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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 12:43

Chez Neph n'est plus, après toutes ces années en votre compagnie !

 

 

 

Retrouvez le style ébouriffant et les chroniques de son auteur, devenue La Loreleï, sur le blog

 

 L'Equilibre des Coeurs !

 

 

 

 

 

 

 

Au plaisir !

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 16:28

Parce que j'en ai parlé tout à l'heure, en passant, de ce blog, je me suis aperçue qu'il avait eu cinq ans il y a dix jours.

 

En cinq ans, j'ai lu. Parfois beaucoup, parfois très peu. Par contrainte, à mon grand regret, mais surtout par envie.

 

En cinq ans, j'ai travaillé. Je débutais comme prof, il y a cinq ans, et découvrais la littérature de jeunesse en collège. Le collège n'aura duré qu'un an, mais la littérature de jeunesse est restée, par-ci par-là. Depuis, le lycée, avec ses grands élèves, les gros durs et les coeurs tendres. De la lecture, encore, mais toujours trop peu.

 

En cinq ans, j'ai changé. Ma vie a pris un tournant inattendu. Et je le vis bien, mieux que bien.


 

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Merci à celles et ceux qui trouvent encore le chemin jusqu'ici et laissent un petit mot, régulièrement, occassionnellement, en passant.

 

Alors, même si je déserte un peu trop régulièrement ces lieux, ce blog (qui aurait dû devenir un site, puis non, puis si, puis nononon) tient encore debout.

 

Stay tuned, folks !

 

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 14:15

Serre-moi fort

et dis-moi à quoi ressemble le monde

Je ne veux pas regarder dehors

Je veux m'en remettre à tes yeux

et à tes lèvres

 

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J'ai acheté ce livre le 14 février, histoire d'accompagner ma Saint-Valentin de mots doux. Aimant tout particulièrement Leonard Cohen, j'ai été plus qu'heureuse de trouver au rayon Poésie de ma librairie ce recueil de textes, intitulé Book Of Longing en anglais.


Entre poèmes en prose, poèmes tout court et dessins, Le Livre du désir est une oeuvre foisonnante qui, malgré son titre, rassemble des textes tourmentés par la mort, la solitude et l'abandon.  Ma préférence, sûrement causée par le 14 février, donc, va aux textes desquels émerge la figure de la Femme, multiple, unique, aimante, fuyante, mais Tout.

 

Quelques extraits, en pagaille, de ce que j'ai aimé :

 

 

Perturbé ce matin

Ah ! C'est ça.

C'est ça qui m'a perturbé

tant ce matin :

le désir m'est revenu

et j'ai de nouveau envie de toi.

Je m'en sortais si bien,

j'étais au-dessous de tout ça.

Garçons et filles étaient beaux

et j'étais un vieil homme, qui aime tout le monde.

Et voilà que j'ai de nouveau envie de toi,

j'ai envie de ton attention absolue,

de tes dessous roulés en hâte

encore accrochés à tes pieds

et d'avoir rien à l'esprit

que d'être au-dedans

du seul endroit qui n'a

ni dedans,

ni dehors.

 

Cadavre de solitude

Elle est entrée dans mon pied avec son pied

et dans ma taille avec sa neige.

Elle est entrée dans mon coeur en disant :

"Oui, c'est bien."

Ainsi, le Cadavre de Solitude

fut recouvert du dehors

et du dedans

le Cadavre de Solitude fut étreint.

Désormais à chaque fois que je tente de respirer

face à mon manque de souffle elle murmure :

"Oui, mon amour, c'est bien, c'est bien."

 

 

Mieux encore, certains poèmes du recueil ont été mis en musique dans les albums Ten New Songs (2001) et Dear Heather (2004). Pour le plaisir des yeux, et avant tout pour entendre la voix de Cohen nous chanter la beauté de ses mots en anglais (car la traduction, aussi belle soit-elle, rend difficilement la musique initiale), deux extraits de Ten New Songs, avec les poèmes "Love Itself" ("L'Amour lui-même") et "You've Loved Enough" ("Tu as aimé assez").

 

 

 


 

 

 


 

Suivant la bonne idée de Khadie, voici un premier rendez-vous pour l'Artiste du Mois !

