant, qu'on a envie d'étrangler à chaque instant, et l'on ne peut qu'admirer la patience incroyable dont font preuve ses "amies" pour la supporter ! Il faut dire que le vase clos dans lequel vivent les six jeunes femmes va permettre à chacune de révéler ses pires travers... et c'est notamment le cas de Manda.

 

Là où les autres (et tout individu normalement constitué) baissent la voix, respectent autrui dans l'espace public, font preuve de considération les uns avec les autres, Manda ne montre aucune retenue ni la moindre gêne. Les remarques gratuites fusent à l'encontre des touristes en partance comme elles, des serveurs, etc, mais les piques les plus acerbes et cruelles visent ses amies, qu'elle accuse des pires maux de la terre. Je vous laisse admirer la sublime poésie de la prose mandienne : "Regarde Kay. Kay, Kay la fille du docteur, elle torpille son assiette comme une morte de faim. Cette gnasse en rut. T'as la dalle, Kay ? Comment ça se fait ? Hein ? T'es claquéé, Kay ? Comment ça se fait ? Tu as des poches sous les yeux, on dirait deux vieux slips noirs de petites pétasses." (p. 482)

 

Finalement, Manda se révèle être un parfait stéréotype : celui de la femme bornée et dont l'univers ne s'étend pas plus loin que son salon de coiffure et le bar qu'elle fréquente assidûment. Elle qui n'est pratiquement jamais sortie de son trou perdu écossais entend reproduire partout ailleurs le même mode de vie que chez elle. Elle a du mal à comprendre les études de philo de Finn et Ava, à envisager la possible homosexualité ou bisexualité de certaines d'entre elles come autre chose q'une perversion réservée aux soirs de beuverie, à croire que le bonheur pourrait ne pas être d'avoir accès aux carrés VIP des boîtes de nuit de son canton.

 

C'est donc aussi pour cela que les autres filles font preuve d'autant d'indulgence à son égard, se disant qu'elles auraient pu être Manda si elles n'avaient jamais eu la chance de s'ouvrir au monde en voyageant ou en étudiant.

 

Mais à l'autre extrémité de l'échelle sociale, Ava, riche, belle et intelligente, finit par se montrer elle aussi sous un jour pas très reluisant non plus. Plus perverse encore parce qu'elle maîtrise la rhétorique, elle méprise avec un air royal les goûts médiocres de ses compagnes de voyage. C'est à Ava que l'on pardonne le moins : elle exerce un clivage avec les autres, comme si elle valait mieux qu'elles alors que ses propres démons sont plus dangereux que tous ceux des autres réunis.

 

Heureusement, la majorité de l'oeuvre prête à sourire, et on finit par se demander si les vacances tant attendues auront bien lieu ! A ce propos, j'ai trouvé le rebondissement final de grande qualité. En faisant appel à un événement historique, l'auteur inscrit l'oeuvre dans une dimension tragique et nous fait comprendre que la belle innocence de ces six jeunes femmes va devoir laisser place à une prise de conscience du monde duquel elles se sont coupées ces quelques jours durant.

 

Les Etoiles dans le ciel radieux est une belle surprise : il ne s'y passe grand chose en terme d'action véritable, mais on sourit au gré des émotions qui se catapultent chez les personnages, avant d'être assommé par une fin aussi inattendue qu'efficace et douloureuse. Well done, Mr. Warner !

 

Livre lu dans le cadre du Prix du meilleur roman des lecteurs de Points.

Et par ici, pour le même Prix, Accabadora de Michela Murgia !

Par Neph - Publié dans : W - Communauté : La littérature au féminin
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Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 15:58

La distraction d'un mécano de l'aéroport pendant le contrôle d'un avion va mettre tous les passagers du vol en péril lorsque les pilotes s'aperçoivent qu'ils ne pourront pas gagner leur destination mexicaine à cause d'un train d'atterrissage défectueux. Obligés de tourner en rond avant de se poser en urgence, les passagers paniquent et commencent à régler leurs comptes, pensant leur dernière heure venue...