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 19:08

Un soir, alors qu'il est tranquillement installé devant un documentaire sur les gazelles, Lancelot est appelé par la police : sa femme vient de mourir en tombant dans sa voiture du pont d'Omoko. Passant par tous les stades possibles entre abattement, désespoir et résignation, Lancelot va découvrir au fil des jours qui suivent cette funeste nouvelle qu'Irina n'était pas celle qu'il croyait. Il va même jusqu'à trouver la recette du napalm au milieu des recettes de cuisine ! Savoir qui était vraiment sa compagne va mener Lancelot sur un chemin délicat et douloureux.

 

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J'ai eu la chance de rencontrer Véronique Ovaldé lors de sa séance de dédicaces à la librairie auxerroise Obliques. Venue présenter La Grâce des brigands, son dernier roman, l'auteur en avait profité pour revenir avec gaieté sur son oeuvre déjà conséquente et les thèmes récurrents qu'on pouvait y déceler.

 

C'est son écriture si foisonnante d'images que j'aime tant chez Véronique Ovaldé. Dans ce livre, les couleurs et les matières sont si palpables qu'elles rendent sensible les impressions de Lancelot, que l'on voit notamment méditer en observant le camphrier par la fenêtre de chez lui, ou marcher dans les fleurs de cerisier le jour où il rencontre la troublante Irina pour la première fois.

 

Une vraie sensualité se dégage de la relation des deux amants, amoureux et fusionnels jusqu'à la moelle. Pourtant, Lancelot se rend compte a posteriori que cette relation sans tache cachait sous la surface des zones d'ombre : le passage dans lequel il se rend compte qu'elle était très détachée de lui au moment même où ils consommaient pour la première fois leur mariage est particulièrement fort en émotions.

 

Toutefois, si la forme m'a séduite, seuls quelques passages comme celui que j'évoque à l'instant m'ont intéressée. La double vie d'Irina ne m'a guère passionnée ni convaincue, trop fantaisiste à mon goût : seul le doux et inoffensif Lancelot a suscité mon intérêt. Mais j'ai toutefois eu plaisir à retrouver la belle plume de Véronique Ovaldé, découverte grâce à Caroline !

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 12:49

Colombe Schnek a donné en 2003 le beau prénom de Salomé à sa fille, en se souvenant ensuite qu'un jour sa mère lui avait demandé de le faire. Décédée depuis deux ans au moment de la naissance de Salomé, la mère de Colombe Schneck avait évoqué quelques années auparavant et très brièvement le souvenir de Salomé Bernstein, fille de l'une de ses tantes, gazée à Auschwitz alors qu'elle n'était qu'une toute petite fille.

C'est en regardant sa fille grandir que Colombe Schneck décide de s'intéresser à la courte vie de Salomé Bernstein, pour essayer de comprendre comment la mère de celle-ci a pu survivre après la mort de son enfant et revenir à la vie une fois revenue de déportation.

 

la réparation

 

Le livre permet à l'auteur de retracer son histoire familiale. Augmenté de rares photos qui donnent un vrai poids aux mots de Colombe Schneck, le souvenir de Salomé, de sa mère, de ses tantes revit grâce aux témoignages collectés au fil de ce qui s'apparente à une véritable enquête.

 

La réflexion qu'enclenche Colombe Schneck est troublante : devant les soldats nazis, Salomé a été prise dans les bras de sa mère par sa grand-mère Ginda, qui s'est portée volontaire en sachant pertinement qu'elle serait menée à la mort avec elle. Comment la mère de Salomé, Raya, a-t-elle pu laisser partir sa mère et sa fille et oser choisir le chemin de la (sur)vie ?

 

Toutefois, ce livre ne m'a pas aussi émue que ce à quoi j'aurais pu m'attendre a priori. Je crois que cela tient à la place occupée par l'auteur elle-même dans son livre. Ainsi, je me suis étouffée à la lecture de "Je veux tout savoir mais j'ai préféré passer l'après-midi au bord de la piscine du Hilton de Tel-Aviv que de faire les deux heures de route pour aller le voir", lorsqu'elle évoque sa rencontre avec son cousin Yoav. L'indécence d'une telle remarque m'a choquée, car elle ne s'accompagne d'aucune remise en question : c'est un simple constat de sa part. Privilégier son petit confort pendant un voyage entamé pour découvrir le sort de ses courageuses aïeules est un détail mais je n'ai pu passer outre.

 

Je regrette donc les réflexions de ce genre qui signalent parfois le manque d'empathie de l'auteur, que l'on sent concernée... mais de loin. Dommage pour un sujet aussi sensible que celui-là.

 

Je remercie toutefois l'équipe J'ai Lu pour leur confiance une nouvelle fois renouvelée !

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 17:19

Papa séparé de la mère de sa fille Maé, Pacco a la garde de celle-ci une semaine sur deux. C'est l'occasion pour lui de partager la vie d'une petite fille dans la lune, perchée dans un monde imaginaire plus que loufoque. Lorsqu'elle n'est pas là, ou qu'il retourne faire un tour à Paris, qu'il a quitté pour le Pays basque, Pacco a l'impression de revivre... mais jamais trop longtemps !

 

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J'avais "fait la connaissance" de Pacco grâce à son ouvrage réalisé à quatre mains avec Margaux Motin, Very Bad Twinz. Dans cet album, c'est le Pacco papa - parfois un peu dépassé par les événements - qui fait son apparition.

 

Quand la petite Maé pose à son papa des questions enfantines à la fois ingénues et attendues, comme la question "C'est quoi cette bouteille de lait ? Comment on fait les bébés ?", Pacco est un peu pris au dépourvu...

 

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J'ai adoré voir ses grimaces altérant tout au long de l'album entre désespoir et résignation !

 

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J'ai aimé que cette BD soit consacrée à la figure du père, et non centrée uniquement sur la petite Maé. Être un papa solo, ça implique des responsabilités qui dépassent un peu Pacco mais révèlent tout l'humour dont il use au quotidien pour gérer son petit monstre de fille... qui s'en réjouit !

 

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Le second degré qu'il emploie pour s'adresser à elle m'a beaucoup amusée !

 

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Mais Pacco n'est pas qu'un papa : lorsque Maé retrouve sa maman, lui profite de ses copains... et se remet notamment au sport difficile qu'est la drague !

 

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Une Semaine sur deux aura eu le mérite de me faire commencer mes découvertes BD 2014 avec le sourire !

 

Et voilà donc, pour cette année, ma première BD du mercredi noir

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 12:05

Parties de leur Japon natal pour trouver un mari aux Etats-Unis, ces femmes ne s'attendent pas à devoir y mener une vie plus éprouvante encore que ce que leur propre mère ont enduré au pays. Entre la misère, un labeur acharné et sans trève, et le manque de considération des Américains envers elles, ces femmes vivent et doivent "faire avec".


 

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Je ne pouvais pas ne pas parler sur ce blog de ce qui est très probablement ma plus belle lecture de l'année. Et pourtant, parce que la littérature asiatique, ou d'inspiration asiatique, ne me parle guère, j'aurais très bien pu ne jamais lire ce petit chef-d'oeuvre. C'est encore une fois grâce à ma libraire fétiche* que ce bijou est arrivé entre mes mains : étant d'humeur à lire un livre où "tous les hommes sont des c***" (oui, parfois, souvent, je ne suis pas une princesse au langage châtié), j'ai fait confiance à ses recommandations chaleureuses, et m'en voici plus que comblée.

 

Le roman se présente de manière originale : chaque chapitre correspond à un moment de la vie de ces Japonaises en exil, et est composé du récit de chacune. Par exemple, au chapitre "Naissances", chacune raconte les conditions de son accouchement : "Nous avons accouché sous un chêne, l'été, par quarante-cinq degrés. Nous avons accouché près d'un poêle à bois dans la pièce unique de notre cabane par la nuit la plus froide de l'année. Nous avons accouché sur des îles venteuses du Delta, six mois après notre arrivée, nos bébés étaient minuscules, translucides, et ils sont morts au bout de trois jours. Nous avons accouché neuf mois après avoir débarqué de bébés parfaits, à la tête couverte de cheveux noirs."

 

Toutes ces vies uniques, mises bout à bout, forment un témoignage poignant de la vie réelle, et non plus rêvée, de ces nouvelles migrantes qui s'établissent aux Etats-Unis et n'ont plus d'autre choix que d'y rester : "Nous voilà en Amérique, nous dirions-nous, il n'y a pas à s'inquiéter. Et nous aurions tort."