 

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Rien de tel qu'une soirée entre copines pour aller voir le dernier Almodovar ! Celui-ci s'annonçait haut en couleurs, et ce fut le cas, pour notre plus grand plaisir !

 

Parler du scénario ne me prendra pas longtemps, puisqu'il tient sur un mouchoir de poche, comme vous avez pu le voir ci-dessus. La perspective de mourir enflamme les esprits et chacun des personnages de la classe affaires va se révéler dans ses pires travers : alcoolisme, adultère, luxure, manipulation sont les ficelles de cette comédie réjouissante même si bien peu originale.

 

L'image est absolument brillante, éclatatante et lumineuse (trois adjectifs quasi redondants devraient suffire à montrer à quel point la photographie du film m'a séduite !), notamment au début du film et au moment de la rencontre avec la jolie Ruthie sur son vélo.

 

Les fans d'Almodovar apprécieront, comme nous, retrouver l'ambiance folle de Femmes au bord de la crise de nerfs, avec, en clin d'oeil, la présence d'un Banderas vieillissant et de la jolie Penelope Cruz au début du film.

 

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Mes personnages préférés resteront définitivement les stewards, tous plus... folles les uns que les autres ! L'autel portatif de Fajardo, la chorégraphie endiablée sur I'm So Excited des Pointer Sisters, leurs relations personnelles complexes et touchantes sont décidément les passages qui m'ont le plus divertie !

 

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Pour faire court, plutôt que de vous embarquer d'emblée dans un avion de la compagnie Peninsula, courez plutôt au cinéma passer un bon moment de rigolade avec les Amants passagers, à condition de ne pas être trop prude !

Par Neph - Publié dans : Films
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Mardi 26 mars 2013 2 26 /03 /Mars /2013 14:45

Opprimés par le régime du tsar, un groupe de socialistes révolutionnaires décide de s'attaquer au pouvoir et fomentent un attentat contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Ces terroristes se partagent les rôles et définissent les moyens de leur acte, avant de passer à l'exécution de leur plan : jeter une bombe sur la calèche du grand-duc... Risquant de mourir pendant l'attentat ou d'être condamnés à mort, les conjurés vivent dans la joie et la douleur les derniers préparatifs.

 

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Les Justes est une pièce complexe de par son sujet, qui m'était totalement inconnu. Un avant-propos de l'auteur permet de comprendre que la pièce est fondée sur un fait historique réel, théâtralisé par Camus pour rendre les personnages vraisemblables et humains.

En effet, si le recours à la violence censé amener à la paix est un point discutable et d'aileurs critiqué par l'auteur dans un débat entre Stepan et Kaliayev, Camus présente ces camarades révolutionnaires comme des hommes et non des machines ou des kamikazes irréfléchis, en leur conférant des qualités et des défauts proprement humains.

 

Leur révolte est louable, et devoir envisager la mort d'autrui ne s'avère pas couler de source, malgré leur détermination. Ainsi, Kaliayev retrouvera une part d'humanité en refusant de s'en prendre aux enfants accompagnant le grand-duc.

Habités par une haine farouche pour le régime, les personnages n'attaquent pas le grand-duc par lui-même ni pour lui-même, mais c'est bien la tyrannie qu'ils visent à travers lui, dans le but ultime de libérer le peuple tout entier. Capables de haine donc, les personnages peuvent aussi toutefois aimer. Ils aiment leur patrie d'un amour inconditionnel ; ils s'aiment entre camarades, avec la violence et la sincérité des derniers instants.

 

Camus rend hommage aux grands hommes de l'ombre, qui luttent pour abolir les systèmes inégaux tout en devant parfois composer avec les mêmes travers, ici le recours à la violence. Entre exaltation et douleur, Les Justes est une pièce dure et évocatrice des malheurs des hommes.

 

Après avoir oublié le mois de février, si court, il s'agit là de ma lecture de mars pour le challenge de Stephie !

 

challenge classique

Par Neph - Publié dans : C - Communauté : Chronique de nos lectures
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