 

Loin d'être les époux auxquels elles rêvaient, les hommes qu'elles rejoignent leur ont menti : plus vieux, plus pauvres, méprisés, ils font partager aux femmes le calvaire qu'ils endurent à devoir travailler plus que de raison dans les champs de l'ouest américain : "Nos maris nous faisaient trimer comme des esclaves. Ils importent ces filles du Japon pour avoir de la main-d'oeuvre gratuite. Nous travaillions aux champs du matin au soir sans même nous arrêter pour manger. Nous travaillions aux champs tard dans la nuit à la lumière de nos lampes à pétrole. Jamais nous ne prenions un jour de congé. [...] Nous formions une machine économique imbattable, irrésistible, et si personne ne freinait notre élan, tout l'ouest des Etats-Unis serait bientôt un nouveau comptoir, une colonie asiatique."

 

Mais ces maris, bons ou mauvais, doux ou volages, ne sont guère attentifs aux souhaits brisés de ces femmes, et toutes se rejoignent dans une douleur perpétuelle et finissent par disparaître à elles-mêmes : "Nous leur préparions à manger. Nous nettoyions tout pour eux. Les aidions à couper du bois. Mais ce n'était pas nous qui cuisinions, lavions, maniions la hache, c'était une autre. Et la plupart du temps, nos maris ne s'apercevaient même pas que nous avions disparu."

 

Certaines choisiront la mort, d'autres vivront comme des automates. Mais toutes témoignent ici, grâce à Julie Otsuka, et j'en ai été particulièrement touchée. Magistral.

 

 

Julie Otsuka a obtenu, pour ce roman de la rentrée littéraire 2012, le prix Fémina étranger.

D'autres avis chez Theoma, Jérôme, Mélo.

 

* Librairie L'Autre Monde,

42, Grande Rue

89200 Avallon.

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 12:21

C'est pour acheter un lit à clous que le fakir Ajatashatru Lavash Patel débarque un jour à Paris et prend un taxi direction le magasin Ikea le plus proche. N'ayant en poche qu'un faux billet de cent euros imprimé sur une seule face, il piège le chauffeur de taxi qui, dès lors qu'il se rend compte de la mauvaise plaisanterie, n'a de cesse de vouloir le retrouver et de le faire payer, au sens propre comme au figuré ! Mais, pendant ce temps, Ajatashatru se retrouve enfermé dans une armoire pour avoir voulu dormir dans le magasin puis échapper aux vendeurs. Il prend la route de l'Angleterre bien involontairement, enfermé dans un container, avant de mettre le cap sur l'Espagne, l'Italie... Mais il voudrait regagner la France pour y retrouver Marie, croisée à la cafétéria Ikea, et lui déclarer sa flamme.

 

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Parfois, ce n'est pas moi qui fournis des lectures à ma génialissime maman, c'est elle qui se charge de me faire découvrir ce que j'ai manqué ! C'est donc à elle que je dois ma récente rencontre avec Ajatashatru.

 

Voilà un livre très clairement placé sous le signe de l'humour. Avec ce titre à rallonge, l'auteur nous emmène avec son fakir dans un voyage initiatique tout ce qu'il y a de plus loufoque. Pour ses nombreux lecteurs qui ne seraient pas spécialistes en prénoms indiens, la prononciation du prénom du fakir est illustrée à maintes reprises : "prononcez J'attache ta charrue, la vache", "prononcez Achète un chat roux", '"prononcez J'ai un tas de shorts à trous".

Notre fakir se trouve en plus être une arnaque sur pattes, entre tours de magie, prestidigitation et simples pièges à c*** ! Il réussit à flouer tout son petit monde et à se débrouiller de toutes les situations complexes dans lesquelles il est le roi pour se fourrer.

 

Toutefois, même si les aventures du fakir à travers toute l'Europe avec quiproquo sur quiproquo nous font sourire à chaque page, le livre est également l'occasion de signaler les rocambolesques situations que vivent les réfugiés et autres clandestins qui sillonnent les routes d'une Europe élargie en espérant gagner un jour les côtes anglaises. Notre fakir les croise lors de son périple et l'on compatit à leur sort, car les autorités les traitent comme des moins que rien et les renvoient dans des pays qu'ils ne connaissent pas.

 

Romain Puertolas signe là un premier roman à la fois drôle et concerné. Les records de vente de son livre couronnent le succès de cet auteur prometteur, dont la biographie à l'intérieur de la couverture nous apprend qu'il a été successivement "DJ turntabliste, compositeur-interprète, professeur de langues, traducteur-interprète, steward, magicien, avant de tenter sa chance comme découpeur de femmes dans un cirque autrichien." Souhaitons-lui de persévérer encore dans la voie de l'écriture !

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 12:16

En 1934, dans l'extrême sud du Chili, Paolo, un petit garçon, vit avec ses parents au milieu de nulle part. Angel, un bandit recherché par la police, débarque un jour chez eux et tue les parents, de crainte qu'ils ne le dénoncent ou refusent de l'héberger. Mais il garde le garçon auprès de lui, et un étrange lien se noue entre eux, qui les amènera à se soutenir et peut-être à s'aimer, même lorsque le passé d'Angel le rattrape.

 

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Je ne connaissais pas le roman d'Anne-Laure Bondoux lorsque cette BD m'est tombée dans les mains, mais ce sont ses mots qui ouvrent le travail de Thierry Murat : elle explique les raisons de leur collaboration et l'admiration qu'elle porte à son travail.

 

L'histoire contée dans cet ouvrage commence sous un angle absolument terrible : le petit garçon est spectateur de la mort de ses parents, et il ira même jusqu'à devoir tenir la lanterne dont a besoin Angel pour les enterrer ! 

 

Angel n'a rien d'un enfant de choeur, et on ne saura jamais vraiment quel lourd fardeau il traîne derrière lui. On ne verra d'ailleurs pas ses yeux, de sorte qu'il reste très extérieur au monde de Paolo.

 

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Ce que j'ai trouvé si touchant, c'est la proximité qui se construit entre l'homme et le petit garçon. Elle se traduit par un très beau travail sur la distance entre les corps et le rapprochement progressif des deux.

 

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Le travail sur les couleurs est à la fois d'une grande sobriété et d'une douceur qui efface les maux des personnages. Les teintes de bleu propres à la nuit ou de jaune crépusculaire baignent tout l'album, et donnent aux images des airs de photographies, renforcés par le grain du dessin.

 

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L'aspect documentaire de l'ouvrage est net lorsqu'une des ces quasi-photographies occupe une pleine page, comme si l'on avait sous les yeux une carte postale d'époque.

 

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Je termine cet article sur la vignette qui m'a le plus touchée, et que je trouve emblématique de la relation très forte entre Paolo et Angel :

 

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Il s'agit là, grâce à Mango, de ma participation aux BD du mercredi noir


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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 11:05

Après le repas en famille, lorsque les hommes se sont retirés et laissent champ libre aux femmes (pour faire la vaisselle, certes, dans un premier temps), celles-ci se réunissent autour d'une tasse de thé et leurs langues, de vipère souvent, se délient...

 

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Marjane Satrapi, l'auteur de l'inoubliable Persépolis, revient dans ce petit album sur ses souvenirs de jeune fille : elle raconte la figure mémorable de sa grand-mère chérie, qui n'avait pas sa langue dans sa poche !

 

Cette grand-mère opiomane réunit autour d'elles les femmes de sa famille pour leur sujet de conversation favori : les hommes et leurs défauts. Le thé, qui a cuit une bonne heure (Marjane Satrapi souligne la préparation longue que cela nécessite), est l'élément nécessaire à la discussion des femmes. Il faut dire que, sans son thé tout au long de la journée, la grand-mère serait trop revêche...

 

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Souvent mariées très jeunes, ces femmes iraniennes se sont construites dans leurs rapports confliuctuels avec des hommes qu'elles n'avaient pas choisis et qu'elles ont aimés quand même, auxquels elles se sont habituées, ou qu'elles ont quittés. Le choc d'un mariage non désiré est expliqué plusieurs fois.

 

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Parfois, les femmes sont si honteuses de leurs choix ou de leur naïveté qu'elles n'osent pas prendre la parole, mais la force du groupe vient à bout de leur résistance !

 

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Quelles que soient leurs histoires, ces femmes sont de fortes têtes, et les hommes n'ont qu'à bien se tenir ! Elles n'ont pas leur langue dans leur poche, loin de là... Et les hommes sont loin de se douter de ce qu'elles peuvent raconter !

 

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Broderies est un album délicieux qu'on lit le sourire aux lèvres, qui nous fait même éclater de rire parfois, et qui nous rappelle combien on aime les femmes de nos vies !

 

Merci à Khadie qui a parlé de cet album récemment et me l'a fait découvrir !

Et pour le rendez-vous de Mango, c'est une... BD du mercredi noir

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